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S02E10 - L'archimagicienne de verre

L'épisode "L'Archimagicienne de Verre" est le 10e épisode de la saison 2 du Mythe de la Taverne Ainsi que le 35e épisode enregistré par le groupe.

Résumé

Chelinka va trouver seule l'archimagicienne Prudence Hartford, que Herevard leur a recommandée, et se fait jeter dehors avant d'avoir rien obtenu : venir sans rien à offrir, en agitant le nom d'Herevard, ne mérite à ses yeux qu'une porte claquée.

Le groupe revient à trois, avec le chien de Léonard Montgomery pour prétexte, et joue cette fois ce qu'il a : la bataille d'Agener, les esprits combattus, leur mort officielle et leur fausse identité de distingués. Prudence les croit et parle.

Elle dit ce que le collège tait. La magie des esprits est bel et bien revenue, ses confrères refusent de le voir, et Callum n'est probablement à Véloria que pour le Plénimythe ou pour un artefact. Car les artefacts n'ont jamais été détruits : on ne détruit pas un artefact, on l'a scellé dans du bergara, et ils dorment tous dans une cave sous le collège des mages. Seule la flamme verte, un sortilège perdu, fond ce métal.

La seule piste ouverte est celle des Gardiens de l'Art. Montgomery, qui traitait avec Alastair Greaves, a annoncé un jour leur congédiement sans qu'on entende plus jamais parler d'eux. La dernière nouvelle date de quinze ans : ils suivaient la trace des derniers mages de l'esprit, reclus dans un monastère. Neptune y reconnaît le bâtiment de son rêve.

Prudence les couvre : elle les inscrit au registre sous les noms de Faramond, Spencer et Lambert, et exige d'être irréprochable en échange. Munis d'un mot d'elle, les trois rejoignent la rentrée des premières années, que l'archimage Almaric Beckett conduit jusqu'aux portes de la grande bibliothèque.

Description de l'épisode

Comment Someul se rapprocha encore un peu de son record du monde, comment Chelinka se fit mettre à la porte sans ménagement **et comment Neptune commença fort à se demander ce qu'il s'était passé 15 ans en arrière.

Contenu de l'épisode

La porte claquée

Chelinka sort des toilettes du collège des mages où elle a semé sans succès Basile, le chien de Léonard Montgomery, qui l'attend assis devant la porte. Elle en profite pour essayer sa magie de l'eau toute neuve sur un baquet : quelques gouttelettes montent vers le plafond, la petite silhouette qu'elle voulait former ne vient pas.

Elle va frapper au bureau de Prudence Hartford, l'archimagicienne que Herevard leur a recommandée. Le bureau est rond, épuré, et si froid que le souffle y fait de la vapeur. Derrière ses lunettes ovales, la femme au regard noir la toise, la fait asseoir d'un mot et lui demande ce qu'elle veut.

Chelinka expose l'évasion de Callum, le retour de la magie des esprits, l'enquête dont elle est chargée, et n'a rien de plus à offrir. Prudence se lève et la fait reculer jusqu'à la porte à mesure qu'elle parle. Une préfète d'Agener vient lui expliquer son métier, à elle qui a passé des années sur le confinement des artefacts, en agitant le nom d'Herevard comme s'il devait sortir un miracle de son bureau. Elle raconte au passage sa déception : Herevard, qui n'a jamais pris d'apprenti, qui n'a jamais publié ni laissé étudier son sortilège de la flamme blanche, se serait donc décidé pour ça. Les détails de son incompétence ne l'intéressent pas. Qu'elle revienne avec quelque chose de concret. Chelinka tente la flamme blanche pour la retenir, la manque comme les fois précédentes, et la porte se referme.

Le prétexte du chien

Basile est resté enfermé dans le bureau. C'est le motif dont le groupe a besoin : Chelinka va chercher les deux autres dans le grand hall, où ils comparaient encore leurs feuilles de cours, et tous trois traversent le collège en courant sous les remontrances des professeurs.

Cette fois, l'archimagicienne les laisse s'asseoir. Neptune commence par demander si ce qui se dira ici peut être entendu ailleurs, et n'avance qu'une fois rassurée. Le groupe pose alors ce qu'il a : ils étaient aux premières loges de la bataille d'Agener, ils ont affronté les esprits des affres qui habitaient les cadavres du vieux cimetière, ils ont été déclarés morts au combat pour enquêter librement, et ils portent l'uniforme des distingués sans y avoir droit. Callum, enfin, a dit à Neptune qu'il la connaissait.

Prudence remet ses lunettes. Si Herevard leur fait confiance, elle n'a pas de raison de faire autrement.

Ce qui dort sous le collège

La magie des esprits est revenue, c'est un fait, et ses confrères le nieront jusqu'au bout : ils tiennent cet art pour une sous-magie qu'ils ont vaincue, et aucun d'eux ne l'a jamais étudié. Elle et Herevard sont les seuls à s'y être intéressés. Chercher aujourd'hui à en apprendre quelque chose est vain, tous les ouvrages ayant été détruits.

Restent le Plénimythe et les artefacts, et c'est pour l'un ou pour l'autre que Callum est revenu dans la capitale. Car les artefacts n'ont jamais été détruits : on ne détruit pas un artefact sans en subir des conséquences qu'aucun mage n'assumerait. On les a neutralisés, scellés dans des blocs de bergara, ce métal qui coupe toute propriété magique et que seule la flamme verte, un sortilège ancien perdu depuis longtemps, pourrait fondre. La quasi-totalité des artefacts de l'esprit est enterrée très profondément, dans une cave sous le collège.

Prudence en tire sa lecture : Callum ne tentera rien avant d'être certain d'avoir l'avantage, donc il se cache et il attend, et personne ne le verra venir. Elle est seule à préparer quoi que ce soit, faute de pouvoir convaincre un seul de ses pairs.

Les secrets du chapitre

Le chapitre du Bureau Abscons compte quatre noms qui pèsent : elle-même, Léonard Montgomery, Herevard et l'archimage Almaric Beckett. Elle-même y sait qu'on lui cache des choses, et que d'autres en ignorent d'autres encore : personne ne sait tout de ce qui se passe ni de ce qui s'est passé au collège.

Elle décrit au passage ce qu'est le métier. Mage n'est pas une profession : il y a les archivistes qui veillent sur les grimoires, les mages de guerre, les mages de sécurité chargés d'une citadelle comme Herevard, les enseignants, les historiens comme Montgomery. Son propre titre de magicienne de verre lui vient de ce qu'elle contrôle le verre. Elle enseigne le fonctionnement et le confinement des artefacts, sur quoi elle travaille depuis des années.

La piste du monastère

Interrogée sur les Gardiens de l'Art, Prudence corrige d'abord l'image qu'on s'en fait : ce n'étaient pas les brutes de l'Ordre des Innocents d'aujourd'hui, mais des sortes de détectives, chargés avant tout de débusquer les groupuscules de la magie des esprits. Le collège leur donnait leurs missions et les laissait travailler seuls, en sous-traitance. Elle n'en a jamais connu aucun.

Celui qui les connaissait, c'est Léonard Montgomery, qui traitait régulièrement avec Alastair Greaves, leur chef, et qui reste le spécialiste de l'histoire de la magie. Un jour, Montgomery est venu annoncer que les Gardiens avaient terminé leur mission et qu'on les avait congédiés. Depuis, plus rien : personne ne sait où ils sont, ni s'ils sont en vie.

La dernière nouvelle officielle remonte à quinze ans. Montgomery avait rapporté qu'ils suivaient la piste des derniers mages de l'esprit, reclus dans un monastère. Après quoi le silence. Neptune fait le rapprochement : le haut bâtiment de pierre entrevu dans son souvenir n'était pas un château mais une abbaye, et si les Gardiens étaient des détectives plutôt que des tueurs, cela change ce qu'elle a pu être.

Faramond, Spencer et Lambert

Prudence tranche la question des identités avant qu'on la lui pose. Neptune n'est pas au registre : elle s'appellera désormais Faramond, et l'archimagicienne s'en chargera elle-même auprès du concierge. Someul garde Lambert, Chelinka devient Spencer. Elle les prévient qu'elle a sacrifié trop de choses pour arriver où elle est : si quoi que ce soit retombe sur elle, elle niera tout en bloc. L'incompétence n'a pas sa place à ses côtés, l'échec non plus.

Elle conseille aussi à Chelinka de se grimer, puisque Montgomery l'a déjà vue en préfète, et lui signe un mot pour retirer un uniforme à la laverie. Quant à Basile, elle règle le problème d'un geste : le chien se retrouve pris dans un bloc de glace au milieu du bureau. Ce n'est pas un vrai chien, précise-t-elle, mais un familier, et il a l'habitude qu'elle le congèle quand il l'agace.

Un distingué de la laverie tend un uniforme à Chelinka sans poser de question. Les trois sont désormais en règle.

La rentrée d'Almaric Beckett

Prudence les envoie se présenter à l'archimage Almaric Beckett, que tout premier jour impose de rencontrer. Ils le trouvent au bout d'un couloir, entouré de distingués de première année, et leur retard lui vaut un regard noir et une menace d'écrire aux familles, mais le mot de Prudence suffit à les tirer d'affaire.

Beckett reprend son discours. Le collège est une institution qui forme et qui répartit aux quatre coins du continent, dont les meilleurs deviendront conseillers de rois, d'empereurs ou de chanceliers. Personne n'oblige personne à venir, mais on attend assiduité et sérieux : quinze à vingt ans d'études pour un élève appliqué, trente ou quarante pour les autres, et le passage au grade de mage suppose qu'un professeur se porte garant devant le chapitre du Bureau Abscons et que celui-ci valide à l'unanimité. Il énumère les vocations qui s'ouvrent ensuite, du mage archiviste au mage explorateur.

Puis il conduit le groupe vers la surface et pousse à deux battants les portes de la grande bibliothèque du collège. L'épisode s'arrête là.

Facts

  • Tant qu'elle se trouve dans le collège, Chelinka bénéficie d'un bonus de vingt points sur toutes ses capacités magiques : les artefacts enterrés sous le bâtiment se font sentir. Le sortilège de la flamme blanche reste la seule exception.
  • Le maître du jeu n'a jamais dit de quelle couleur sont les uniformes des distingués, et s'en explique : il préfère que chacun se les imagine à sa façon.
  • Prudence Hartford n'est pas inspirée du professeur McGonagall, comme la table le suppose, mais de Miranda Priestly, la rédactrice en chef du Diable s'habille en Prada.
  • Le nom d'Almaric Beckett résiste à tout le monde, maître du jeu compris, qui le prononce « Amalric » la moitié du temps avant de trancher à l'épisode suivant.
  • Le podcast passe les cent avis sur Spotify pendant l'entre-deux-épisodes.

Références

https://open.spotify.com/episode/02oyJznu638Z8ADtdTGPMm?si=sX_pwupIR5u37-yXx7qECg