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episodes/saison-2

S02E18 - La guerre des guildes

L'épisode "La Guerre des Guildes" est le 18e épisode de la saison 2 du Mythe de la Taverne Ainsi que le 43e épisode enregistré par le groupe.

Résumé

Les lettres apportées par les chouettes sont des bulletins de notes du collège des mages, à retourner avant le second semestre accompagnés des armoiries familiales, ce qu'aucun des trois n'a. Timothy Charlton les rejoint en courant avec une généalogie des grands mages : Piotr Petrova, l'oncle dont se réclamait Sarah Petrova, était un mage de la grande principauté de Makar spécialisé dans la confection de pièces de bergara destinées à contenir les artefacts. Le cylindre est donc un contenant d'artefact, et le bergara coupe la magie de qui le touche : voilà comment reconnaître le vrai du faux. Poussé dans ses retranchements, Timothy avoue qu'il n'est pas un Charlton : il a pris la place du fils du mage de son village, qui voulait voyager, et doit ramener des notes irréprochables pour que le père n'y voie rien.

Au Galion, Roméo raconte avoir revendu dix écus sa copie à deux gardes croisés à la sortie du port, qui comptaient la revendre à leur tour. Il n'a plus rien. Le soir, sur le quai, les jumeaux Milford resurgissent des enfers avec leur bande et un otage déguisé en Chelinka à coups de melons et de paille. Faute d'échange, ils repartent avec une adhésion à la guilde des Persifleurs à deux deniers par tête.

Au rendez-vous, un navire inconnu débarque un acheteur au katana, et toutes les factions sortent de l'ombre en brandissant chacune un cylindre. Jonas fend la foule, tend le vrai objet et réclame ses quatre cents écus : il l'avait depuis le début, ayant fabriqué deux faux et s'être laissé voler le second pour qu'on le croie dépouillé. Une lame se pose sur sa gorge et le port entier se bat, Vide-Poches contre Cour des Manteaux, gardes de Nicholas de Bénévent contre gardes du général Beausoleil, jusqu'à ce qu'une lanterne tombée mette le feu au ponton.

Les cylindres roulent de main en main. Chelinka éteint l'incendie d'une vague énorme, Neptune et Someul retrouvent au fond de l'eau le dernier exemplaire non testé, et la magie de Chelinka s'éteint quand elle y pose la main : c'est le vrai. Le groupe s'échappe à la nage jusqu'à une plage.

Un parchemin trouvé chez Jonas donnait le code des anneaux. Le cylindre s'ouvre sur un objet à quatre dimensions dont la quatrième serait le temps, aux couleurs qui ne se voient pas mais se ressentent. Timothy referme alors la main dessus, avec une détermination absolue.

Description de l'épisode

Comment Neptune lança son programme de formation de persifleur (seulement 2 deniers), comment Someul plaqua (encore !) un animal innocent au sol et comment Chelinka passa une heure à essayer de faire des vaguelettes dans la mer.

Contenu de l'épisode

Les bulletins de notes

Les trois lettres scellées apportées par les chouettes ne contiennent ni convocation ni renvoi : ce sont les bulletins de notes du collège des mages, une note par cours et une appréciation.

En culture magique, l'archimage Léonard Montgomery juge la curiosité du distingué Lambert pour la magie des esprits et les événements tragiques peu saine et son attitude générale à revoir. La distinguée Faramond, elle, est l'attraction principale du collège : elle perturbe les cours des autres classes en prétendant être Neptune d'Aïra, bloque l'entrée en feignant le mutisme, et montre un attrait tout particulier pour le chaos, l'indiscipline et l'insolence. La distinguée Spencer n'a pas de note, le professeur l'ayant interrompue en plein cours pour lui contester sa qualité de distinguée.

Sur la pratique des attitudes du conseiller mage, l'archimage Almaric Beckett reproche à toutes les trois un manque de ponctualité et une arrogance à la limite du mépris, en reconnaissant des connaissances impressionnantes. Le mage Adeliphas Bonjoyeux distribue les meilleures notes de l'année : une autorité à nulle autre pareille envers les ouvrages récalcitrants pour l'une, une affinité faite de douceur et d'écoute active pour l'autre, et pour la troisième aucune affinité du tout, patience inexistante, impertinence assez forte, avec le conseil de changer de cours au second trimestre.

C'est Néphélie du Poirier qui fait le plus de dégâts. Elle salue une excellente maîtrise de l'art doublée d'une attitude trop agressive envers les camarades, mais soupçonne la distinguée Spencer de se faire aider par des complices lors des duels : elle semble contrôler plusieurs éléments, ce qui est tout à fait impossible, et des explications sont attendues au prochain cours. Le distingué Lambert récolte une absence totale d'affinité avec la magie malgré des efforts visibles, avec la mention qu'il prend des poses devant les mannequins d'entraînement et use de la violence contre d'autres distingués. La distinguée Faramond n'a aucune aptitude magique et aucun intérêt pour la pratique, mais une curiosité remarquée pour l'histoire de la magie et le fonctionnement des artefacts : on lui conseille mage archéologue ou mage historienne.

Le collège se compare à l'enseignement le plus supérieur qui existe, et l'exemplarité y compte autant que la magie. Reste le plus embêtant : les bulletins doivent être retournés avant le début du second semestre, accompagnés des armoiries familiales. Il faudra demander à Prudence Hartford.

Le secret de Timothy

Timothy Charlton arrive en courant, sa robe de distingué à moitié enfilée, essoufflé, un gros grimoire sous le bras. Le nom que Sarah Petrova avait donné lui trottait dans la tête depuis le début : Piotr Petrova. Il a fait des recherches et l'a trouvé dans une généalogie des grands mages. C'était un mage de la grande principauté de Makar, spécialisé dans la confection de pièces de bergara servant à contenir les artefacts magiques. Sarah Petrova figure bien dans l'arbre.

S'il se souvenait de ce nom, dit-il, c'est parce que le fils du mage de son village en parlait sans arrêt. La phrase passe inaperçue, puis la question tombe : et le fils du mage, c'est qui ? Timothy tremble, fait promettre le silence, y compris devant les autres Distingués du Destin, et raconte.

Il n'est pas fils de mage. Enfant, il était très ami avec le fils du mage du village, qui lui répétait tout ce que son père lui apprenait de l'histoire de la magie. Quand on a su que Callum s'était échappé et que la magie des esprits revenait, ce père a décidé d'envoyer son fils au collège. Le fils, lui, ne voulait que parcourir le monde. Ils ont donc fait un pacte : Timothy a pris la bague et la convocation et s'est présenté à sa place. Son vrai prénom est bien Timothy, mais Charlton est le nom de l'autre, dont il n'a jamais dit le prénom. Ses propres parents le croient parti voyager. La contrepartie du pacte est qu'il doit ramener des notes irréprochables pour que le père ne se doute de rien, ce qui explique son assiduité. L'autre lui envoie des cartes et des lettres : il descend en ce moment vers le khalifat de Sapajou, tout au sud.

Le groupe promet, au motif qu'il les a quand même sauvés à la taverne, et il montre son épaule encore bandée pour appuyer.

Le bergara, ou l'inverse de ce qu'on cherchait

L'objet est donc un contenant, pas un artefact. Le maître du jeu s'agace : le bergara se reconnaît à l'œil nu, un cours entier y avait été consacré, et personne n'a jamais demandé à examiner le cylindre.

La conséquence est le contraire de ce que la table supposait depuis des épisodes. Le bergara ne décuple pas la magie, il la coupe : un objet de la taille d'une bouteille annule toute magie dans un rayon d'un mètre environ, et le toucher suffit à couper un mage de ses énergies. Une grosse masse de bergara au même endroit, une mine ou des chaînes, éteint une pièce entière. Voilà le test qui distingue le vrai du faux, et il ne coûte rien : on prend l'objet en main et on essaie un sort.

Le groupe en a deux en poche, celui racheté à Fyrlinel et celui du général Beausoleil. Chelinka les tient tour à tour : la magie répond, les deux sont faux. Il faudrait les marquer, sans quoi ils reviendront dans le tas.

Roméo n'a plus rien

Au Galion, Roméo accueille le groupe en se félicitant de ses quinze écus au total. Il a vendu sa copie dix écus à deux gardes croisés à la sortie du port, qui l'avaient un peu violenté avant qu'il appelle d'autres persifleurs, et qui ont réuni la somme à deux avant d'annoncer qu'ils comptaient la revendre. Où, il ne l'a pas demandé.

Il explique aussi sa bourde : il n'a jamais fait analyser quoi que ce soit. Il tenait le vrai pour vrai parce qu'il venait de chez Jonas, et à force de manipuler l'original pour en copier la forme, il a fini par confondre les deux. Il ne savait plus lequel il avait vendu.

Le groupe lui interdit d'en fabriquer un de plus, prévient la guilde qu'il vaut mieux se tenir loin du port ce soir, et lui demande de poster un guetteur : un persifleur s'installe sur le mât avec une tôle roulée en entonnoir sur l'oreille, prêt à répondre au premier sifflement. Timothy part chercher Abigail Brent, et ils sont cinq.

Les jumeaux Milford et la formation à deux deniers

La nuit tombe sur le port, les marins rentrent, et cinquante-deux silhouettes sombres surgissent sur le quai. Ce sont les jumeaux Milford et leur bande, de retour des enfers où ils avaient été envoyés, décidés à jouer les némésis. Ils annoncent détenir un membre du groupe et exigent l'objet en échange.

L'otage sort de derrière un muret : c'est un homme de la bande, Michel, à qui l'on a glissé deux melons sous la tunique et posé de la paille pas même orange sur la tête, et qui se présente comme Chelinka. La supercherie ne dure pas trois secondes, l'intéressé lui-même trouvant le plan mauvais depuis le début.

Faute d'échange, la conversation devient un débriefing. Le déguisement était bâclé, la bande ne compte aucune femme, ce qui n'aide pas, et il aurait fallu soumettre le plan avant de l'exécuter. Neptune propose donc une formation : ils exposeront désormais leurs plans à des professionnels qui savent, eux, voler l'objet que tout le monde convoite. Le prix d'entrée, d'abord annoncé à deux écus, tombe à deux deniers par tête, payables sur la revente des melons au marché du lendemain. Les jumeaux repartent membres de la guilde des Persifleurs et prévenus qu'ils commenceront en bas de l'échelle.

Le port en feu

Au lieu du rendez-vous, un navire d'une allure inconnue remonte jusqu'au quai et débarque un homme en kimono vert, un sabre courbe au flanc. Alors sortent de l'ombre des hommes en manteau, des crânes rasés sur le côté, des gardes, chaque faction tenant un cylindre et affirmant détenir le bon.

Un sifflement au bout du ponton fait taire tout le monde : Jonas arrive avec Igor et Hector, écarte la foule, tend l'objet à l'acheteur et réclame ses quatre cents écus. Il l'avait depuis le début. Il en a fait fabriquer deux faux et s'est laissé voler le second en le faisant passer pour le vrai, de sorte que personne ne le soupçonne d'être encore en possession de quoi que ce soit.

Un couteau se pose sur sa gorge, la Cour des Manteaux dégaine, la guilde des Vide-Poches dégaine, des gardes arrivent d'un bout du ponton derrière le vicomte Nicholas de Bénévent et d'autres à l'autre bout derrière le général Beausoleil. Tout le monde se bat contre tout le monde, et le groupe est au milieu.

La bataille se joue sans initiative, chacun à son tour, comme celle d'Agener. Les cylindres circulent de pied en pied. Chelinka en dispute un à un homme de la Cour des Manteaux et le renverse à la mer d'une boule de glaise. Gorthor soulève Timothy par le col et le relâche sur un mot de Someul. Beausoleil lâche trois chiens, dont un court avec un objet dans la gueule, que Someul finit par plaquer au sol. Un Vide-Poches coupe une corde et lance des tonneaux à travers la mêlée, ce qui fait rouler un cylindre de plus jusqu'aux pieds de Someul. Neptune écarte les combattants à l'épée de l'œuf d'or et couvre d'algues un fuyard avec sa bague. Fyrlinel tire des carreaux d'arbalète depuis le fond du quai.

Une dague perdue coupe la corde d'une lanterne, qui s'écrase sur le ponton de bois : le port prend feu, les combattants roulent dans les flammes, la robe de Chelinka s'enflamme. Neptune et Someul plongent. Chaque exemplaire testé finit à l'eau ou dans le feu, où deux hommes se jettent aussitôt dessus. Chelinka finit par lever une vague énorme qui balaie le quai, assomme les combattants et éteint tout.

L'eau remuée a fait remonter le dernier cylindre, celui qui n'a pas été essayé. Neptune et Someul le retrouvent du pied, main dans la main, et Chelinka pose la main dessus : sa magie la quitte. C'est le vrai. Neptune le rend invisible pour le mettre à l'abri, et le groupe repart en nageant sous le ponton, sans que personne le voie partir, en laissant chaque faction croire qu'elle tient le bon.

L'artefact ouvert

Ils ressortent sur une petite plage éclairée par la lune, trempés, épuisés, un peu brûlés. Timothy et Abigail Brent les y rejoignent : elle a gelé des ennemis et éteint des flammes autour d'elle, il s'est battu et a même récupéré un cylindre.

Reste la question. Ouvrir un contenant fait pour retenir un artefact, c'est libérer ce qu'on a pris soin d'enfermer, et la lumière attirerait Callum. Timothy insiste, montre que les anneaux pivotent, plaide la curiosité. Un jet de perception rappelle à Neptune le parchemin trouvé chez Jonas : Petrova y avait dessiné le code d'ouverture, une suite de flèches et de lettres. Someul démêle la notation, chaque paire désignant un anneau et un sens de rotation, et le cylindre cliquette, se laisse tirer par les deux bouts et s'ouvre.

L'objet à l'intérieur se regarde comme un kaléidoscope. Il a quatre dimensions dont la quatrième serait le temps devenu physique, il semble appartenir à l'avenir et ne pas encore être là. Rien de lui ne se traduit en mots : il a toutes les formes à la fois, aucune ne ressemble à quoi que ce soit d'existant, et la lumière pure qui en sort produit des couleurs inexistantes qu'on ne voit pas mais qu'on ressent. La réalité oscille autour de lui. On y voit tous les temps en même temps, des galaxies naître d'une explosion et s'effondrer en quelques millisecondes, et l'on éprouve la sensation de tomber de plusieurs étages.

Et pendant que tout cela se passe, à la fois en une fraction de seconde et au ralenti, Timothy referme la main sur l'artefact. Son regard croise celui du groupe : une détermination absolue.

Facts

  • Le maître du jeu s'agace pour de bon : le bergara se voit à l'œil nu, il lui avait consacré un cours entier, il a décrit le cylindre et attendu longtemps, et personne n'a jamais demandé à l'examiner.
  • Il en profite pour poser une règle sur son scénario : tout est écrit d'avance, il ne modifie rien en fonction des théories de la table, et une hypothèse énoncée à voix haute ne le fait pas changer d'avis.
  • La bataille du port se joue sans initiative, chacun à son tour, comme celle d'Agener.
  • La table sort un 3 et un 95 dans la même session, ses meilleurs et ses pires jets.
  • La bague de Neptune n'aspire que les impuretés, pas les artefacts : elle ne servira pas à repêcher le cylindre.
  • Le maître du jeu avait semé des indices sur Abigail Brent, qui ne parle jamais de sa famille. La table avait rangé Timothy dans la case du distingué inoffensif et n'avait rien cherché de ce côté.

Références

https://open.spotify.com/episode/48eABnJoAyfOHsgN4AFoDo?si=1QpNBgYQTFaxcqXMAFgKMg