S03E16 - Retour à la case départ
L'épisode "Retour à la Case Départ” est le 16e épisode de la saison 3 du Mythe de la Taverne Ainsi que le 79e épisode enregistré par le groupe.
Résumé
Devant le corps de Saoirse Keller, Isembart retire son armure et demande à ne plus être chevalier : il a vengé son frère et s'est rendu indigne du royaume. Faute de meilleure solution, Chelinka réduit le corps en cendres à la flamme verte et referme la terre par-dessus.
La réponse du roi arrive par aigle : rendre hommage aux morts de la guerre, offrir le présent confié au capitaine Assaf, et obtenir du palatinat un prêt de 150 000 écus d'or. Le présent en question, avoue Assaf, est le Cristal des Mers lui-même, qu'il comptait plutôt voler que livrer. Le groupe refuse et improvise : Chelinka taille dans la falaise noire une statue d'Irena tenant un rouage vers le ciel, un diamant serti dedans, qu'ils offrent à la fin des jeux de la libération remportés par l'équipe de Lars.
Le soir, sur la plage aux lanternes, une flamme réussit là où elle aurait dû rater : une source de magie est toute proche, ce qui confirme que Tilika est bien à Sabrenas.
La nuit, des soldats palatins viennent les arrêter pour tentative de meurtre sur la comtesse. Tristram en abat trois, la fuite tourne court, et Lars les prend en tenaille : on aurait vu Tristram dans la chambre d'Irena, un couteau à la main. Une flamme blanche qui devait le brûler s'il mentait prouve le contraire, quelqu'un a donc pris son apparence. Les soldats véloriens tombent un par un, Lars refuse le duel que Tristram lui demande et l'abat au pistolet.
Jetés en cellule, ils apprennent qu'Irena vient de déclarer la guerre. Un homme qui se dit vélorien les fait sortir, droit dans les mains de Lélias Morton et de Nicolas de Bénévent. Du navire qui les emmène, ils voient une lumière verte monter d'une tour du palais, une onde de choc balaie Sabrenas, et ils se réveillent au matin de cette même journée, avec tous leurs souvenirs.
Description de l'épisode
Comment Neptune contempla son reflet dans une eau rose, comment Someul tenta d'intervenir durant l'enlèvement d'un enfant et comment Chelinka tenta d'ouvrir ses chakras pour envoyer de l'énergie cosmique à sa princesse.
Contenu de l'épisode
Ce qu'Isembart a fait
Le sable des jardins se gorge de sang sous le corps de Saoirse Keller. Isembart est resté debout derrière elle, l'épée à la main, la respiration saccadée et le regard qui traverse les gens plus qu'il ne les voit.
Il finit par retirer son armure. D'une voix chevrotante : il a vengé son frère, mais il s'est rendu indigne du royaume de Véloria, il ne veut plus être chevalier et s'en remet à elles. Il raconte le peu qu'il sait. Venu les chercher parce qu'elles tardaient, il l'a trouvée seule, il a été submergé par le chagrin et la colère, et l'instant d'après il se tenait derrière elle, son épée en travers de son corps. Aucune voix ne le lui a soufflé : il avait cela en lui depuis longtemps et il a tout lâché. Non, cela ne lui a pas apporté la paix.
Neptune lui rappelle que son geste n'engage pas que lui : c'est la paix entre deux nations qui s'effrite, et il ne pourra pas s'en défausser.
Pas de corps
Le corps ne porte rien qui serve : un pique à cheveux ouvragé de pierres précieuses, fait sur mesure, et une pochette de cuir avec les outils qui servent à régler son bras. Rien sur Tilika Murano.
Aucune solution n'est bonne. Laisser le cadavre d'une dignitaire au pied des ambassadeurs de Véloria, c'est la guerre, et le faire disparaître, c'est se rendre complices d'un meurtre qu'ils n'ont pas commis. Deux nobles passent dans une allée voisine sans les voir. Chelinka tranche : le bras mécanique posé sur le corps, la flamme verte réduit le tout en cendres en quelques secondes, puis la terre s'ouvre, se retourne comme une vague et se referme, lisse, comme s'il ne s'était rien passé.
Reste à nettoyer. Neptune se frotte le visage dans une vasque des jardins où l'eau prend une teinte rose, et croise son reflet dedans. Plutôt que de laver l'épée d'Isembart, elle détache le sang de la lame d'un geste et l'envoie dans un rosier. La grande horloge sonne midi. Ils repartent en poussant Isembart devant eux, qui peine à mettre un pied devant l'autre, et retrouvent les soldats à l'entrée des jardins : tout s'est bien passé, c'était une belle promenade.
La lettre du roi
Un grand aigle se pose à côté d'eux, un rouleau attaché aux pattes. C'est la réponse de Théodorique Ier au rapport du matin.
Le roi convient que les négociations semblent mal engagées, mais leur offre un brin de sagesse : nos ennemis sont des amis qui ne nous connaissent pas encore. Puisque Sabrenas porte encore le deuil de ses morts de la guerre d'indépendance menée contre son aïeul Berthomieu le Pourfendeur, qu'on leur rende hommage et qu'on loue leur courage. Ont-ils offert à Irena le présent remis au capitaine Assaf ? Il n'y a rien de tel qu'un cadeau pour sceller une paix solide. Il ajoute la question du prêt qu'il souhaite contracter auprès du palatinat, une offrande de 150 000 écus d'or, rendue au double dans quelques années, et demande qu'on invite la comtesse et sa suite à séjourner au palais royal. Sur leur sécurité, il a toute confiance en Isembart et en leur ami commun. Il les remercie de veiller sur le membre de la famille royale et leur doit des explications à leur retour.
Le cadeau, c'était le navire
Le capitaine Assaf est aux gradins des jeux, en conversation avec deux personnes fortunées. Pris à part, il espérait que cette idée fantasque du roi ait été oubliée. Non, le cadeau n'est pas le cidre, qu'il a de toute façon entièrement vendu, sans même un tonnelet en réserve.
Le cadeau, c'est le Cristal des Mers, le fleuron de la flotte de Véloria, avec l'idée que le palatinat leur prête un navire pour rentrer. Il s'y est ouvertement opposé, le roi n'en a pas démordu, et c'est lui qui a demandé à faire partie de l'expédition pour accomplir le dernier voyage à son bord. Il est honnête : si les choses en venaient là, il comptait s'enfuir avec, parce qu'un capitaine sombre avec son navire et qu'il considère qu'il sombrera le jour où il passera aux mains de l'ennemi. Le groupe refuse tout net de livrer le bateau, et se retrouve sans cadeau à quelques heures près.
Les jeux de la libération
En pleine ville, une arène de pierre à gradins ouverte à tous accueille les cent cinq ans de l'indépendance. Irena préside la table d'honneur, une chaise vide à côté d'elle à laquelle elle jette des regards de plus en plus inquiets. Elle annonce un tournoi en quatre épreuves par équipes de cinq, dont le vainqueur remportera un objet d'art fourni par Jaspe, présent à la table et salué par la foule : un collier de pierres rouges posé sur un coussin de velours.
Le tournoi enchaîne un concours de tir à l'hacquebute, où Rickard fait un très beau score, des affrontements individuels au sabre dans un cercle tracé au sol, un concours d'éloquence, puis l'épreuve du mât : deux équipes doivent tenir droit un poteau surmonté d'un drapeau tout en faisant tomber celui de l'adversaire. Chelinka tente de s'inscrire au tir et se fait refouler, les inscriptions ayant clos le matin même.
L'équipe de Lars, composée de gardes, l'emporte au total des quatre épreuves grâce à leur idée de faire tenir le drapeau à bout de bras par un homme juché en haut du mât. Irena passe elle-même le collier au cou de Lars, agenouillé devant elle.
Une statue taillée dans la falaise
Faute de mieux, Chelinka s'écarte vers les falaises de pierre noire sur lesquelles la ville est bâtie et taille une statue d'Irena de deux mètres : la couronne en halo, un sabre tenu vers l'arrière, du côté du passé, et un rouage brandi vers le ciel à travers lequel elle regarde. Le diamant de Someul est serti dans l'ouverture du rouage.
La statue est amenée devant la table d'honneur, glissée sur le sol par la magie de la terre, et la foule s'écarte, impressionnée. Le discours dit ce qu'il faut dire : remerciements pour l'accueil et les cent cinq ans de la libération, démarche de paix, et un diamant qui illumine l'avenir commun de Véloria et de Sabrenas. La comtesse tourne autour, l'apprécie visiblement, remercie plus chaleureusement que d'ordinaire, mais l'esprit ailleurs.
Les lanternes sur la mer
À dix-sept heures, les gradins se vident vers une plage de sable noir. Chacun tient un petit réceptacle de bois surmonté d'une lanterne et d'une bougie, qu'on allume de proche en proche jusqu'à ce que toute la plage s'illumine. Irena dépose la sienne sur l'eau et rend hommage aux sujets et aux soldats tombés lors de la guerre de la libération, à leur courage qui a fait du palatinat une nation indépendante, et aux batailles qu'ils ont perdues. Une à une, les lanternes s'éloignent, et la mer ressemble à un ciel étoilé.
Les ambassadeurs passent les derniers, saluent la comtesse et se retrouvent seuls sur le sable. Ils s'assoient, soufflent, et se disent que les choses affreuses sont moins pires vécues ensemble.
C'est là que Chelinka tente une flamme, en repensant à ce que Timothy Charlton avait senti depuis l'autre rive : la flamme prend alors qu'elle aurait dû échouer. Une source de magie est toute proche. Tilika est bien à Sabrenas, et cela confirme ce qu'ils croient d'elle.
Arrêtés au nom de la comtesse
De retour dans leurs appartements, Tristram les rejoint : il s'est éclipsé de l'enterrement en voyant arriver Lars, pour ne pas compromettre sa place, et n'a pas réussi à les retrouver de la journée. On frappe. Il se cache. Quatre soldats palatins entrent, épée tirée : au nom de la comtesse palatine, les ambassadeurs sont en état d'arrestation pour tentative de meurtre sur sa personne.
Tristram surgit derrière eux et en poignarde trois avant qu'ils aient compris. Chelinka plaque le dernier, que Neptune endort au chloroforme. Il faut fuir : si on les emmène, ils ne reviendront pas. Tristram tire Théobald de sa chambre avec Jazz, on prévient Cera en deux mots, et le groupe court dans les couloirs. Tout ceci, dit Tristram, n'était qu'un prétexte pour les attirer ici et déclencher une guerre : la mort d'Aliénor à leur arrivée, cette accusation sortie de nulle part, et la disparition de Saoirse Keller que personne n'a vue depuis le matin.
La flamme blanche et le pistolet
Au détour d'un couloir, un contingent de soldats leur barre la route, et un autre les prend à revers, Lars en tête. Il donne son ordre : garder les ambassadeurs vivants, tuer les autres. Il accuse Tristram d'être un assassin du royaume, vu le soir même dans la chambre de la comtesse un couteau à la main.
Chelinka pose sa main sur le bras de Tristram et allume une flamme blanche qui le brûlera s'il ment en répondant à sa prochaine question. Elle lui demande s'il a tenté d'assassiner Irena ce soir. Il dit non. La flamme ne le touche pas : quelqu'un a pris son apparence.
Les deux camps se sautent dessus et le couloir tourne au bain de sang. Les soldats véloriens tombent un par un, Isembart est blessé et disparaît de la mêlée, Théobald est traîné hors du cercle malgré Someul qui tente de le rattraper, Abigail est perdue à un tournant. Quand le dernier soldat s'effondre, Tristram, essoufflé et couvert de sang, se place devant elles et demande à Lars de l'affronter seul, en homme d'honneur. Lars répond que c'est bien vrai, se retourne, sort un pistolet et lui tire une balle en pleine poitrine. Puis il rengaine et leur demande de le suivre gentiment.
La cellule et l'homme qui vient aider
Menottés, malmenés le long des couloirs, ils sont jetés dans une cellule des donjons qui leur rappelle Agener. Le soldat qui les y conduit les félicite : la comtesse vient d'annoncer qu'elle partait en guerre contre Véloria, c'était bien pour cela qu'ils étaient venus. Chelinka fait fondre les chaînes de leurs menottes, dont les bracelets leur restent aux poignets.
Des pas approchent. Un homme encapuchonné ouvre la porte, se dit vélorien et venu les aider. Une flamme éclaire son visage : un Vélorien, oui, mais personne ne l'a jamais vu. Faute de choix, ils le suivent par des couloirs jusqu'à une porte qui donne sur l'extérieur et sur une bouffée d'air frais.
Quelque chose se referme sur les poignets de Chelinka, et l'homme dit qu'il est vraiment désolé : ce sont les mêmes menottes que Callum portait à Agener. On les jette à genoux. De l'ombre sort un homme aux yeux bleus qui s'accroupit pour les regarder : Lélias Morton. Il fait signe, et Nicolas de Bénévent s'avance pour confirmer que ce sont bien eux. Enquête rondement menée : on les embarque tous les trois pour le collège des mages, où l'on aura une bonne petite discussion.
La lumière verte
On les fait monter de force sur un bateau. Alors que les amarres se détachent et qu'ils regardent une dernière fois le palatinat noyé de brume, une lumière verte s'allume à l'une des fenêtres des tours du palais. Elle grandit, devient un soleil vert dans la nuit, les matelots s'arrêtent et la montrent du doigt, et une onde d'énergie balaie le navire et tout Sabrenas. Ils ont la sensation de tomber de plusieurs étages.
Un grand bruit les réveille : celui de la chambre du faux cousin Gauthier, au matin de cette même journée. Dans le couloir, les soldats tambourinent à sa porte. Tristram est vivant et leur demande ce qui se passe. À la fenêtre voisine, Cera leur souhaite une bonne journée. La bibliothèque est toujours en travers de la porte, il n'y a toujours pas de passage secret dans la cheminée, et ils gardent le souvenir entier de tout ce qui vient de se produire.
Facts
- Le maître du jeu dit avoir eu l'idée de la boucle en écoutant un podcast sur Majora's Mask, et l'attendait depuis plusieurs séances.
- C'est pour cette raison qu'il avait fait noter au crayon les acquis de la montée de niveau, deux épisodes plus tôt : le retour en arrière les efface, et la montée se rejoue.
- Il assume avoir écrit la scène de la prison pour ne laisser aucun autre choix que de suivre l'inconnu.
Références
https://open.spotify.com/episode/2Q9RaydcU7DBC6KaOULqMS?si=LfI7DOK4RGem_zj2I11e8w