S04E17 - L'auberge de la Fouine Moussue
L'épisode "L'auberge de la Fouine Moussue" est le 17e épisode de la saison 4 du Mythe de la Taverne.
Résumé
Dans la clairière des êtres sylvestres, Chelinka affronte en pyjama la championne de l'homme feuillu : Hiromi, sorcière de sauge et gardienne des sylvestres, qui déteste le feu et les magiciens. Le duel tourne mal pour la magicienne, jusqu'à ce qu'un sylvestre rappelle à Hiromi le dôme que Chelinka a bâti pour les siens. La sorcière renonce au combat, et Chelinka persuade l'homme feuillu qu'il a déjà gagné, tant le dieu immolé est affaibli. Le géant retourne dans son arbre, et le dieu boude de ne pas l'avoir vu brûler.
Hiromi suit Chelinka au campement. Elle initie Neptune, qui n'a plus besoin d'aller trouver Delilah : après avoir entendu les différentes voies de la sorcellerie, Neptune choisit celle des rituels, entre malédiction et protection, et devient à la fois clerc et sorcière. Hiromi rend leur pouvoir aux pierres du groupe, puis s'en va en recommandant de se méfier des éboulis.
Au petit déjeuner, Jupiter s'emporte contre ceux qu'elle appelle les boulets des autres dieux, et quitte la tablée. Chelinka se réconcilie avec le dieu immolé, à qui elle explique qu'elle ne peut risquer sa vie pour chacun de ses désirs.
Sous une pluie torrentielle, le groupe trouve un pont de pierre, où l'attend un cavalier qui se dit l'aubergiste de la Fouine moussue. L'auberge, relais de voyageurs bondé, lui garde pile sept chambres, et Vénus rend la caisse volée à Dimitri, l'aubergiste. Chelinka y repère une femme aux cheveux rouges qui ressemble en tout point à Mercure.
Puis la réalité se dérègle. L'aubergiste devient une femme, Daphné, chacun change de place sans l'avoir voulu, et nos héros revivent pêle-mêle des souvenirs de la prison d'Agener et de Véloria. Someul se réveille enfin dans une chambre de château, à la place de Chelinka, dame de compagnie d'une Tilika plus jeune, et découvre un carreau brisé dans la chambre de la princesse endormie.
Description de l'épisode
Comment Neptune fut le fils et l'héritier, fut humaine et eu besoin d'être aimée, comment Someul se réveilla plus proche de la noblesse qu'il ne l'avait jamais été et comment Chelinka se retrouva en pyjama dans des buissons.
Contenu de l'épisode
La championne de l'homme feuillu
Au cœur de la clairière des êtres sylvestres, Chelinka demande son nom à la sorcière au chapeau pointu que lui oppose l'homme feuillu. C'est Hiromi, sorcière de sauge et gardienne des sylvestres, qui ne voit en elle qu'une ennemie : elle déteste plus que tout le feu et les magiciens. Sans attendre de réponse, elle tire de sa manche une baguette de bois sculpté, et une immense branche tordue vient frapper Chelinka à l'abdomen.
Chelinka met le feu à la baguette. Hiromi la jette et la piétine, et quand elle se penche pour la ramasser, Chelinka lui cloue la main au sol dans une gangue de terre. La sorcière répond d'un geste de son autre main : des lianes jaillissent d'un arbre et immobilisent Chelinka, qui les réduit en fumée et retombe sur ses pieds. Hiromi arrache sa main à la terre et fait passer une nouvelle branche au ras de sa tête.
Chelinka demande s'il s'agit d'un combat à mort. Hiromi explique que chacune représente son camp, et qu'une magicienne du feu est l'ennemie de toute la flore de la forêt. Chelinka n'a prévu ni de mourir ni de tuer : tant pis pour elle. Des champignons éclosent autour de la magicienne et lâchent des spores qui lui brouillent la vue. L'éclair qu'elle tente alors de faire tomber sur l'homme feuillu frappe à côté de lui, dispersant les sylvestres, et Hiromi n'en est que plus furieuse. Chelinka esquive tant bien que mal les lianes qui la fouettent, et avale une cuillerée du miel de Cera, qui lui rend la vue.
Le dieu immolé est resté posé au bord de la clairière. Chelinka se précipite pour le reprendre, mais les sylvestres le signalent à Hiromi, qui fait jaillir des buissons tout autour d'elle. Empêtrée, la main tendue vers la lanterne où le dieu se presse contre la vitre, Chelinka voit la sorcière se dresser au-dessus d'elle et entamer un sort, les yeux luisant de violet et le visage parcouru de fines racines vertes.
Une amie de la forêt
Un sylvestre tire alors Hiromi par sa robe et lui chuchote quelque chose à l'oreille. La sorcière demande à la femme de feu s'il est vrai qu'elle a aidé ses semblables, et bâti pour eux un dôme ouvert sur les étoiles. Chelinka confirme : elle l'a fait il y a peu, quand un loup de peau rôdait, et leur a laissé des fioles de flammes qui éclairent sans brûler. Hiromi rengaine sa baguette, les buissons rentrent sous terre, et elle n'a plus aucune raison de l'affronter. Elle aide Chelinka à se relever, en pyjama et des feuilles plein les cheveux, le dieu immolé sous le bras. Débarrassée de la tension du combat, Chelinka découvre une femme de son âge, d'allure asiatique, aux longs cheveux noirs et raides.
L'homme feuillu, mains sur les hanches, demande pourquoi elles ne se battent plus. Hiromi refuse de combattre une protectrice des sylvestres : il est le plus grand esprit de la forêt, presque un dieu, mais il lui faudra trouver quelqu'un d'autre. Chelinka glisse au dieu immolé de se tenir tranquille, puis fait valoir au géant que ce combat devait établir sa puissance. Qu'il regarde l'état du dieu immolé : tant que personne ne croit en lui, il restera ce petit être faible, et chacun chantera les louanges de l'homme feuillu. S'abaisserait-il vraiment à se battre contre lui ?
L'homme feuillu en conclut qu'il a gagné. Il se tourne vers les sylvestres, qui l'acclament en jetant des feuilles en l'air, et leur promet qu'un jour, quand plus personne ne protégera le dieu immolé, il viendra l'anéantir : son ère de terreur prendra fin, et les forêts couvriront le monde sans craindre le feu.
Imo boude
Pendant ce discours, le dieu immolé frappe à la paroi de sa lanterne. Il montre l'homme feuillu, qui leur tourne le dos : c'est son ennemi juré, taillé dans un vieil arbre pourri, et un petit sort suffirait à l'embraser. S'il le brûlait, il deviendrait très puissant. Chelinka refuse. Sans son réveil à temps, le dieu serait peut-être déjà au fond de l'eau, sa lanterne brisée, et ils viennent à peine de sortir d'affaire. Ce sera pour la prochaine fois, quand leur vie ne sera pas en jeu. Imo croise les bras, fronce ses sourcils de feu et se rassoit dans sa lanterne.
L'homme feuillu regagne son chêne et s'y réencastre comme on se couche. L'écorce se referme sur lui, les feuilles de son armure virent aux couleurs de l'automne et tombent lentement, et les sylvestres se dispersent.
Une sorcière venue d'Ambrelin
Chelinka demande à Hiromi si elle connaît Delilah, de la sororité Améthyste. Elle la connaît, mais Delilah vit à l'autre bout du pays, dans la forêt de Séquoia. Chelinka explique que le groupe voulait en savoir plus sur des bijoux de sorcellerie, et qu'une de ses compagnes veut devenir sorcière. Elle invite Hiromi à partager leur repas au campement. La sorcière échange quelques mots avec un groupe de sylvestres, prend son havresac et la suit, alors que la nuit touche à sa fin.
En chemin, Hiromi, ni hostile ni amicale, répond à ses questions. Elle n'est pas née au Jarrier mais dans l'empire d'Ambrelin, et a beaucoup bougé avant de rencontrer les sorcières, il y a quelques années. Elle vit désormais au Jarrier, où elle protège les sylvestres et reste en contact avec les esprits de la nature. Elle ne connaissait pas l'homme feuillu en personne : c'est l'un des plus puissants esprits de la forêt, presque un dieu. Les sorcières ne vénèrent pas les dieux comme les clercs, et ne se servent pas des artefacts comme les magiciens.
Elle avoue qu'elle se faisait une mauvaise idée des magiciens, qui ont tendance à piétiner tout sur leur passage, et trouve Chelinka sympathique. Pour Chelinka, cette réputation tient surtout au Collège des Mages. Hiromi oppose deux manières de faire : les mages contraignent les choses, les sorcières demandent aux arbres, dans un échange d'énergie. Les mages n'ont d'ailleurs pas été tendres avec les sorcières, dont ils ont pillé bien des pratiques.
Les voies de la sorcellerie
Au campement, Neptune et Someul ouvrent les yeux sur Chelinka, couverte de terre et de feuilles, accompagnée de ce qui ressemble à une sorcière. Chelinka pose le dieu immolé, qui lui tire une langue de feu, et fait les présentations. Vénus dort à poings fermés, un pied hors de son duvet, le lit de Lune est vide, Jupiter écoute les yeux ouverts, et Tilika, emmitouflée dans sa couverture, lutte pour garder les yeux ouverts. Hiromi soulève son chapeau pour les saluer.
Neptune veut devenir sorcière et tend à Hiromi la lettre de recommandation des sœurs grises. La sorcière se dit impressionnée : tout le monde ne peut pas pratiquer la sorcellerie, et les sorcières cherchent depuis quelque temps à recruter pour étendre les sororités. Elle propose d'en enseigner elle-même les rudiments à Neptune, pendant que Chelinka va se laver dans un ruisseau voisin.
Neptune n'aura pas à passer par Delilah. Entre elles, Hiromi la trouve peu aimable : sorcière de sauge comme elle, très casanière, elle a maudit il y a des années la fille du seigneur local, qui tenait à abattre un arbre : Desdemona. Les sorcières ne connaissent pas de hiérarchie, à la différence du Collège des Mages. Elles se répartissent en sororités, qui tiennent du clan, et la plus puissante et la plus ancienne d'entre elles porte un titre de sœur supérieure, qui ne lui donne qu'une voix d'ancienneté en cas de crise. Chacune pratique à sa façon.
Il existe bien des sorcelleries. La sorcière de sauge reconnaît plantes et arbres, prépare des remèdes et dialogue avec les esprits de la nature : Hiromi peut faire ployer les arbres, jaillir des racines, pousser des champignons et des fleurs. La sorcière de soufre concocte des potions, chaotique et impulsive, et vit rarement vieille, tant les chaudrons explosent : experte en poisons, elle finit immunisée contre les venins. La sorcière d'argile est à la faune ce que celle de sauge est à la flore : elle parle aux animaux, lit leurs traces, emprunte la force d'un ours ou la vitesse d'un lapin, et peut au prix d'un grand effort voir par leurs yeux, voire prendre leur forme. Plus rare, la sorcière de grenat échange son énergie avec tout ce qui l'entoure et emprunte à son gré la robustesse d'un rocher, la chaleur du feu ou la lumière du soleil. D'autres voies existent, l'une tournée vers les rituels, l'autre vers les insectes et leurs nuées.
Une sorcière doit sculpter elle-même sa baguette. Elle n'est pas indispensable, mais elle aide à canaliser le pouvoir et à viser juste. Hiromi, elle, va devoir s'en tailler une nouvelle.
Neptune, sorcière de rituel
Une sorcière doit choisir sa voie dès le départ, puis s'y entraîner pour y gagner en puissance. Neptune hésite avec la sorcière de grenat, puis choisit la sorcière de rituel, qui prélève cheveux et sang pour façonner des poupées, jeter des malédictions et tracer des cercles de protection. Elle y voit le complément de ses techniques de combat : maudire les ennemis et protéger ses compagnons, en plus de Someul, qui encaisse les coups du groupe. Le nom de cette voie reste provisoire.
Hiromi lui apprend à ressentir l'énergie de ce qui l'entoure et à communier avec certains esprits. Neptune perçoit des choses qu'elle n'avait jamais senties, et se sent investie d'un nouveau pouvoir : la voilà à la fois clerc et sorcière. Le soleil se lève, et Lune sort des fourrés les bras chargés de myrtilles, pendant qu'une autre Lune arrive de l'autre côté du camp avec des pommes, et une troisième avec d'autres fruits. Les trois se rejoignent et déposent leur récolte.
Neptune demande si elle a désormais le droit de pratiquer la magie de la cuisine et de se servir des pierres. Hiromi passe la main au-dessus de sa pierre, qui s'illumine de violet, et fait de même avec celles du groupe : en sorcière, elle lève le blocage et leur accorde le droit d'user de la sorcellerie. Il faudra peut-être les recharger dans quelques années. Le chapeau n'est pas obligatoire, sauf pour qui s'installe dans une hutte comme sorcière attitrée d'un endroit.
Hiromi se réjouit d'avoir rencontré une magicienne sympathique et en parlera aux autres sorcières. Elle demande au groupe de respecter les animaux, les arbres et les sylvestres pendant son voyage en forêt, puis s'éloigne. Elle se retourne une dernière fois : puisqu'on parle d'esprits, qu'ils fassent aussi attention aux éboulis. Elle part sans en dire plus, et le groupe en est réduit aux suppositions.
Le coup de sang de Jupiter
Tout le monde prend son petit déjeuner avec les fruits de Lune, les trois Lunes comprises, et Vénus dévore du poulet. Chelinka coiffe Tilika à l'écart. Jupiter mange, perdue dans ses pensées. Interrogée, elle avoue ne pas comprendre ce qui se passe, où ils vont, ni pourquoi tous les champions ont reçu la même vision, avec des informations aussi vagues. On lui objecte que la vision est au contraire précise, un véritable itinéraire, et qu'il est rassurant de se savoir tous réunis. Lune trouve tout cela ennuyeux, Vénus trouve formidable d'être entre amis.
Jupiter explose. Ils ne sont pas ses amis, ce n'est pas une colonie de vacances mais une mission importante, et elle n'a qu'une hâte : arriver au but pour ne plus avoir à supporter les boulets des autres dieux. Elle jette son repas par terre et s'éloigne à grands pas. Le groupe trouve la charge rude : Jupiter a des problèmes avec son dieu, mais ce n'est pas une raison pour s'en prendre à tout le monde. Vénus, elle, diagnostique un manque de sport, d'hydratation ou de protéines. Lune montre alors le ciel : de gros nuages noirs s'amoncellent.
La réconciliation avec Imo
Pendant que Chelinka brosse les cheveux de Tilika, le dieu immolé sort de sa lanterne et tourne en rond devant elle, brûlant le sol à chaque pas. Il a besoin qu'elle fasse ce qu'il demande pour retrouver sa grandeur et lui rendre ensuite ses pouvoirs. Si elle se tournait vers un autre dieu, il s'éteindrait. Brûler l'homme feuillu n'aurait rien coûté.
Chelinka répond qu'elle veut bien brûler pour lui ce qu'il désigne, comme les bandits qui l'ont fait grandir. Mais elle a une quête, des compagnons, et ne peut mettre sa vie en danger pour le faire grossir sur-le-champ. Si elle compte parmi les derniers à croire en lui, mieux vaut qu'elle reste en vie. Sans le sylvestre, Hiromi l'aurait tuée, et le dieu avec elle. Et si elle ne tenait pas à lui, elle l'aurait laissé mourir dans la cheminée, chez Cornélia. Ils se réconcilient d'un check du poing. Chelinka lui offre une châtaigne gardée de la veille en affirmant croire en sa grandeur. La châtaigne part en fumée, et le dieu grandit d'un millimètre.
Sous la pluie
Le groupe éparpille les braises, plie le camp et reprend la route à travers la forêt jusqu'à l'après-midi, avec une halte pour manger. Les nuages noirs le suivent et finissent par le rattraper : une pluie torrentielle s'abat. Jupiter déplie sa toile cirée et rabat sa capuche, les autres font avec ce qu'ils ont. Trempés jusqu'aux os, pataugeant dans la boue, ils perdent la notion du temps, et le dieu immolé se recroqueville au fond de sa lanterne.
Réfugié sous un arbre, le groupe laisse Chelinka partir en éclaireuse, une main en visière. Elle ne distingue rien au loin, mais son pied quitte soudain la boue pour des pavés bien alignés, qui mènent à un pont de pierre. Ses compagnons sont trop loin pour l'entendre : elle lance au-dessus d'elle une fusée de flammes rouges, en forme de flèche pointée vers le bas, et le groupe la rejoint.
Neptune inspecte le pont, dessus comme dessous, sans rien trouver. Elle remarque en revanche, de l'autre côté, un cavalier encapuchonné qui tient une lanterne vacillante et leur fait signe d'approcher. Le groupe envoie Vénus devant, et Someul la suit sur le pont. Les autres restent en arrière à les observer, ce que Jupiter et Lune trouvent très drôle.
L'auberge de la Fouine moussue
Au bout du pont, le cavalier se présente comme l'aubergiste de la Fouine moussue, là même où le groupe se rendait. Il patrouille par ce temps à la recherche de voyageurs égarés, pour leur offrir l'hospitalité. Someul le voit avec une superbe moustache en guidon de vélo. Il demande de quoi s'abriter, et l'homme leur tend des toiles cirées semblables à celle de Jupiter. Interrogée par Someul, Vénus ne voit qu'un aubergiste moustachu à cheval avec une lanterne, mais elle se souvient d'un pont près d'une auberge dans sa vision.
L'homme les conduit par un chemin de terre jusqu'à une très grande bâtisse éclairée d'une lueur jaune. Sous le porche s'alignent bottes et manteaux : beaucoup de voyageurs ont été surpris par la pluie. On lui a volé la caisse il y a peu, et il espère qu'ils ne sont pas des bandits. Il s'appelle Dimitri. À l'intérieur, l'auberge est bondée, chaude et joyeuse : un feu brûle dans l'âtre, la viande tourne sur la broche, on mange, on boit, on joue aux cartes.
La pluie doit durer. Dimitri explique que l'auberge est un relais, à la croisée de plusieurs routes, où les voyageurs qui campent d'habitude se sont tous arrêtés ce soir. Il reste pile sept chambres, autant qu'il en faut au groupe. Vénus lui rend la caisse, arrachée aux bandits, et il offre les chambres en remerciement. Il tient seul l'auberge depuis des années, et paraît avoir entre cinquante et soixante ans. Il ne connaît pas Ernest Bâtoncreux, sur qui le groupe l'interroge en se demandant si l'auberge ne serait pas un nouveau refuge du repos mérité.
L'aubergiste change de visage
En scrutant la salle, Chelinka remarque une femme seule à une table, aux cheveux rouge foncé et aux bras tatoués d'ailes de corbeau, en tout point semblable au souvenir qu'elle garde de Mercure. Le groupe ignore si la championne du Corbeau cramoisi se souviendra d'eux. Chelinka va la trouver, se présente comme la compagne de Jupiter, Vénus, Lune et Neptune, et la femme accepte qu'elle l'amène à eux.
Au comptoir, Dimitri propose à Someul de deviner le numéro de sa chambre : celui qu'il avance est justement le bon. Il pose ensuite la même question à Neptune, et lui remet la clé de sa propre chambre, prêt à loger ailleurs. Neptune trouve louche un homme aussi généreux avec une inconnue.
Chelinka se retrouve assise à la table du groupe avec Mercure, que les autres championnes reconnaissent, et qui leur demande ce qu'ils font là. L'aubergiste se tourne alors vers Chelinka pour lui demander sa chambre : c'est une femme, qui se présente comme Daphné, l'aubergiste qui est allée les chercher sur le pont. Confuse, Chelinka veut sortir prendre l'air. La voilà accoudée au bar, où Daphné lui sert une bière qu'elle aurait commandée, tandis que ses compagnons la voient se lever de leur table. Elle demande au dieu immolé s'il voit la même chose qu'elle, et se dirige vers la porte. Someul se lève à son tour, une cuisse de poulet à la main, et l'aubergiste lui demande si le plat est à son goût, sans rien remarquer d'étrange.
Des souvenirs qui se mélangent
Someul cherche à comprendre ce qui lui arrive, en vain. Mira lui propose de poser pour elle, nu, enduit d'huile de poisson, un rat sur l'épaule et une rose entre les dents. Il se retrouve dans une cellule de la prison d'Agener avec ses compagnons, puis sur le toit de la Tour de garde, où Mérival lui demande de retrouver son compagnon d'armes Rasmus, que Someul sait sur la place du Tilleul.
Neptune se retourne : Yana propose au groupe de reprendre ses clés et de regagner sa cellule, où Heckel et Jeckel s'étonnent de trouver quelqu'un. Elle ferme les yeux pour ne se fier qu'à ce qu'elle a en tête, sans réussir à y voir clair.
Chelinka rouvre les yeux devant des gardes de Véloria, qui lui ordonnent de faire la queue derrière une longue file de paysans. Elle se demande pourquoi ils revivent tout ce qu'ils ont déjà vécu. Thorpe lui tend une bombe. Elle ouvre la porte pour sortir de l'auberge, et se retrouve dans une chambre de château avec ses compagnons, tous très bien habillés. Le roi Théodorique Ier les prie de lui raconter leurs aventures, le prince Léomir à ses côtés, les bras croisés. Chelinka se pince de toutes ses forces, sans effet, et le roi s'inquiète de ce qu'elle lui fait.
Une nuit au château
Someul ouvre les yeux dans son lit, au cœur d'une riche chambre de château aux draps et aux tentures orange, vêtu d'un riche pyjama. Il est à la place de Chelinka, dont il a désormais les pouvoirs. Sur la table de chevet, une brosse ornementée marquée TM voisine avec un livre commencé la veille. Il fait nuit noire. Un bruit de verre l'a réveillé, venu de la chambre voisine, celle de Tilika Murano, la princesse dont il est la dame de compagnie. Le groupe se demande s'il revit la nuit de l'enlèvement de Tilika, dont Chelinka a été accusée.
Il allume une bougie d'un claquement de doigts, passe un peignoir et sort. Le couloir est désert, les gardes sans doute en pause. Dans une jolie chambre semée de livres et de jouets de bois, Tilika dort paisiblement dans son lit à baldaquin, plus jeune de quelques années que celle qu'il connaît. En se tournant vers la fenêtre, il voit qu'un carreau a été brisé.
Facts
- L'épisode s'ouvre sur le retour de l'équipe du festival Octogone, où elle tenait un stand pour la deuxième année consécutive.
- Le maître du jeu n'avait pas décrit l'aubergiste : il a demandé aux joueuses comment elles l'imaginaient, et a répondu qu'il était exactement tel qu'elles se le figuraient. Il espérait prolonger l'illusion, mais la table a tiqué dès cette réplique, qu'il ne prononce jamais. Le nom de Dimitri est trouvé en séance.
- Au moment où la pluie tombe, le maître du jeu rappelle que le pilote commençait de la même façon : une forêt sous la pluie, et le choix entre une grotte habitée par un ours et un monastère, l'abbaye des Mains vides.
- Pour la dernière scène, le maître du jeu fait passer la fiche de Chelinka au joueur de Someul, qui se sert de son score de perception.
- La sorcière de rituel n'était encore qu'une ligne dans les notes du maître du jeu, et son nom est provisoire : « sorcière de sang » est évoqué. Greffée sur sa classe de clerc, elle donnera à Neptune un ou deux sorts, moins développés que ceux de sa classe principale : une malédiction ou une bénédiction à partir d'un cheveu ou d'une goutte de sang, puis des cercles tracés au sol.
- La table compare Hiromi à Palmer Hawke, sorcier de sauge des Sorcières de Véloria.
- Prendre le miel de Cera ne demande aucun jet : depuis la saison 3, une héroïne peut, à son tour, faire une action qui ne nécessite pas de jet.
- L'éclair que Chelinka rate sur l'homme feuillu est son sort Fatale Foudre. Parmi ses avantages de niveau 5, elle a pris Compagnon, Expertise et Majoration, et n'a toujours pas choisi la forme de son compagnon.
- Someul envisage de renoncer à son avantage Vigueur, qui lui donne une blessure supplémentaire, maintenant que Neptune pourra aussi protéger le groupe.