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Lieux

Palais royal de Véloria

Le palais du roi de Véloria n’est pas bâti sur le pont qui enjambe l’Alconquin juste avant que le fleuve ne se jette dans la mer : il est ce pont. C’est le bâtiment lui-même qui fait la jonction entre les deux rives, si bien qu’on ne traverse pas. De la place du Tilleul on n’en aperçoit qu’une toute petite portion, tant il est gigantesque.

À l’intérieur règne une richesse tranquille et des corridors déserts : tapisseries aux murs, grandes colonnades, salles vides mais ornées d’or. Tout paraît construit pour des gens beaucoup plus grands que les visiteurs, escaliers immenses et murs très hauts, et l’on s’y perd assez pour être incapable d’en ressortir seul. Des portes dérobées se dissimulent derrière les tapisseries et donnent sur des salons privés.

Au dernier étage se trouve le jardin de cristal.

Le jardin de cristal

Ce n’est pas une salle de banquet mais un véritable jardin intérieur. Un plafond de cristal couvre toute la salle et filtre la lumière du soleil, qui vient se poser sur des plantes vivaces, du lierre remontant le long de statues de marbre, des fontaines sculptées, des parterres de fleurs et des allées de rosiers entre lesquelles les convives déambulent. Au centre, un grand espace rond dégagé sert de piste de danse, et au fond, face à l’entrée, s’étend la table royale.

Là où il n’y a pas de fleurs, le sol de dalles luisantes porte une fresque gigantesque figurant des héros mythiques et des créatures légendaires. Des colonnades épaisses montent jusqu’au plafond de cristal, des tapisseries et des peintures couvrent les murs, des coussins de velours tissés d’or garnissent chaque banquette. Des plateaux d’or chargés de coupes de cristal circulent entre les invités, et de nombreuses ouvertures donnent sur un balcon qui court sur tout un côté du palais, avec une vue imprenable sur la mer du Couchant et, quelques étages plus bas, sur l’Alconquin qui sort en torrent sous le pont.

La coutume veut qu’aux festivités royales, des places restent libres à la table royale pour des invités d’honneur.

Un labyrinthe de haies occupe le milieu du jardin, où l’on se promène à l’écart de la piste, et des salons plus privés bordent la salle, fermés d’un rideau de velours. La salle reste d’un seul tenant : du balcon on ne voit rien de ce qui se passe dans les allées.

Aux abords de la table royale, d’autres tables portent la vaisselle, les verres de cristal et l’argenterie du palais. Entre deux valses, les convives s’y livrent à un jeu d’esprit : on tire deux mots dans des bocaux de petits papiers, et il s’agit d’improviser un vers qui les fasse rimer. L’assemblée applaudit les meilleurs.