Aller au contenu principal
Magie

Les artefacts

Les artefacts sont les traces laissées sur terre par les dieux aïeuls, au commencement des temps. Ils prennent toutes les formes : des lieux sacrés, des bâtiments d’une architecture impossible, plus grands à l’intérieur qu’à l’extérieur, des statuettes, des pierres, ou des objets dont la géométrie échappe à qui essaie de la comprendre.

Sans eux, on ne pratique pas la magie. Le traité de Prudence Hartford les compare à l’eau d’une rivière et les mages à des moulins : la puissance de l’artefact est constante et inépuisable, le mage ne fait que la canaliser pour la transformer en magie. Ce sont les mages séculaires, les premiers pratiquants, qui ont appris à la plier à leur volonté.

Leur portée varie du tout au tout. Certains couvrent plusieurs centaines de kilomètres, d’autres quelques mètres, d’autres encore n’agissent que pour qui les porte : des mages en enchâssaient dans des bijoux pour disposer partout d’une puissance décuplée.

Les sites d’artefacts sont gardés et confinés par des mages, car la magie brute qui s’en échappe est trop imprévisible pour être approchée : les récits de mages téméraires réduits en tas de poussière fumante sont nombreux. Les artefacts de la magie des esprits, eux, ont été neutralisés dans des blocs de bergara et enterrés sous le collège des mages, qui porte de ce fait la plus grosse charge magique du continent. Le plus puissant et le plus connu de tous reste le Plénimythe.

On ne détruit pas un artefact sans conséquences : la charge libérée rase tout sur plusieurs kilomètres en une fraction de seconde. Les travaux du mage Raymond Autoroche avancent qu’un mage assez expérimenté pourrait, en théorie, la canaliser dans son propre corps et devenir un enfant de la nébuleuse.

L’artefact qu’ouvrent nos héroïnes à Véloria se regarde comme un kaléidoscope. Il a quatre dimensions dont la quatrième serait le temps devenu physique, il semble appartenir à l’avenir et ne pas encore être là. Rien de lui ne se traduit en mots : il a toutes les formes à la fois, aucune ne ressemble à quoi que ce soit d’existant, et la lumière pure qui en sort produit des couleurs inexistantes qu’on ne voit pas mais qu’on ressent. La réalité oscille autour de lui, on y voit tous les temps en même temps, et des galaxies y naissent d’une explosion et s’effondrent en quelques millisecondes.