Guilde des Persifleurs
Description de la Guilde
Guilde des persiflades, c’est-à-dire des farces faites aux passants et aux personnalités de passage. Elle a été fondée à la prison d’Agener par Chelinka, Neptune et Someul avec Yana, qui en est la chef’taine à Agener, et s’est étendue à Véloria puis au palatinat de Sabrenas.
Son signe distinctif est le sifflet : un coup de sifflet dans n’importe quel quartier fait venir un membre. À Véloria, Roméo fait forger des sifflets d’argent au bout d’une chaîne, payés sur l’argent des faux artefacts, pour que la guilde ait un signe de reconnaissance comme les autres et que ceux qui ne savent pas siffler en aient un aussi.
Ses règles ont été fixées par ses fondateurs et Yana à Agener :
- elle sème le chaos pour le compte de ses clients, sans faire d’affaires,
- elle se fait payer en services à rendre plus tard, jamais en argent, et les consigne dans un registre des dettes,
- elle ne travaille pas pour les gardiens, mais rien ne lui interdit de les persifler,
- elle reste indépendante, sans alliance formelle, même si elle est proche des Épiciers et des Serviteurs,
- elle recrute dans les deux quartiers, sans prérequis, savoir siffler étant seulement un plus,
- elle s’interdit la violence, le meurtre et la persiflade entre membres.
Sa ligne de conduite tient en un mot : malicieux. Sa devise, en revanche, reste à trouver.
Histoire de la Guilde
À la grande élection du chef de toutes les guildes d’Agener, la guilde vote en dernier et sa voix décide du scrutin : elle la donne à Alice Holloway, contre dix pour cent de la recette de la soirée, soit cinq écus et six deniers. Victor Appleby, candidat malheureux, n’en est pas prévenu.
Pendant la bataille d’Agener, deux persifleuses du quartier haute sécurité, Elga et Olga, répondent à un sifflement de nos héros et se présentent à eux. Elles sortent du quartier par des passages dérobés que les prisonniers de longue date connaissent, et que la guilde connaît mieux encore. Au plus fort de la seconde phase de la bataille, la guilde entière répond au sifflement de Yana et bombarde les assaillants depuis les toits d’Agener : le maître du jeu compte cette intervention parmi les raisons de la victoire.
L’antenne de Véloria
La guilde a essaimé à Véloria après que des membres sortis d’Agener y eurent raconté la persiflade, et occupe le Galion, un navire échoué au bout du port. Elle y compte cent trois membres, presque tous des enfants, répartis dans tous les quartiers, dont une centaine vivent ou travaillent au Galion. Elle n’a pas de chef officiel : Roméo y invente les arnaques, Cassandra Tastrophe tient les ruelles mal famées, et le premier persifleur que rencontrent nos héroïnes dans la capitale est Diego, du côté des docks. Trop récente pour peser face à la guilde des Vide-Poches, elle en est plutôt méprisée que combattue, avant que l’alliance se scelle à la bataille du port.
La grande persiflade de Véloria
Une centaine de persifleurs passent une nuit à se grimer en Neptune, Chelinka et Someul, sans chercher à leur ressembler, pour couvrir leur sortie de la ville. Ils couvrent aussi la capitale de banderoles et de feuillets annonçant un concours du meilleur costume doté de dix écus, à réclamer au collège des mages, si bien que des habitants qui n’ont rien à voir avec la guilde s’y mettent aussi. Postés aux ponts et aux portes, ils font éclater des claque-doigts de poudre noire pour imiter la magie de feu et saturer les contrôles de l’ordre des innocents.
Au départ de nos héroïnes pour Sabrenas, la guilde les couvre une dernière fois : postée derrière des tonneaux d’une ruelle, elle lâche un sac de farine sur trois membres de l’ordre des innocents qui venaient de reconnaître Chelinka sur un avis de recherche. Roméo les cherchait depuis des jours pour les prévenir de l’enlèvement de Yana par la guilde des Vide-Poches.
L’antenne de Sabrenas
Elle existait avant que nos héroïnes y arrivent, et ses membres tiennent qu’elle est née à Sabrenas, non à Véloria. Erwin s’en dit plus ou moins le fondateur, sans pouvoir dire depuis quand : elle s’est faite à peu près d’elle-même, chacun amenant quelqu’un.
Un coup de sifflet dans le palais suffit à faire venir un membre. Le salon de la guilde s’ouvre au fond des couloirs avec une clé en forme de sifflet : une vingtaine de personnes y jouent au bridge, prennent le thé et font un bingo, toutes âgées, la plus jeune ayant cinquante-six ans, sifflet au cou.
Les persiflades sont à l’échelle. Marcher très lentement au milieu de la rue aux heures de pointe pour créer des bouchons, laisser tomber sa canne et la ramasser doucement, payer une grosse somme en petites pièces qu’on recompte depuis le début en refusant qu’on compte à sa place, faire dérouler tout son stock à un tailleur avant d’annoncer qu’on a oublié sa bourse, se faire répéter très fort ce qui devait rester discret puis annoncer qu’on n’est pas sourd.
Erwin, qui déteste Véloria mais se tient pour un gentleman, offre aux trois le concours de la guilde : il y aura toujours l’un d’eux quelque part. C’est aussi la société secrète dont il parlait à Aliénor et qu’elle notait dans son journal : il hésitait à lui proposer d’entrer, et quand il s’est décidé, il était trop tard.