Aller au contenu principal
episodes/saison-4

S04E03 - La ville flottante

L'épisode "La Ville Flottante” est le 3e épisode de la saison 4 du Mythe de la Taverne Ainsi que le 95e épisode enregistré par le groupe.

Résumé

Au matin qui suit l'attaque, Chelinka révèle à Tilika qu'elle porte en elle l'Araignée. Tilika raconte en retour les exercices étranges que lui imposait Thorpe, et des rêves qui laissaient des traces bien réelles : de la neige autour de son lit, un coup de soleil sur le nez. Dans l'un d'eux, un garçon aux cheveux bouclés lui a demandé où se trouvait un gros livre. Neptune et Someul les rejoignent, reconnaissent Timothy, parti avec Callum, et craignent qu'il cherche le Plénimythe.

La broderie que termine Tilika montre un dirigeable en flammes qui plonge vers l'océan. Chelinka en coupe les flammes, mais peu après une hélice du Zéphyr d'obsidienne explose et le dirigeable s'écrase en mer. Someul éteint l'incendie de la salle des machines d'un Barrage.

Saoirse Keller passe sa rage sur les machines jusqu'à détruire son bras mécanique, puis s'effondre dans les bras de Magda. Le dirigeable flotte à trois kilomètres de Cautel : on y va en barque, Saoirse pour recruter des mercenaires en vue de prendre Agener, Melchior pour refaire l'hélice, et le groupe pour trouver une voile assez grande pour remplacer un ballon.

À Cautel, ville faite de centaines de bateaux amarrés, les avis de recherche du palatinat sont placardés partout : les trois héroïnes sont recherchées mortes ou vives, Saoirse vivante, pour haute trahison envers le palatinat. Une jeune myope au chapeau immense, Mélinée, vigie renvoyée devenue chasseuse de primes, compte les capturer. Chelinka se fait passer pour une consœur, récupère son propre avis et promet de l'aider à décrocher les autres. Le groupe se déguise et s'enfonce dans la ville.

Description de l'épisode

Comment Chelinka dé-broda, comment Someul fut un pompier hors pair et comment Neptune s'incrusta dans une discussion à cœur ouvert.

Contenu de l'épisode

Ce que Tilika porte en elle

Le soleil se lève sur le Zéphyr d'obsidienne, qui approche de Cautel après une nuit de réparations sous les ordres de Melchior. Dans sa chambre, Chelinka brosse distraitement les cheveux de Tilika, qui brode assise devant un miroir. Elle a très peu dormi : cette nuit encore, l'Araignée l'a envoyée d'un monde à l'autre, dans un monde étrange où elle combattait des plantes gigantesques avec une arme à feu, aux côtés de personnes mystérieuses. C'est la première fois qu'elles peuvent se parler seule à seule depuis la tour.

Tilika demande où l'on va, et pourquoi on ne rentre pas à la maison : il suffirait de montrer qu'elle est vivante pour laver Chelinka de l'accusation d'enlèvement. Chelinka répond que c'est plus compliqué. Le groupe a croisé le père de Tilika au mariage du prince Léomir et de Pernille Valgaert, et si le seigneur Ademar est corrompu, d'autres seigneurs peuvent l'être. Tilika est plus en sécurité avec eux, et la maison sera peut-être ailleurs. La maison, dit Tilika, c'est d'être ensemble.

Tilika, qui a dix-sept ans et demi, se souvient mal de la nuit de la tour, sauf de Thorpe qui parlait de l'Araignée. Chelinka décide de ne plus rien lui cacher. Il y a les dieux naissants, comme le Chat borgne de Neptune, et avant eux les dieux aïeuls, dont l'Araignée, qui règne sur le temps, les dimensions et la magie des esprits. Quelqu'un a voulu la rappeler sur terre, le rituel a été interrompu, et le dieu, qui n'avait nulle part où aller, s'est réfugié en Tilika. Tilika demande si elle est dangereuse et si Chelinka a peur d'elle. Ce n'est pas elle qui est dangereuse, c'est l'Araignée, et Chelinka a fait tout ce chemin pour la sauver : elle ne la laissera pas tomber.

Les rêves de Tilika

Tilika, en larmes, avoue qu'elle a toujours senti quelque chose d'étrange : quand un événement arrive, il lui paraît logique, comme un déjà-vu. Elle comprend enfin ce que voulait Thorpe, qui lui disait qu'elle avait un don. Il posait une pomme sur une table et lui demandait de l'imaginer vieille et pourrie, ou redevenue bourgeon. Il lui lisait le début d'un livre et lui faisait imaginer la suite. Il notait chaque matin ses rêves dans un journal, lui apportait les cendres d'objets brûlés pour qu'elle devine ce qu'ils avaient été, et lui a fait fixer des heures durant un sablier en imaginant le sable remonter.

Elle se demande si elle fait de la magie comme Chelinka. Chelinka ne sait pas : l'origine de sa propre magie reste inconnue. Tilika raconte alors que pendant sa captivité, elle rêvait d'eux chaque nuit. Quand elle les voyait dans la grande ville des montagnes, elle se réveillait grelottante, de la neige autour de son lit. Après un rêve de Véloria, elle s'est réveillée avec un coup de soleil sur le nez. Et une fois, un garçon aux cheveux bouclés, très gentil, lui a demandé si elle avait des souvenirs d'avant sa naissance, puis si elle avait déjà vu un gros livre et savait où il se trouvait, ce qui était très important.

Neptune frappe à la porte. Tilika s'essuie les yeux, Chelinka ouvre, et Someul les rejoint. Chelinka assure à Tilika qu'elle peut leur faire confiance autant qu'à elle : sans eux, elle ne l'aurait jamais retrouvée. Le garçon bouclé, ils le connaissent, c'est Timothy. La neige et le coup de soleil inquiètent : Tilika ne rêvait pas seulement d'eux, elle touchait leur réalité. Si Timothy a pu la joindre en rêve et l'interroger sur ce qui précède sa naissance, il s'approche de l'Araignée, et s'il cherche le Plénimythe, c'est sans doute pour Callum, avec qui il est parti. Reste une question que Chelinka soulève elle-même : si sa magie découle de son lien avec l'Araignée, pourquoi est-elle élémentaire et non celle des esprits ?

La broderie

Le groupe se demande si ce que brode Tilika devient réel, ou si ses doigts suivent une force qu'elle ne voit pas. Tilika répond qu'elle imagine, comme on part d'une toile vierge. Elle tend alors à Chelinka le tambour sur lequel elle travaille. Chelinka le retourne et y voit une énorme araignée noire, bien vivante, que les autres ne voient pas. Elle ferme les yeux, les rouvre : l'araignée a disparu, et dessous la broderie montre un dirigeable en flammes qui se précipite vers l'océan. Il n'y manque que quelques points.

Chelinka prend les petits ciseaux de broderie et coupe les fils qui dessinent les flammes. Elle demande ensuite à Tilika, pour essayer, de broder plutôt le dirigeable qui se pose tranquillement. Tilika trouve cela moins spectaculaire mais prend un nouveau tambour. Au moment où l'aiguille approche du tissu, une secousse fait tinter les verres dans les meubles.

Le naufrage

Someul sort en marchant, Neptune en courant, et tous deux trouvent Melchior couvert de suie dans la salle des machines, Clé-de-douze lui tendant une clé de douze qu'il refuse. Il n'a rien senti, les jauges sont bonnes, ce ne sont que des turbulences. Il les emmène tout de même sur le pont voir l'hélice abîmée, qui tourne bizarrement mais semble tenir. Elle explose soudain dans un panache de flammes et de fumée qui les projette en arrière, et le dirigeable bascule sur le flanc et pique vers l'océan. Melchior se précipite à l'intérieur en marchant à moitié sur le mur.

Dans sa chambre, Chelinka reste avec Tilika, qui hurle en s'agrippant à sa coiffeuse. Dans la salle des machines, c'est la panique : alarmes, jets de vapeur, mécaniciens qui courent. Melchior tire des leviers et demande si quelqu'un se souvient de la procédure de redémarrage. Personne. Il crie qu'on va s'écraser, et se jette sur son chien pour le protéger. Chelinka prend Tilika sous le bras pour aller chercher Magda. Le dirigeable heurte violemment la surface de l'océan, les moteurs s'arrêtent, et Chelinka est projetée dans le couloir avec Tilika.

Autour de Someul, toutes les machines brûlent. Il concentre son énergie de pugiliste et frappe l'air d'un Barrage : une vague d'air traverse la salle et souffle les feux un par un, et le calme revient. Chelinka frappe chez Magda, qui ouvre les cheveux ébouriffés, son arme déjà à la main, et la suit.

La colère de Saoirse

Des chocs sourds résonnent plus loin. Le groupe y trouve Saoirse Keller, les cheveux en bataille, qui frappe les machines de toutes ses forces avec son bras mécanique en leur hurlant de démarrer. Les étincelles jaillissent, et le bras n'est plus qu'un morceau de métal déchiqueté pendu à son épaule. Toute la trahison de son amie la plus chère ressort : des années de mensonges, et maintenant son dirigeable détruit et son frère hors d'atteinte.

Magda écarte doucement le groupe et s'avance. On n'entend pas ce qu'elle dit, mais Saoirse s'arrête, la fixe de ses yeux injectés de sang, puis s'effondre en pleurant. Magda abaisse son bras et la serre contre elle. Saoirse ne veut que sauver son frère, et elle tuera celle qui s'est servie d'elle. Elle se relève, s'essuie le visage, remarque que tout le monde la regarde. Elle détache son bras mécanique, le confie à Magda et part vers ses quartiers sans se retourner.

Melchior fait le point : les dégâts sont lourds, une hélice est perdue et les machines éteintes, mais le dirigeable est une coque de navire et il flotte, échoué à trois kilomètres de Cautel. Il lui faut du matériel et des bras. On ira en barque. Neptune va voir Saoirse pour s'assurer qu'elle ne les soupçonne de rien. La porte s'ouvre avant qu'elle frappe : Saoirse sort, le visage fermé, une cape sur son épaule sans bras. Elle expose le programme : trouver à Cautel de quoi réparer, engager une troupe de mercenaires pour attaquer Agener, puis repartir et déposer le groupe où elle l'a promis. Elle s'en va sans rien ajouter.

On met une barque à la mer : Saoirse à la proue, bras croisés, Magda qui huile son arme, Melchior et toute sa ménagerie, le groupe, et Tilika, qui a insisté pour prendre l'air et gratte le ventre du dogue. Melchior se charge de refaire l'hélice. Au groupe, il confie le ballon manquant : trouver le plus grand drap, la plus grande bâche ou la plus grande voile possible.

Cautel

Cautel est une île mouvante de centaines de bateaux ligotés, cloués, reliés par des planches, des ponts de fortune qui craquent et des ponts de cordes rongés par le sel. L'odeur saisit dès le débarquement : crasse, fiente de mouette, eau croupie au soleil, le tout dans l'air iodé. C'est un repaire de brigands, de voleurs, de contrebandiers et de pirates, un lieu de débauche et de commerce, sûrement le pire endroit où se trouver quand on est noble. Au-dessus, une forêt de mâts dont les voiles de toutes tailles et de toutes couleurs forment un patchwork entre la mer et le ciel.

Les bateaux vont du gigantesque, aux ponts larges comme des esplanades, à la barque, du flambant neuf à l'épave. La ville est dense plutôt que grande, étagée en hauteur, et nul ne sait où elle commence ni où elle finit. Elle grandit sans cesse : un navire qui accoste risque d'être bloqué par les suivants et de devenir à son tour un morceau de la ville. On dit qu'on ne repart jamais tout à fait entier de Cautel. Il n'y a ni rues ni sens de circulation, presque pas de propriété privée, et Saoirse guide le groupe par des échelles de corde, des ponts suspendus et des cales enfumées éclairées à la lampe à huile. On s'y bouscule, on y commerce, on y forme des équipages, on s'y provoque en duel, dans le vacarme des albatros et au milieu des caisses et des poissons pourris : un marché labyrinthique où l'on trouve tout, surtout l'illégal, pourvu qu'on y mette le prix.

Saoirse respire l'air les yeux fermés, un grand sourire aux lèvres. Chelinka fait promettre à Tilika de ne dire à personne qu'elle est princesse, et Tilika rabat sa capuche. Même déchirés et couverts de poussière, leurs habits d'ambassadeurs détonnent. Saoirse en profite : ici personne ne rend de comptes, l'argent qu'on gagne n'est pas reversé à moitié à un seigneur, c'est la vraie vie, et cela doit les dépasser, eux qui rêvent de tables à quinze plats et de robes à froufrous. Neptune rétorque qu'ils sortent du bas peuple et de prison, où l'on ne servait pas de festins, qu'à Véloria ils logeaient au Corbeau Plaisantin et non au Château dormeur, et que les froufrous, c'est plutôt le bras droit d'une comtesse qui les a connus.

Les avis de recherche

Pendant la dispute, Chelinka remarque les affichettes placardées sur tout ce qui ressemble à un mur, dans les cales comme sur les mâts. Devant l'une de ces grappes de feuilles, une jeune femme d'un peu moins de vingt ans, coiffée d'un chapeau beaucoup trop grand pour elle, les étudie d'un air très sérieux.

Ce sont des avis de recherche, portraits compris. Chelinka, Neptune et Someul sont chacun recherchés morts ou vifs par le palatinat de Sabrenas pour destruction, malveillance, espionnage et assassinat : cent cinquante pistoles d'or, une prime supplémentaire s'ils sont ramenés vivants, la prime standard contre preuve de décès. Saoirse Keller, fugitive, est recherchée pour haute trahison envers le palatinat, vol, alliance avec l'ennemi et rébellion, vivante seulement, pour cinq cents pistoles d'or. Le collège des mages de Véloria recherche de son côté Spencer, Faramond et Lambert, les faux noms du trio, pour pratique fallacieuse de la magie : vivants, la prime tombant s'ils ne peuvent plus parler.

Autour, les petits fugitifs de Cautel : Derek Aramber, qui s'est fait engager comme mage de l'air dans l'équipage de la Dame d'Ébène et dont les pouvoirs ont disparu quand le vent est tombé, Émile Candélabre, qui a exorcisé un bateau hanté en perçant sa coque, Horace Cavalage et sa carte d'un trésor inexistant, Ignace de Furménon et son coffre de faux écus peints en doré posés sur des encyclopédies.

Mélinée

La jeune femme se tourne vers Chelinka : est-elle chasseuse de primes, elle aussi ? Chelinka dit oui. Elle s'appelle Mélinée. Derek ne l'intéresse pas : elle veut l'un de ceux-là, et désigne sur les affiches Chelinka, Neptune et Someul, et peut-être aussi Saoirse. Elle était vigie sur un bateau, mais on l'a renvoyée parce qu'elle ne voit rien au-delà de deux mètres. Peu importe, elle a toujours voulu être chasseuse de primes, et en capturer un la rendra riche et célèbre.

Les avis circulent depuis le matin. Elle a calculé la distance depuis le palatinat : les fugitifs devraient arriver demain ou après-demain, sans savoir qu'ils sont recherchés, et elle compte les cueillir avant tout le monde. Elle a bien entendu le fracas d'un dirigeable échoué au loin, mais n'en a vu qu'une tache floue. Pour garder l'avantage, elle a besoin que personne d'autre n'ait leur visage sous les yeux : il faut décrocher les affiches ailleurs, par exemple au pont des prêcheurs, où il passe beaucoup de monde. Elle glisse dans son manteau les quatre avis qu'elle a déjà pris, ceux de Saoirse, Neptune, Chelinka et Someul.

Chelinka demande à voir la sienne, la garde, et lui rend à la place celle de Derek, que Mélinée plie et range sans rien remarquer : elle n'a plus l'avis de Chelinka. Mélinée propose de partager la récompense : elle n'a pas de bateau pour aller la toucher à Sabrenas, et s'ils en trouvent un, on s'arrangera. Elle voudrait rester avec eux, elle n'a plus d'équipage. Chelinka la convainc de se partager la ville pour arracher les affiches et de se retrouver le soir au même endroit. Elles se serrent la main dans le flou. Mélinée n'a pas demandé son nom.

Au même moment, Someul entend dans la foule une voix lointaine qui l'appelle par son nom. Il se retourne et scrute les visages sans rien trouver, et le souvenir de cette voix s'estompe : il a dû l'imaginer.

Chelinka rapporte tout aux autres et leur montre Mélinée de loin, facile à repérer à son chapeau à grande plume qui oblige les passants à s'écarter. Le groupe se déguise : Neptune retire son veston, remonte ses manches, se fait une queue de cheval, taille sa chemise en crop top au-dessus du nombril et s'enroule le reste autour de la tête pour cacher le bas de son visage. Someul compte sur ses cheveux courts, que les affiches ignorent, et Chelinka cache toute sa chevelure sous un turban taillé dans ses vêtements. Elle emmène aussi Tilika au bord d'un bateau, frotte sa cape au sol, la macule de fiente de mouette et déchire un peu sa robe de noble. Tilika fronce les sourcils. Chelinka s'excuse : pour l'instant ils sont en cavale, ils ne sont en sécurité nulle part sauf ensemble, et elle aussi préférerait être au château à se gaver de faisan. Puis, avec Saoirse qui a retrouvé le sourire, tous s'enfoncent dans les dédales de Cautel.

Facts

  • L'épisode s'ouvre sur une longue introduction consacrée au salon Octogone, puis sur un récapitulatif de la saison 3 et du début de la saison 4 écrit et narré par une invitée.
  • Le maître du jeu épelle Cautel à deux reprises, C-A-U-T-E-L.
  • Le nom de Saoirse, lu sur son avis de recherche, se prononce « seurcha ».
  • Le maître du jeu se réjouit qu'on ait enfin relevé que Chelinka, liée à l'Araignée, pratique une magie élémentaire et non celle des esprits, sans pouvoir en dire plus.
  • Le nom de Mélinée a été improvisé en pleine scène, le maître du jeu la présentant comme un personnage sans importance.
  • Les avis de recherche ont été envoyés aux joueuses pendant la partie. En fin d'épisode, le maître du jeu signale un détail qui revient sur toutes les affiches et que personne n'a relevé, et une joueuse avoue avoir compris « preuve de dessert » au lieu de « preuve de décès ».
  • L'épisode suivant sort le 8 janvier plutôt que le 1er, pour laisser passer le nouvel an.

Références

Épisode#03 - La ville flottante