Fyrlinel
Description
Homme grand et borgne, au visage fin et rusé de renard, barbichette, sourire en coin et air nonchalant. Il porte une cape courte à l’épaule et se déplace avec une arbalète à la main. Sa seule entrée dans une pièce suffit à tourner tous les regards vers lui.
Il dirige la guilde des Vide-Poches à la cité de Véloria, depuis la taverne de l’Épée bavarde, et Gorthor le Cruel ne le quitte pas.
Histoire
Il descend l’escalier de l’Épée bavarde alors qu’une dizaine de ses hommes encerclent nos héroïnes, dagues dehors. Il reproche à la salle d’importuner d’honnêtes clients, demande qui a commencé, et plante un carreau d’arbalète dans le cœur de Roberto le Querelleur quand on le lui désigne. Puis il s’assied avec le groupe.
Il dit cultiver l’amitié entre les guildes et trouver dommage qu’elles se fassent la guerre : il propose donc l’amitié à la guilde des Persifleurs, et leur revend dix écus l’objet qu’ils lui avaient vendu cinq. Il avait fait analyser sa marchandise ailleurs que chez Jonas, à qui il ne fait pas confiance, sait qu’elle est fausse, et en a fait fabriquer une autre, marquée d’un signe que lui seul repère, mise en circulation pour brouiller les pistes. Du rachat il déduit que les persifleurs tenaient le vrai sans le savoir.
Il se dit très au courant de tout ce qui se passe dans son quartier, tient des contacts partout, se moque du grand accusateur royal Nicholas de Bénévent, et n’a rien de plus que les autres sur la Cour des Manteaux, avec qui sa guilde est en très mauvais termes. Sa conclusion est que tout le monde est perdu et que quelqu’un tire les ficelles. Il donne rendez-vous le soir même au port, où un acheteur doit récupérer le vrai objet et où toutes les guildes se pointeront.
Un jet de charisme de Chelinka l’intéresse, ce qui fait tomber le prix de l’objet, et il accepte à condition que ce soit consenti. Il fait raccompagner le groupe à la sortie, où l’attendent les gardes du général Beausoleil, et referme les battants de la taverne derrière eux.
Le lendemain de la bataille du port, il fait porter par furet une invitation à Chelinka : rendez-vous le soir même devant l’Épée bavarde, tenue de soirée de circonstance.
Il emmène Chelinka dîner au Château dormeur, Gorthor en garde du corps, et la présente à la table comme sa partenaire en affaires et la tête dirigeante de la guilde des Persifleurs, ce qui est une persiflade. Le dîner est aussi une négociation avec un émissaire de la guilde des Cuistanciers, qui veut s’installer dans la capitale à condition que les Vide-Poches cessent de voler des denrées alimentaires : il propose en échange que les Cuistanciers nourrissent les deux guildes, comme il l’a déjà fait avec la guilde des Épiciers pour l’alcool et le tabac.
Devant le refus, il joue l’accord au poker en présentant le jeu comme du pur hasard, place la pioche hors de sa portée pour prouver sa bonne foi, et fait comprendre à Chelinka par une phrase galante quelle carte il attend. Elle vole l’as de cœur pendant que Gorthor, à qui elle a soufflé que l’émissaire avait mal parlé de son rat, soulève l’homme par le col. Fyrlinel abat tous les as.
Nos héroïnes le retrouvent à l’Épée bavarde en train de s’essuyer les mains, couvertes de sang : il vient de rappeler à un marchand d’art du marché royal, passé à la Cour des Manteaux pour des taux plus bas, que les Vide-Poches savent aussi faire peur. Faute de prise sur une guilde qu’on n’attrape jamais, il propose de bluffer et de faire courir la rumeur qu’on détient les preuves de l’incendie de l’entrepôt, pour la faire paniquer. Chelinka obtient que la rumeur ne mentionne que sa guilde, et il la lance à l’instant même.
Il propose au passage à Neptune de rejoindre les Vide-Poches si elle se lasse de la guilde des Persifleurs, pour sa façon de penser les choses.
Il arrive sur la place des lavandières à la tête de ses hommes, prévenu par deux persifleurs qu’il a failli ne pas écouter parce que l’un d’eux a passé dix minutes à expliquer son nom. Il manque de peu le cavalier au manteau d’un carreau d’arbalète, en lui plantant une flèche dans la croupe de son cheval, et se bat en continuant de parler. Il jure n’avoir rien dit de la guilde des Persifleurs : il ne trahit pas ses associés à moins qu’on le trahisse d’abord.
Il fournit ensuite une dizaine de manteaux calcinés comme pièces à conviction, et accepte de venir témoigner à la séance d’accusation publique, malgré les nobles qui le reconnaîtront : faire tomber le chef de la Cour des Manteaux vaut de sortir un peu de l’ombre.
Il fait enlever Yana par Gorthor et attend nos héroïnes à l’Épée bavarde, au milieu de dizaines de cadavres d’inconnus grimés en elles pour la grande persiflade, tués faute de savoir lesquels étaient les bons. Il a refait les comptes de l’affaire de la Cour des Manteaux : lui en sort avec des hommes en moins et une guilde diminuée, elles avec une taverne neuve, le cheval le plus rapide de la capitale et une amie devenue baronne. Il en conclut à un coup monté et exige des explications, la main sur son arbalète et Gorthor sur l’épaule de Yana.
On lui apprend qu’Arabella Firkins dirigeait la Cour des Manteaux depuis le début, que le procès du baron Barnett visait le mauvais homme et que les cadeaux étaient une récompense obtenue à leur insu. Il demande à Neptune si elle engagerait sa vie là-dessus, puis celle de Yana, avant de faire lâcher prise à Gorthor et de conclure au regrettable quiproquo : il voulait seulement s’assurer de la loyauté de ses associés. L’alliance tient, mais nos héroïnes lui disent en face que tuer des inconnus plutôt que de parler leur a coûté toute leur estime.