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episodes/saison-3

S03E25 - Le quartier des mécaniciens + GROSSE ANNONCE !

L'épisode "Le quartier des mécaniciens + GROSSE ANNONCE !" est le 25e épisode de la saison 3 du Mythe de la Taverne Ainsi que le 88e épisode enregistré par le groupe.

Résumé

Une tuyère nommée Annalise attendait les ambassadeurs à l'officine de l'union mécanique et se charge de la visite. Elle leur explique comment tient l'innovation à Sabrenas : des mécènes financent des concepteurs, qui apportent leurs plans à l'officine, où les tuyères négocient prix et délais avant d'expédier la commande par tube de cuivre jusqu'à un atelier.

Le précurseur Alexander Faust dirige tout cela. Il raconte lui-même comment il en est arrivé là : condamné par un mal incurable, concepteur sans mécène, il a passé des nuits à étudier la grande horloge jusqu'à savoir en miniaturiser le mécanisme, puis s'est greffé seul le cœur mécanique qu'aucun concepteur n'acceptait de lui poser. Il laisse au passage un secret de l'horloge : à dix heures pile, son ombre pointe vers le quartier des mécaniciens.

Someul commande des griffes rétractables pour son gantelet et Chelinka un sifflet à longue portée, tous deux livrables le soir même après quelques arguments sur les délais. Un golem mécanique de la taille d'une poupée, Stan, s'accroche au pantalon de Someul et ne les quitte plus. La visite passe par la fonderie, les ateliers, la boutique des objets rejetés et une vente aux enchères d'objets jamais réclamés, d'où Neptune ressort avec une canard-balette et Chelinka avec un bracelet empoisonneur.

Reste l'horloge, qu'Annalise ne voulait pas leur montrer : on lui a dit que ce n'était pas une bonne idée. Elle finit par céder. Tout en haut, sous le cadran, Neptune désigne une machine qu'elle est la seule à trouver suspecte : un cube de rouages haut comme un homme, flanqué de quatre ampoules énormes, installé là depuis un an ou deux sans que l'officine ait été prévenue de la moindre rénovation.

Le groupe fait le rapprochement avec l'enlèvement de Tilika, contemporain de cette installation. Plutôt que d'aller interroger le précurseur, Annalise accepte d'ouvrir les archives des commandes pour retrouver qui a passé celle-là.

Description de l'épisode

Comment Someul passa des golems aux robots, comment Chelinka offrit une canne très spéciale à Neptune et comment Pâquerette miaou miaou MIAOU miaou miaou prrrrrrr mirrraou.

Contenu de l'épisode

Une tuyère nommée Annalise

L'officine de l'union mécanique tient le milieu d'une étoile dont le quartier occupe toutes les branches, et l'intérieur soutient la comparaison avec la grande bibliothèque du collège des mages ou le jardin de cristal du palais royal. Des milliers de tubes de métal brillant tissent une toile de cuivre au plafond, percent les murs et plongent d'un coup vers le sol en une colonne dense, comme les tuyaux du plus grand orgue du monde. Autour, des bureaux disposés en cercles concentriques, du bruit partout, de l'argent qui change de mains, des coffres qu'on ouvre et compte, et des araignées mécaniques de la taille d'un chat qui emportent les pièces et les documents.

Les deux mondes ne se mélangent pas. Derrière les bureaux, des gens en chemise claire et écharpe de soie vert sapin, calmes, organisés, imperturbables. Devant, une foule en costume gris anthracite aux ornements d'argent, les bras chargés de rouleaux et de pochettes de cuir, pressée, inquiète, occupée à dissimuler ses papiers des regards voisins : entre eux, quelques croche-pattes, quelques coups de canne et même quelques gifles, donnés et reçus avec le plus grand sérieux.

Une femme à queue de cheval, frange droite et lunettes en demi-lune arrive en courant, à bout de souffle : elle est Annalise, on l'a avertie de leur venue et chargée de leur faire visiter. Le chat blanc perché sur l'épaule de Someul passe pour une bête sauvage qu'il vaut mieux ne pas approcher.

Comment marche l'innovation à Sabrenas

Il y a quelques centaines d'années, explique-t-elle, Sabrenas a jugé qu'il valait mieux pour tous que les mécaniciens cessent de travailler chacun dans son coin à des prix qui n'avaient rien à voir. Depuis, tous répondent à une seule maison, l'officine, et les commandes leur arrivent par les tuyaux.

Trois étages se partagent l'innovation. En haut, les mécènes, familles fortunées qui financent des concepteurs dans l'espoir qu'un jour l'un d'eux ait l'idée qui révolutionnera le pays. Au milieu, les concepteurs, qui ont les idées et les plans mais pas les mains. En bas, les mécaniciens, de très loin les plus nombreux, qui fabriquent, répartis en ateliers sous l'autorité d'un maître mécanicien. Entre les deux, une bonne centaine de tuyères comme elle reçoivent les concepteurs, négocient le prix et le délai, roulent le plan dans un cylindre et l'expédient à l'atelier. Au-dessus de tout le monde, le précurseur.

Le cœur mécanique du précurseur

Alexander Faust déambule entre les bureaux, canne à la main, gestes lents et précis, phrases courtes. De temps en temps il sort une petite clé d'une poche intérieure, déboutonne sa chemise et l'insère dans les rouages qu'il porte au milieu du torse.

Neptune, en chat, se faufile entre les chevilles, fait des huit autour des jambes du précurseur et se fait poser sur son épaule, d'où elle réclame la clé pour jouer. Faust s'étonne surtout qu'il y ait un chat dans son officine, et que les ambassadeurs ne soient que deux : leur amie est souffrante, elle se repose.

Il raconte son histoire sans qu'on ait à insister. Il y a quelques années, les médecins lui ont diagnostiqué un mal du cœur incurable. Il était alors concepteur peu connu, sans travaux reconnus et sans mécène, et le temps lui était littéralement compté. Il s'est mis à étudier la grande horloge, achevée il y a plus de quatre-vingts ans et devenue le symbole de la libération et de la direction prise par le pays, jusqu'à comprendre comment les maîtres concepteurs d'avant l'avaient imaginée, puis à miniaturiser leur mécanisme. Aucun concepteur n'a voulu tenter la greffe : il s'est opéré lui-même, y a presque laissé la vie, et reste évasif sur la manière, de peur qu'une vague de téméraires ne s'y essaie. Le succès lui a valu la renommée dans tout le pays, une place parmi les grands de Sabrenas qu'il délaisse, et le poste de précurseur.

Au passage, il livre un secret de l'horloge que peu de non-Sabrins connaissent : à dix heures pile, son ombre pointe vers le quartier des mécaniciens. Il confirme aussi avoir connu Magdalena Hart, conceptrice de génie et mécanicienne, à qui l'on doit une bonne part de ce qu'est le palatinat, les araignées mécaniques comprises.

Passer commande

N'importe qui peut commander un objet mécanique, à une condition : savoir le dessiner. Someul demande des griffes rétractables pour son gantelet, qui sortiraient quand il serre le poing. On lui propose le lendemain matin, ce qui ne va pas du tout puisque la journée aura rebouclé : l'argument du héros de la lune ne prend pas, celui d'une pistole d'or glissée dans la poche du tuyère, oui, et le plan passe devant les autres dans l'emploi du temps.

Chelinka commande un sifflet à longue portée, un sifflet très puissant monté sur un entonnoir qui projette le son, capable de porter jusqu'à la ville d'après pour rappeler des compagnons quand on est perdu. Là aussi le délai tombe à demain matin, et là aussi il se rattrape, cette fois en invoquant une mission officielle d'ambassade.

Pendant qu'ils parlent, quelque chose tire sur le pantalon de Someul : un golem mécanique haut comme une bouteille de vin, une boîte à outils qui aurait pris vie, avec des yeux qui brillent et des tournevis, un scalpel et une clé à la place des mains. Il grimpe dans une poche et s'y installe.

La boutique des objets rejetés

Annalise les sort de l'officine pour la suite. La fonderie d'abord, où l'on coule dans des moules le métal des pièces qui circulent au palatinat. Les ateliers ensuite, petits ou grands, riches ou pauvres : un concepteur au gros mécénat peut payer un atelier pour qu'il ne travaille que pour lui, et tous vivent dans la peur du vol d'idées. C'est pourquoi les plans sont détruits dès la commande livrée, par une branche du réseau de tuyaux qui aboutit dans une cuve où le papier brûle et le cuivre des cylindres fond pour être refait.

Le quartier n'a qu'une boutique, à son entrée, où l'on met les objets qu'un défaut a fait refuser par leur commanditaire, plutôt que de les détruire. Chelinka y déniche un grappin qui tient dans la main, dont la bobine se déroule parfois trop vite et enroule le fil autour du tireur. Someul déballe d'un drapeau une haquebute dont la balle reste de temps en temps coincée dans le canon, pour repartir sans prévenir un ou plusieurs tours plus tard. Le vendeur défend chaque défaut comme mineur. Ils reposent les deux.

Trône au milieu un Cid débranché, tête baissée et bras ballants, venu de la prison d'Agener, programmé pour le service dans une maison noble. Son défaut est ailleurs : le mécanicien chargé de graver ses cylindres vocaux, réputé irritable et sarcastique, n'y a mis que des insultes. Il obéit pourtant, et sert le verre d'eau qu'on lui demande en proposant d'aller plutôt chercher le fleuve entier, ou l'eau à la fonte d'un glacier. Il est à vendre cinq pistoles d'or, trois pistoles et six deniers au dernier prix, et personne n'a la place de le transporter.

Le vendeur reconnaît en revanche le golem de la poche : c'est Stan, un Cid miniature commandé puis laissé pour compte, expert en crochetage de serrures, qui traîne dans le quartier et qui a l'air de les aimer bien.

La vente aux enchères

Dernier arrêt, un bâtiment à l'écart. Les objets que les concepteurs ne viennent jamais réclamer, ou qu'ils refusent de payer à la livraison, partent aux enchères, au débit d'un commissaire-priseur.

Défilent un système de défense dorsale, sac à dos dont un levier fait jaillir une catapulte miniature par-dessus l'épaule pour propulser un caillou droit devant, adjugé à un concepteur. Puis une canard-balette, canne à pommeau de canard dans laquelle est dissimulée une arbalète à trois flèches, parfaite pour introduire une arme là où les armes sont interdites : Someul la remporte à quatre pistoles et demie pour Neptune, qui la retrouvera dans l'inventaire de son corps. Puis un bracelet empoisonneur, à minuscule lame rétractable qui inocule un poison quand on serre une main, que Chelinka emporte à trois pistoles après que le chat est monté sur les genoux de la surenchérisseuse pour y planter ses griffes. Puis un poing rétractable à usage unique, qui triple la force d'un coup ou part comme projectile, adjugé à Someul une fois le concurrent moustachu occupé à éternuer, le chat lui ayant passé la queue sous le nez. Une paume magnétique, gant qui désarme ou attire les objets de fer et se recharge à la magie de la foudre, part sans amateur dans le groupe, désormais pauvre.

Le cube dans l'horloge

Il reste l'horloge, et Annalise la vend mal : à l'intérieur ce ne sont que de gros rouages imbriqués, elle est plus belle du dehors, cela ne va pas les intéresser. Poussée un peu, elle finit par lâcher que quelqu'un lui a dit que ce n'était pas une bonne idée de leur montrer les dessous du joyau de l'ingénierie sabrine. Elle cède, jette des regards autour d'elle et les fait entrer vite par la porte même qu'ils avaient crochetée la première fois, cette fois en toute légalité.

Devant une meurtrière, Chelinka revoit l'éclat d'avenir attrapé chez Jaspe : eux montant cet escalier en courant, et un dirigeable dans le ciel nocturne de Sabrenas. En haut, sous le cadran immense et dans le vacarme des rouages, Annalise récite sans conviction ce qu'il y a à voir.

C'est Neptune qui la reprend. Dans les rouages qu'ils avaient été incapables de distinguer les uns des autres la première fois, une chose dénote : un cube haut comme un homme, hérissé de leviers, avec à chaque coin une ampoule de quarante centimètres de côté, allumée. Annalise en fait le tour, fronce les sourcils et le date d'un an ou deux au maximum, alors que l'horloge est achevée depuis quatre-vingts ans. Elle n'a jamais travaillé dessus, n'est pas de l'équipe de maintenance, et surtout : une rénovation aurait dû passer par l'officine, dont les registres n'en disent rien.

Neptune ne peut plus parler et dessine. Une clé, un cœur, une horloge : les deux sont-ils liés, le précurseur remonte-t-il le temps avec sa clé ? Non, la lumière verte vient de la tour du château, et le cœur n'a que cinq ou six ans. Puis eux trois derrière des barreaux, et un x24. Deux ans, la prison d'Agener, l'époque de l'enlèvement de Tilika. Elle saute dans le sac de Chelinka et en ressort la brosse de Tilika, la seule chose qu'elle ait d'elle. Une machine cachée dans l'horloge qui servirait à retenir Tilika quelque part, et quatre ampoules allumées depuis deux ans. Stan, posé sur le cube, hausse ses épaules mécaniques.

Annalise n'a jamais vu ça et veut en parler au précurseur, ce dont on la dissuade : si la machine est là sans que personne le sache, c'est pour une raison, et cela vient de plus haut. Elle est déjà venue avec des étrangers dans une horloge où elle n'était pas censée les emmener. On lui propose autre chose : les plans sont brûlés, mais la loi oblige à archiver les commandes. Une visite des archives leur sert de prétexte, couvre Annalise et lui donne la réponse sans qu'elle ait à se mettre en danger. Elle tend la main.

Facts

  • L'officine est venue d'une envie du maître du jeu, qui parlait du quartier des mécaniciens depuis longtemps sans qu'on y aille, et qui a écrit le lieu d'un coup. Ses deux inspirations sont l'administration à tubes de Futurama et la salle des archives du jeu Control.
  • Neptune étant muette pour l'épisode, toute la partie se joue en dessins que la table doit interpréter, plus un miaulement pour oui et deux pour non.
  • Le petit golem de la table est une vraie peluche, envoyée par les mêmes personnes qui avaient fait le Dark-en-Ciel, faite de matériaux recyclés, avec des outils aimantés dans le dos.
  • Un dernier objet des enchères n'a pas été présenté faute de temps, et le maître du jeu le garde pour ses révélations.
  • L'annonce de fin d'épisode : un livre de règles écrit et autoédité par l'équipe, Les enquêtes du DAP, tiré de leur hors-série, vendu en avant-première sur leur stand à la convention Octogone des 18, 19 et 20 octobre 2024.

Références

Épisode#25 - Le quartier des mécaniciens + GROSSE ANNONCE !