Le Château dormeur
Auberge cossue de la cité de Véloria, avec une écurie attenante. La façade porte du lierre, des fenêtres à carreaux multicolores, une devanture qui grince et des lanternes de papier accrochées un peu partout. Un palefrenier accueille les voyageurs, prend leurs chevaux et monte leurs affaires en chambre.
Les chambres ont des lits à baldaquin et des coussins en plumes d’oie, à un écu par personne et par nuit. Un lit trois places se demande, moyennant supplément.
L’intérieur est illuminé par des milliers de lanternes multicolores qui se reflètent sur un parquet de chêne ciré, et par un grand lustre ouvragé. Des colonnes de bois parcourues de lierre en arabesque entourent des fauteuils et des canapés à coussins de velours. Partout des tentures de soie et de velours, des meubles lourds, des coupes de fruits, des chandeliers et des calices d’or et d’argent, des sculptures et des tableaux bucoliques. Les serviteurs circulent à pas feutrés entre des tables où l’on chuchote.
On n’y entre que si l’on est sur la liste, fût-on noble. La cuisine se récite au client : langoustines soufflées et soupe d’artichauts à la truffe noire, bar au zeste d’orange, crème de safran aux saint-jacques, aiguillettes de homard au vin du Jarrier, araignée de mer au fenouil. La carte des boissons va de l’hydromel au claré, un vin blanc au girofle, miel, cannelle, poivre et gingembre.