Louve Mère

Dieu de la peur, de la protection et de la nuit
La Louve mère protège les enfants, les orphelins, les malades et les soldats blessés au combat. C’est une gardienne bienveillante, veillant sur les enfants laissés sans surveillance et protégeant les arrières des guerriers en difficulté. On dit d’ailleurs que les combattants revenus muets d’une bataille ont vu la louve mère combattre à leurs côtés alors qu’ils sentaient leur force les quitter. Elle , la dévoreuse de lumière, projetant son ombre imposante sur la lune au plus profond de la nuit. Ne tremblez pas devant les ténèbres : si la nuit est sombre, c’est que la Louve mère veille sur vous…
cf. Post Instagram du 20.01.2025
***Louve Mère, pixel art par LeFlopla***
Le grand festival
Ses fidèles, nombreux, célèbrent une grande fête annuelle à la pleine lune. Le Chat Borgne, qui la déteste et trouve ses mystagogues prétentieux, charge sa championne Neptune d’y semer le chaos.
Géraldine en détaille le déroulé à Véloria. Le mois du festival, la chasse aux loups est interdite dans tout le royaume, sous peine de grosses amendes voire de prison. Les portes se garnissent de branches de sapin, arbre de la forêt et symbole de la déesse, et l’on tresse des couronnes de glaïeuls d’abyssin et d’ipomées blanches.
Toute la journée, des combattants s’affrontent dans une arène de bois montée sur la place des Temples : les vainqueurs sont couronnés héros de la lune, et les vaincus blessés au combat célébrés aussi, puisque c’est un honneur d’avoir continué malgré la blessure. La journée est placée sous de bons auspices pour adopter, et le temple de la Louve mère, qui tient plusieurs orphelinats en ville, voit défiler les familles.
Au crépuscule, on relâche dans la forêt, en offrande, les lapins, chevreuils et mulots capturés la semaine d’avant, et parfois un cerf quand on a réussi à en prendre un. À la nuit vient le pèlerinage blanc dans le bois Chevalier, où l’on cueille en silence, à la seule lumière des bougies, les glaïeuls d’abyssin plantés des mois plus tôt pour éclore sous la pleine lune. On allume ensuite de grands feux sur la place, et chacun vient jeter dans un brasier une lame qui a déjà planté un ennemi : une bénédiction pour soi, une malédiction pour l’adversaire, au prix de l’arme. C’est la procession des lames, à laquelle le roi faisait bénir son épée, coutume perdue.
Quand la lune est au plus haut, on éteint toutes les lumières de la capitale : le prêtre de la Louve mère s’adresse à la foule, et si les auspices sont bons, les loups hurlent. Suit un lâcher de papillons de nuit, élevés toute l’année au temple dans de gros bocaux. Les moines muets bénissent les bébés en déposant des glaïeuls dans leurs berceaux et en jetant des pétales sur les enfants. À minuit, les mères de famille arpentent leur maison en jetant derrière elles, sans se retourner, des aiguilles de sapin séchées, et terminent par une poignée jetée devant la porte, refermée sans sortir.
Ce n’est pas la divinité principale du continent, le dieu le plus vénéré restant le Corbeau cramoisi, mais son festival rassemble beaucoup de monde. Cette année, la grande staretz de la déesse a fait le déplacement depuis la grande principauté de Makar pour présider la cérémonie, et l’on attend le prince Léomir.
Le sabotage réussit. Cette année-là à Véloria, les quatre arpents de glaïeuls d’abyssin du bois Chevalier sont retournés et écrasés la veille de la cueillette, le cerf sacré s’échappe des écuries devant la foule avant l’heure du lâcher, et la grande staretz est arrosée d’algues puis précipitée dans l’effondrement de l’estrade au moment d’ouvrir son discours. Ni procession des lames, ni pèlerinage blanc : c’est le pire festival de la Louve mère que la ville ait connu.
Le temple et ses prix
Son temple à Véloria est un temple grec de pierre blanche : une allée centrale encadrée de colonnes, du lierre le long des murs, un silence tel que chaque pas résonne jusqu’au toit. Au centre, une statue de métal noir figure une louve protégeant ses louveteaux entre ses pattes et montrant les dents à un ennemi invisible, à la fois protectrice et furieuse. Des couronnes de fleurs blanches et des bougies couvrent le socle, et des coussins sont disposés autour pour se recueillir.
Le héros de la lune reçoit une couronne de sapin et de glaïeuls d’abyssin qui ne fane jamais, purement décorative, et une ceinture de champion à gros médaillon d’argent en tête de loup. La ceinture ne lui appartient pas : il devra revenir la remettre en jeu au bout d’un an, et le symbole autorise n’importe qui à l’accoster dans la rue pour le défier. Elle donne au choix un argument d’autorité qui emporte quatre négociations sur dix, ou le coup de poing de la Louve mère, dont le poing prend la force d’une mâchoire de loup et laisse une blessure qui saigne sans jamais guérir, que seuls les moines muets savent soigner.
La malédiction des loups
La déesse la jette elle-même, ce que ses disciples ne peuvent pas faire, et il faut l’avoir beaucoup contrariée pour la mériter. Sa formule : trouver la défaite dans tous ses combats, voir ses ennemis puiser leur force dans ses faiblesses, voir ses armes se briser et ses blessures de guerre ne jamais se réparer. Elle marque le cou d’une morsure de loup qui garde éternellement l’air d’être fraîche.
Elle se manifeste différemment selon les personnes : certaines ne peuvent plus prendre les armes, d’autres voient les enfants fuir à leur contact. Aucun autre dieu ne peut la lever, les dieux ne pouvant interférer dans les affaires des autres : il faut accomplir quelque chose de grand pour la Louve mère.
S03E09
D’après Cera, sa querelle avec le Chat Borgne s’envenime au point que les deux dieux envoient leurs champions l’un contre l’autre, et le reste du panthéon commence à prendre parti. Kanacéraphe charge sa prêtresse d’apaiser les choses.
S03E24
La déesse a des disciples au Palatinat de Sabrenas mais aucun temple : Joël et Brigitte, converties lors d'un séjour à Makar, en projettent un depuis des années sans l'avoir monté. Elle leur apparaît pour leur ordonner de prendre Pâquerette avant son ennemi juré, ce qui les met en concurrence directe avec la championne du Chat Borgne sur le même chat.
Sa malédiction se révèle contournable sans elle. Elle marque une personne, corps et âme. Le Chat Borgne sort donc l'âme de Neptune du corps marqué, le temps de guérir une enveloppe vide où la déesse ne reconnaît plus personne. La malédiction s'en va sans jamais avoir été levée, et sans les excuses qu'elle attendait.
S04E04
Deux jeunes disciples prêchent pour elle sur le pont des prêcheurs de Cautel, dans l'espoir que les voyageurs convertis rapportent la religion chez eux. Rappelés à leur vœu de silence, ils ne répondent plus que par signes. Ils n'ont aucun temple sur place.
S04E12 Pt.02
Elle a un temple à Vespéral, tenu par le mystagogue Constant. Son culte y veille sur les enfants et les orphelins, ses disciples y font vœu de silence, et les fidèles qui ont échoué dans leur dévotion viennent y chercher conseil. Les bois sombres et l’obscurité font partie du culte. Les festivités de l’année ont souffert de l’absence du héros de la lune et de sa ceinture.
S04E19
Après des mois de silence, elle ne se manifeste à sa championne Jupiter que pour lui ordonner, comme les autres dieux naissants, de tuer Tilika. Jupiter la renie, et perd ses cheveux argentés avec ses pouvoirs.