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S02E17 - Faux objets en pagaille

L'épisode "Faux Objets en Pagaille" est le 17e épisode de la saison 2 du Mythe de la Taverne Ainsi que le 42e épisode enregistré par le groupe.

Résumé

Au Galion, Roméo achève de raconter sa bourde : le vrai objet est parti pour cinq écus à la guilde des Vide-Poches, vendu à l'Épée bavarde à un homme immense, tout en cape noire et en cigare. Sur le chemin, Neptune déniche dans le sable de la plage abandonnée un coquillage large comme un pare-brise, avec une perle dedans : voilà le moule à forme spéciale que réclame la recette de Jérémy Michaud.

Jonas les intercepte sur le port. Il doit livrer l'objet le soir même à un acheteur qui le paie quatre cents écus, il ne l'a plus, et il embauche le groupe pour dix pour cent du prix. Il a embauché beaucoup d'autres monde : premier arrivé, premier servi. Plus loin, une noble à éventail fait signe à Someul : c'est Mérival sous une perruque, qui voudrait l'objet pour le seigneur Ademar. Someul refuse de rapporter à son seigneur une camelote qu'il ne saurait pas distinguer du vrai.

À l'Épée bavarde, une cave sous une trappe où l'on ne boit qu'entre Vide-Poches, la salle se tait à leur entrée. Roberto le Querelleur les somme de partir et plante sa dague dans le comptoir. Someul la lui reprend avant qu'elle touche le bois, et une dizaine de crânes rasés se referment autour d'eux. Fyrlinel, le chef de la guilde à Véloria, descend l'escalier une arbalète à la main, plante un carreau dans le cœur de Roberto et les invite à s'asseoir.

Il veut l'amitié des deux guildes et leur revend l'objet dix écus. Il a fait analyser sa marchandise, sait qu'elle est fausse, et en a fait fabriquer une autre, marquée d'un signe que lui seul repère, qu'il a mise en circulation. De leur rachat il déduit que les Persifleurs tenaient le vrai sans le savoir. Un furet apporte un billet de Roméo : nouveau plan, l'objet a été revendu dix écus. Fyrlinel donne rendez-vous le soir même au port, où un acheteur doit récupérer le vrai et où tout le monde se pointera.

Dehors, des gardes les encerclent. Le général Beausoleil, connétable des armées du roi Théodorique Ier, leur explique enfin l'affaire : l'objet vient de la grande principauté de Makar, Nicholas de Bénévent a fait attaquer le navire qui le livrait et fait croire à un naufrage, et Sarah Petrova, demoiselle d'honneur de la délégation makarienne, l'a reconnu au palais et subtilisé. Beausoleil veut l'objet pour faire éclater l'affaire, rompre l'alliance avec Makar et pousser Véloria dans les bras de l'empire d'Ambrelin, dont il prendrait les armées réunies. Il leur laisse un faux de plus, poudré pour que les chiens le suivent. Cinq ou six exemplaires circulent désormais. Trois chouettes se posent alors sur leurs épaules, avec trois lettres scellées du collège des mages.

Description de l'épisode

Comment Chelinka se trouva un plan cul à la capitale, comment Neptune se fit ignorer par tout le monde pendant la moitié de l'épisode et comment Someul trouva littéralement un rival à sa mesure.

Contenu de l'épisode

Cinq écus

Le point se fait au Galion, le navire échoué de la guilde des Persifleurs. Le vicomte Nicholas de Bénévent leur a laissé vingt-quatre heures pour rapporter l'objet du palais, contre un écrit signé qui leur promet la vie sauve, et Roméo vient de comprendre que c'est le vrai qu'il a vendu pour cinq écus.

Reste à savoir à qui. La transaction s'est faite à l'Épée bavarde, le repaire de la guilde des Vide-Poches, avec un homme très grand aux larges épaules, longue cape noire et gros cigare au coin des lèvres, accompagné d'un comparse quelconque. Roméo indique le chemin et se fait remercier du bout des lèvres. Someul concède que le plan les a un peu dépassés, mais les persifleurs, eux, persiflent avec qualité, et la prochaine fois ils réfléchiront plus longtemps.

Avant de partir, le groupe récapitule ce qui traîne : les ingrédients du gâteau de Jérémy Michaud et le feuillet resté chez la famille Firkins, le sabotage du festival de la Louve mère, le rapport dû à Mérival, et l'objet que tout le monde cherche.

Un coquillage sur la plage abandonnée

En sortant du Galion, on peut remonter vers le port en activité ou descendre vers la plage déserte. Le groupe descend : il manque un moule de forme spéciale à la recette du pâtissier, et un très gros coquillage ferait l'affaire.

Parmi les fougères et le bois flotté, Neptune déterre le plus gros coquillage jamais vu, torsadé comme dans un dessin animé, large comme un pare-brise arrière. Il a dû abriter un bernard-l'ermite gigantesque. Dedans se trouve une perle de la taille du poing, qu'elle range dans le coquillage pour n'occuper qu'une place d'inventaire. Il faudra trouver un quartier de bijoutiers pour la vendre, puisque le seul receleur qu'ils connaissent n'a plus tellement envie de les voir.

Le contrat de Jonas

En remontant vers le port, ils tombent sur Jonas, flanqué d'Igor et Hector, qui allait justement au Galion. Le receleur est fort embêté : il doit livrer l'objet le soir même à un acheteur, et il ne l'a plus. Il se souvient qu'on s'était vanté devant lui d'être très doué pour retrouver les choses, et il embauche.

Les termes sont dix pour cent du prix, la vente étant conclue à quatre cents écus, soit quarante écus pour eux. Rien à perdre : pas d'objet, pas de vente, pas de commission. Il ne sait pas dire si la magie environnante s'accroît en présence de l'objet, mais il reconnaîtra le vrai du faux en un coup d'œil si on le lui apporte. Et il ne met pas tous ses œufs dans le même panier : il a engagé des indépendants dans plusieurs quartiers, premier arrivé, premier servi. Le groupe est le seul attelage attaché à une guilde, une petite guilde, ce dont il s'excuse.

La dame à l'éventail

Plus loin, dans un quartier animé où les gens font leurs courses, une femme richement vêtue, coiffure montée et petit éventail, fait signe à Someul de l'autre côté de la rue, et laisse tomber un mouchoir. Il n'y va qu'escorté. Elle soulève sa perruque : c'est Mérival, qui se déguise pour circuler dans la capitale sans se faire remarquer.

L'espion du seigneur Ademar n'a rien avancé sur les affaires qu'il avait confiées, et Someul non plus n'a retrouvé aucun survivant de sa troupe de mercenaires. Mérival passe donc à autre chose : il a entendu parler d'un objet que tout le monde s'arrache et qui pourrait intéresser son seigneur. Someul décline. Trop de faux circulent, il ne saurait pas distinguer le vrai, et il préfère ne rien rapporter à Ademar plutôt que de la camelote.

Mérival lui dresse quand même la liste de ceux qui courent après : la Cour des Manteaux, la guilde des Vide-Poches, le receleur Jonas, et le grand accusateur royal Nicholas de Bénévent. Il retrouvera Someul tout seul, dit-il, un pigeon voyageur le suit depuis le début. Puis il repose sa perruque et remet l'éventail devant son visage.

Descente à l'Épée bavarde

Les ruelles se resserrent et s'assombrissent jusqu'à une entrée en trappe, deux battants inclinés à même le sol et un escalier qui descend, sous une arche portant le nom de l'Épée bavarde et une épée suspendue qui grince. On ne voit rien de l'intérieur. Neptune se rend invisible pour que la guilde n'en compte que deux, et le sort tient toute la soirée.

En bas, c'est une taverne improvisée : verres dépareillés, chaises toutes différentes, tables faites de caisses vides et de morceaux de tonneaux, des cargaisons d'alcool qui arrivent d'on ne sait où et un patron qui sert la moitié de la salle sans rien réclamer. Des mercenaires, des visages dans l'ombre, et beaucoup de crânes rasés sur un côté. Les conversations s'arrêtent net à leur entrée et tous les regards suivent leurs pas jusqu'au comptoir, où on leur sert deux bières très lentement.

Dans un coin se tient l'homme de la description de Roméo : grand, l'air froid, longs cheveux bruns, longue cape noire, mâchoire carrée, un panache de fumée qui monte de son cigare. Il est seul à sa table, sans sac ni poche à fouiller. Un habitué vient frapper du poing sur le bar et leur explique qu'on n'aime pas les gens comme eux par ici, que l'endroit est réservé, et qu'ils vont aller boire ailleurs. Il donne son nom, Roberto le Querelleur, puis plante une dague dans le comptoir. Someul la lui reprend avant qu'elle touche le bois et la lui tend, poliment, sous les yeux de la salle. La dizaine de clients aux crânes rasés poussent leurs chaises et dégainent à leur tour.

Chelinka charge sa main de magie pour dresser un talus de terre autour du groupe. Neptune, invisible, veut souffler à l'oreille de l'homme au cigare que la mort s'abattra sur celui qui a volé l'objet. Ni l'une ni l'autre n'aura le temps : une chaise racle le sol, l'homme se lève.

Il traverse la salle sans se presser, tout le monde s'écarte, il arrive à hauteur de Someul et ils font la même taille. Il lui souffle sa fumée au visage. Someul se présente comme un distingué venu boire un verre, sans uniforme puisqu'il n'a pas cours, et invite à vérifier auprès du concierge du collège des mages. L'homme écrase son cigare sur le bar et annonce qu'ils vont s'amuser tous les deux.

L'amitié des guildes

Une voix descend l'escalier avant que rien ne se passe. Apparaissent d'abord des pieds, puis un homme borgne au visage fin et rusé, barbichette, sourire en coin, cape courte, une arbalète à la main. Sa seule présence tourne tous les regards vers lui. Il déplore qu'on importune d'honnêtes clients venus boire un verre, demande qui a commencé, et plante un carreau dans le cœur de Roberto le Querelleur quand on le lui désigne. Puis il pose l'arbalète, met les pieds sur une table et invite le groupe à s'asseoir. La salle rengaine et reprend ses cartes.

Il se présente : Fyrlinel. Il appelle auprès de lui l'homme au cigare, Gorthor, qui lâche enfin Someul des yeux. Fyrlinel sait déjà qu'il a devant lui la guilde des Persifleurs, sait tout ce qui se passe dans le quartier, et cultive l'amitié entre guildes : il trouve dommage qu'elles se fassent la guerre. Le groupe se réclame de bons termes avec Roger, le chef de la guilde à Agener, et laisse échapper au passage qu'ils sont passés par la prison, ce qu'il faut ensuite rattraper.

Pour sceller l'amitié, Fyrlinel sort de sous sa cape l'objet et propose de le vendre. Ils ont dix-sept écus à eux deux et la chevalière de Josh Davenport à proposer. Chelinka tente autre chose et lui plaît, et il précise que du consenti lui va très bien. Le prix tombe à dix écus, cinq chacun, et l'objet change de main.

La transaction faite, Fyrlinel conjecture. Il est perplexe : pourquoi racheter plus cher le faux qu'on lui a vendu ? Il l'avait fait analyser ailleurs, sait qu'il ne cherche pas ça, et en a même fait fabriquer un autre, marqué d'un signe que lui seul repère, qu'il a mis en circulation. Si les persifleurs rachètent, c'est qu'ils tenaient le vrai sans le savoir. Sur la Cour des Manteaux, il n'a rien de plus que les autres : des gens en manteau qui surgissent et disparaissent, qu'on ne capture presque jamais et qui s'empoisonnent quand on y arrive, pour ne rien dire de la Cour. Du grand accusateur royal, il se moque, aussi incompétent que pédant. Sa conclusion est que tout le monde est perdu et que quelqu'un tire les ficelles.

Un furet noir à tache blanche traverse les tables et vient poser une enveloppe devant Chelinka : à Véloria, les guildes se passent leurs messages par furets, et celui-ci n'est pas celui de Fyrlinel. Le billet est signé Roméo : nouveau plan, la leçon est retenue, l'objet a été revendu dix écus puisque cinq ne suffisaient pas.

Ce qui est sûr, dit Fyrlinel, c'est que le soir même un acheteur a rendez-vous sur le port pour récupérer le vrai, et que tout le monde y sera. Il les fait raccompagner après un dernier verre, en parlant à Chelinka de leur prochaine entrevue.

La leçon de géopolitique du général Beausoleil

Dehors, une dizaine de gardes encerclent l'entrée de la taverne, la main sur le pommeau. Fyrlinel constate que c'est pour eux, referme les battants et disparaît. Un homme s'avance dans le cercle : la tête haute, la carrure d'une vie passée l'épée à la main, la voix d'une vie passée à crier des ordres, l'habit sombre d'un grade élevé sans ornement. Le général Beausoleil, connétable des armées de sa majesté le roi Théodorique Ier et grand général des troupes royales, déjà croisé à la prison d'Agener.

Il commence par les rassurer sur le vicomte Nicholas de Bénévent : celui-ci se couvre, effraie des gens et les fait travailler pour lui. Puis, marchant avec eux dans les rues que les gardes dégagent, il raconte tout.

Véloria s'est alliée à la grande principauté de Makar par crainte d'une attaque du palatinat de Sabrenas. L'empire d'Ambrelin offrait aussi son alliance, à condition que Véloria devienne l'une de ses contrées, ce que le roi a refusé. Makar a surtout une force navale, se trouve loin au nord, et son armée ne vaut pas celle d'Ambrelin, qui partage une frontière avec le royaume.

À l'époque des événements tragiques, Véloria avait demandé à Makar de lui livrer un objet. Bénévent a conseillé au roi d'alors de faire attaquer le navire qui le portait et de faire croire à Makar qu'il avait coulé avec sa cargaison. L'objet est arrivé au palais royal, où il est resté caché depuis. Aujourd'hui, pour solidifier l'alliance, Makar a envoyé une délégation de demoiselles d'honneur, dont Sarah Petrova, qui a vu l'objet au palais, compris ce que c'était et pris sur elle de le subtiliser. Si l'affaire se sait, Makar rompt l'alliance et tout retombe sur Bénévent, qui l'étouffe donc à tout prix.

Le général propose son marché : qu'on lui rapporte l'objet, et il se charge d'apprendre à Makar qu'il n'a jamais été perdu mais volé. L'alliance rompt, Véloria s'allie à Ambrelin, et les armées réunies de l'empire et du royaume font la plus grande force du continent, à sa tête, de quoi écraser Sabrenas et remonter jusqu'à Makar. Il repart en laissant un faux de plus, poudré d'une substance que les chiens savent flairer, pour remonter jusqu'au vrai, et donne rendez-vous le soir même au port.

Le compte, une fois seuls : le faux de la Cour des Manteaux, celui de Jonas, celui des persifleurs qu'ils viennent de racheter, celui de Fyrlinel avec sa marque, celui de Beausoleil avec sa poudre, et un vrai quelque part. Cinq ou six exemplaires, si tant est qu'un vrai existe.

Trois chouettes

Trois chouettes descendent et se posent sur leurs épaules, la troisième tournant dans le vide en attendant que Neptune redevienne visible. Chacune porte une lettre scellée du collège des mages, adressée à la distinguée Spencer, au distingué Lambert et à la distinguée Faramond. On n'en saura pas plus avant l'épisode suivant.

Facts

  • Le jet d'invisibilité de Neptune est si bon qu'elle reste invisible toute la soirée sans avoir à y penser, et que ses compagnons, habitués, sont impressionnés par le résultat.
  • Roberto le Querelleur doit son nom à la table : le maître du jeu n'en avait pas prévu pour lui et l'a demandé aux joueuses. Il meurt quelques minutes plus tard, d'un carreau tiré par le chef de sa propre guilde.
  • Le maître du jeu explique ce qu'est un McGuffin, l'objet prétexte d'une histoire, et avoue que Sarah Petrova devait d'abord s'appeler Sarah McGuffin. Il a trouvé la blague trop grosse.
  • Son plaisir dans cette quête est d'ajouter une couche de faux à chaque épisode et de voir la table se décomposer. La table déteste l'épisode et le dit, tout en le trouvant très bon à jouer.
  • Le tirage au sort du Jeudi PNJ numéro 3 a été oublié pendant l'enregistrement : le maître du jeu l'enregistre seul, après coup, et en sort le nom de Rémi Herbeau.

Références

https://open.spotify.com/episode/5lBtkH2au0N71xDXfBlPRw?si=sgJRsegeSZq7ujsO-EXoFg