S03E04 - La chasse royale
L'épisode "La Chasse Royale" est le 4e épisode de la saison 3 du Mythe de la Taverne Ainsi que le 67e épisode enregistré par le groupe.
Résumé
Séparés en trois groupes dans le bois Chevalier, Someul, Chelinka et Neptune passent la chasse à faire parler la famille royale. Céliane cuisine Someul sur sa mission et sur ses fils : Théodorique est trop mou, Léomir trop impulsif, et elle n'aurait choisi ni l'un ni l'autre pour le trône. Le roi n'ayant pas d'héritier, c'est Léomir qui lui succédera.
Le roi, lui, se confie à Chelinka. Son père Enguerrand a passé son règne à guerroyer et à emprunter, la dette est colossale, et les taxes qu'il doit lever lui valent le mauvais rôle. Emmené enfant sur une campagne, il n'y a vu que la mort : il n'y aura pas de guerre sous son règne. Chelinka lui apprend alors que Nicholas de Bénévent, qu'il envoie le jour même négocier au palatinat de Sabrenas, lui a menti sur l'artefact makarien qui a fini dans les rues de Véloria, et propose leurs services.
Auprès de Léomir, Neptune s'entend dire qu'elle n'est que le nouveau jouet du roi, puis recueille tout ce que le prince pense : un mariage subi, une alliance inutile, et un frère qui laisse pourrir les affaires du royaume au lieu de montrer sa force à Sabrenas.
Un loup gris jaillit des fourrés et emporte l'avant-bras de Léomir. Neptune saute de sa monture et lui plante le Dark-en-Ciel dans le flanc, et la bête s'enfuit. La traque mène à une clairière où la meute est massacrée, et Léomir lève son épée sur une louve et ses petits. Les trois s'interposent, le roi finit par lui ordonner de baisser son arme, et fait des louveteaux la future meute de la chasse royale.
Le roi les prend à part, les adoube chevaliers de Véloria et les nomme ambassadeurs à Sabrenas à la place de Bénévent, avec pour mission un traité de non-agression et un prêt d'argent. Ils choisissent Tristram pour les accompagner et doivent rejoindre le port avant que le navire ne parte.
Description de l'épisode
Comment Someul fut très fort pour énoncer des vérités générales, comment Neptune réaffirma sa haine viscérale pour tout ce qui touche aux loups et comment Chelinka mit le grand accusateur royal dans la sauce
Contenu de l'épisode
L'interrogatoire de la reine mère
Someul chevauche en tête du troisième groupe, Céliane au milieu et Duncan de l'autre côté, dix gardes derrière dont elle demande à quoi ils servent contre des lapins. Elle le toise et commence par le prendre de haut : attend-il qu'un de ses fils lui jette quelques piécettes pour financer sa prochaine beuverie ? Elle baisse les yeux sur sa ceinture de héros de la lune et change de ton. Un guerrier, voilà quelque chose qu'elle respecte.
L'interrogatoire se resserre. Ses épaules disent le fief de Bardache, et elle demande des nouvelles du seigneur Ademar, qu'elle connaît. Someul se dit en mission depuis des années, une mission dont il ignore lui-même le contenu. Elle propose alors d'aller la demander à Tristram. Il se présente comme le fils du mage Lambert, celui d'Ademar : elle ne se souvient pas qu'il ait eu un fils. Elle relève aussi qu'il est le seul représentant de Bardache à cette chasse, Mérival ayant décliné pour son seigneur.
Puis elle demande ce qu'il pense de ses fils, et n'attend pas la réponse. Théodorique est trop mou : il ne sait pas décider, laisse les situations s'envenimer jusqu'à être coincé. Léomir est trop impulsif et trop sûr de lui. Elle les aime tous les deux et n'aurait choisi ni l'un ni l'autre pour la tête du royaume. Elle raconte avoir dû intervenir pour empêcher le roi de s'allier avec une île de cent habitants dont l'émissaire lui inspirait confiance. Sans elle, on ferait encore défiler les ambassadeurs dans la salle du trône.
Someul lui rapporte que le général Beausoleil penchait pour l'empire d'Ambrelin, ce qu'elle ignorait, et se fait remarquer qu'il en sait beaucoup pour quelqu'un qui disait ne pas pouvoir donner d'avis. Sur la succession, elle est claire : le roi est marié mais sans descendance, il a publiquement désigné Léomir pour héritier il y a des années, et c'est ensuite le fils de Léomir qui prendra le trône.
Un lapin sur le roi
Ailleurs dans le bois, Chelinka a mis pied à terre avec le roi et Brunhilde, les chiens ayant flairé une piste. Elle repère un gros lièvre que la meute a perdu, à sa droite, quand le roi est à sa gauche. Elle décide de le faire passer sous terre pour le sortir devant lui.
Le sol s'ouvre sous l'animal, qui disparaît, et ressort dans une gerbe de terre en plein sur Théodorique. Le lièvre court sur la cape royale, les chiens se jettent dessus, le roi tombe à la renverse, et le lièvre file dans les fourrés pendant que la cour s'affole.
Le roi se relève sans rien dire de l'incident et fait venir son mage conseiller, Adeliphas Bonjoyeux. Un écuyer amène un cheval sur lequel le très vieil homme dort assis, en habit du collège des mages. Réveillé d'une tape sur la jambe, il récite la version officielle : un énergumène déguisé en Callum est venu faire n'importe quoi au mariage, il a été contenu, et ce qui s'est passé au collège des mages n'était qu'une expérimentation qui a mal tourné. Puis il se rendort.
Théodorique explique ensuite qu'un mage conseiller est envoyé par le collège, qu'on ne peut le remplacer qu'à sa mort ou à sa retraite, et qu'on bichonne donc soigneusement celui-là. Il soupçonne le collège d'utiliser ces conseillers pour espionner la famille royale.
Ce que le roi ne dit pas en public
Chelinka lui répond que la version du collège n'est pas celle qui circule dans ses murs, où l'on parle d'explosion, de l'arrivée de Callum et d'un retournement contre le pouvoir. Le roi ne s'en étonne pas : le collège est une institution fermée, il y a longtemps qu'il n'attend plus qu'on lui dise la vérité.
Interrogée sur ce que le peuple pense de lui, elle répond avec ménagement qu'on était habitué à une poigne plus ferme. Il achève lui-même le portrait. Son père était belliqueux et a fait la guerre presque tout son règne. La guerre rassemble le peuple derrière un idéal et lui fait oublier ce qu'elle coûte. Enguerrand a emprunté aux fiefs et aux pays voisins, et lui hérite d'une dette colossale qu'il ne peut tenir qu'en augmentant les taxes. Le mauvais rôle lui revient.
Emmené à dix ans sur une campagne pour voir ce qu'est un grand guerrier, il n'y a vu ni grandeur ni victoire, mais la mort, les champs piétinés et le feu. Il s'est juré de ne jamais y ramener le royaume : sous son règne, la paix du roi rayonnera jusqu'aux frontières et au-delà, et il n'aura pas d'ennemis, seulement des gens dont les opinions divergent des siennes.
Le nouveau jouet du roi
Dans le groupe de Léomir, pendant que les nobles parlent du cours du vin et des remparts sud-est, Neptune voit le prince et Hadrian s'écarter, accroupis sur une trace. Elle les rejoint franchement : ils traquent un sanglier, et elle demande à apprendre des meilleurs.
À cheval, côte à côte, le silence s'installe puis Léomir attaque. Elle est le nouveau jouet de son frère, qui s'amuse d'avoir des têtes neuves au château et la fera sortir quand elle aura cessé de l'amuser, à moins qu'elle n'attende, elle aussi, quelques piécettes. Elle répond qu'elle a rencontré le roi par les circonstances du gâteau de mariage, et que s'il voit les choses ainsi, soit.
La conversation tourne quand elle lui demande s'il s'est amusé à son mariage. Aimerait-elle, elle, épouser une bouseuse venue d'un pays lointain qui sent la marée et ne parle pas la langue ? Neptune dit comprendre qu'on n'ait pas choisi la personne à qui on est lié, et cette phrase le déride.
Il déballe alors le reste. L'alliance avec Makar était inutile, Véloria étant assez puissante pour se passer d'aller chercher des pêcheurs au nord du continent. Elle vient de la peur qu'inspirent les rumeurs venues de Sabrenas, ancien fief de Véloria devenu indépendant après une guerre il y a plus de cent ans, dont la comtesse palatine Irena parle de reconquérir les territoires perdus. Il aurait fallu envoyer la flotte montrer où se situe le pouvoir, plutôt que multiplier les émissaires et les taxes : le pouvoir appartient à qui est assez fort pour s'en saisir. Sur le seigneur Ademar, qui refuse le contact et n'est pas venu au mariage, son frère préfère encore attendre que le problème soit à sa porte. Le royaume n'a pas besoin d'un mécène, il a besoin d'un roi, et son frère n'est pas fait pour cela.
Quand Neptune évoque la tournée des fiefs que le roi lui destine, Léomir arrête son cheval : il n'en avait pas entendu parler.
Bénévent dans la sauce
Auprès du roi, Chelinka en vient à Nicholas de Bénévent. Il n'a pas pu venir : le roi l'envoie le jour même comme ambassadeur de la paix royale au palatinat de Sabrenas, avec un cousin de la famille royale, des présents et une escorte, pour y signer un traité.
Elle lui rappelle alors l'artefact venu de Makar, perdu des années plus tôt. Le roi s'en souvient : attaqué par des pirates, coulé avec le navire, et c'est Bénévent qui le lui avait dit. Chelinka lui apprend qu'il a refait surface dans les rues de Véloria, retrouvé par une certaine Sarah Petrova, et qu'ils ont eux-mêmes eu affaire à Bénévent pendant qu'il le cherchait par tous les moyens. Elle n'a plus de preuve, mais il traîne encore dans la capitale assez de faux artefacts pour en témoigner.
Le roi ne s'en étonne guère. Il a peu confiance en son entourage : il avait déjà envoyé Plutarch en mission dont celui-ci n'est jamais revenu, et il pense qu'il s'est soustrait à son devoir. Il se demande tout haut s'il ne devrait pas confier ces choses à des gens plus proches du peuple. Chelinka propose alors leurs services, à eux trois, pour contribuer à la paix du royaume, y compris pour accompagner Bénévent, voire pour y aller à sa place. Le roi la regarde sans répondre.
Le loup
Léomir donne un coup d'étrier pour aller demander des comptes à son frère quand une masse de fourrure jaillit des fourrés et le jette à terre. Un énorme loup gris lui tient l'avant-bras dans la gueule et secoue la tête pendant qu'il hurle.
Le cheval de Neptune se cabre. Elle s'accroupit sur sa selle, saute, et plante le Dark-en-Ciel dans le flanc de l'animal, qui lâche le prince et recule. La lame reste fichée dans la bête. Elle dégaine son épée de l'Œuf d'or et charge, pointe en avant, mais le loup s'écarte et la lame se plante dans un tronc.
Des cris et des galops arrivent des deux côtés : Céliane et Someul d'une part, Théodorique et Chelinka de l'autre. Le loup a disparu, laissant une piste de sang. Un maître chien explique que les loups ont gagné du terrain depuis l'interdiction de chasse pendant le festival de la Louve mère, et qu'ils s'approchent maintenant de la capitale. Chelinka écarte les guérisseurs venus bander le bras du prince pour lui poser un cataplasme de plantes. Léomir se relève, les repousse tous, et ordonne qu'on traque le loup.
La meute et les louveteaux
La piste de sang mène à une clairière où un amas rocheux surmonté d'un arbre abrite une dizaine de loups autour de la carcasse du sanglier qu'on traquait. Les chasseurs dégainent, Hadrian encoche une flèche, la meute se rassemble en grognant. Someul, que les loups n'attaquent pas depuis qu'il est héros de la lune, envisage de s'interposer et y renonce devant une trentaine d'hommes prêts à charger. Les traits partent, les chiens sont lâchés, et l'affaire est réglée vite : tous les loups sont abattus, plusieurs hommes mordus.
Sous les rochers se tient une louve avec une portée de nouveau-nés maladroits, elle-même affaiblie, qui lèche ses petits en montrant les crocs. Léomir dégaine et s'avance. Les trois s'interposent tour à tour : le héros de la lune doute que la Louve mère voie d'un bon œil le massacre d'une famille de loups, Neptune prévient que le peuple y verrait un affront à la déesse, Chelinka invoque la grande staretz. Le prince répond que ce sont des bêtes dangereuses qui ont attaqué la royauté, que l'interdiction de chasse est levée depuis longtemps, et qu'il n'a pas d'ordre à recevoir. Céliane, consultée, préfère qu'on le laisse faire.
Léomir les pousse tous les trois de côté et lève son épée. Une voix l'arrête : celle du roi. Théodorique lui ordonne de baisser son arme, au nom de son roi. Le prince tremble de rage, garde un instant la lame en l'air, puis la jette aux pieds de son frère et s'en va.
Le roi demande à son maître chien si l'on peut élever des louveteaux comme des chiens. Personne n'a jamais essayé, mais ce doit être possible. Il lève alors le bras de Someul devant l'assemblée et annonce que ces louveteaux formeront la meute de la chasse royale, une bénédiction de la Louve mère. La clairière applaudit.
Chevaliers et ambassadeurs
Le roi les emmène marcher à l'écart et demande pourquoi ils ont fait cela. Parce que l'acte était dicté par la colère et l'ego, répondent-ils, et parce qu'un symbole de la Louve mère ne méritait pas d'être anéanti pour un loup isolé. Il leur dit que leur jugement lui plaît, qu'ils lui inspirent confiance, et leur demande de faire quelque chose pour la couronne.
Ce sera l'ambassade au palatinat de Sabrenas, à la place de Bénévent. Il dicte à un scribe une lettre déclarant que Lambert, Spencer et Faramond sont des protégés du roi et ambassadeurs assermentés, puis exige un serment d'allégeance. Someul hésite : prêter serment au roi, alors qu'il sait son seigneur brouillé avec la couronne, revient à choisir un camp. Il s'agenouille quand même. Le roi tire son épée, les fait se relever chevaliers de Véloria, porteurs de la flamme éternelle du soleil royal, et leur donne l'accolade.
La mission tient en deux points : un traité de non-agression, et un prêt d'argent, puisque le royaume manque de fonds et qu'un créancier se sent trop puissant pour attaquer. Si la guerre menaçait vraiment, le roi est prêt à céder des territoires, mais en aucun cas il n'en fera une. Sur place, une vieille femme les aidera : Aliénor, une noble vélorienne veuve implantée à Sabrenas depuis très longtemps, dont personne ne sait l'origine et qui connaît toutes les coutumes du palatinat. Il faudra trouver un prétexte pour l'approcher et lui faire comprendre qui les envoie.
Ils voyageront avec une vingtaine de soldats dont cinq écus royaux, un cousin de la famille royale, et l'un des six chevaliers du roi, à leur choix. Ils écartent Edric le corruptible, Gregor dont les talents valent pour une flotte entière, Hadrian et Duncan plus utiles auprès du roi, et hésitent entre Brunhilde, dont ils sont sûrs, et Tristram, dont ils ne le sont pas. C'est Tristram qu'ils prennent : la mission est de recueillir des informations, et mieux vaut l'avoir à côté de soi qu'ailleurs.
Le roi les conduit à l'orée du bois. Le navire part du port de Véloria dans la matinée.
Facts
- Le maître du jeu annonce que la séance suivante s'ouvrira sur un compte à rebours réel : si le groupe n'est pas à bord à la fin du minuteur, le bateau part sans eux et Bénévent redevient l'ambassadeur.
- Le lièvre expédié sur le roi vient d'un jet réussi à 95 sur 65 en pouvoir : Chelinka voulait le déposer devant lui.
- Le prénom d'Aliénor est déjà porté par un autre personnage de la campagne. Le maître du jeu assume l'avoir réutilisé sans y penser.
- Personne autour de la table ne se souvient d'où le groupe tient la tournée des fiefs que le roi destine à Léomir, information que Neptune lui sert en pleine conversation. Le maître du jeu tranche que ce qui a été dit à un moment reste su.
- La table trouve les figures du pouvoir inhabitables : un roi trop mou, un prince trop violent, une reine mère qui se plaint de fils qu'elle a élevés.
Références
https://open.spotify.com/episode/3zlXSyK2dU6TYmE2GlWJjU?si=VEA25bntQ9-urmYMXELebg