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Arabella Firkins

Description

Jeune femme de la vingtaine, l’air sérieux, les traits à la fois délicats et autoritaires. De longs cheveux bouclés impeccablement coiffés, des sourcils sombres au-dessus de grands yeux bleus aux longs cils soulignés de maquillage noir, un visage allongé et fin aux pommettes saillantes. Un simple collier d’argent à pierre bleue, et une robe ajustée à pièce d’estomac et corset resserré.

Elle est à la tête de la famille Firkins, marchands anoblis de la cité de Véloria, et fait affaire dans le velours et la soie.

Histoire

Elle a grandi au fief d’Arpalian. Enfant, un oncle voyageur lui a rapporté une bobine de fil de soie venue de l’empire d’Ambrelin, et elle a tout de suite su ce qu’elle voulait faire. Elle a travaillé pour payer son premier voyage, ramené des bobines qu’elle a échangées contre des joyaux, dont l’empire est friand faute de montagnes alors qu’Arpalian tire justement sa richesse de celles qu’il a, puis racheté plus de soie, embauché tisserands et tailleurs.

Ses prix dépassent ceux de la concurrence parce qu’elle importe la vraie soie, filée par des vers à soie, là où les autres font la leur avec du coton. Son commerce est triangulaire sur la mer du Couchant : elle exporte les tissus du fief de Galefretier jusqu’au Jarrier et rachète au retour ses bobines au comptoir commercial de Massaco, plus cher qu’à Ambrelin même mais qui lui épargne des voyages.

Elle vient d’acquérir sa demeure de la place du Tilleul sur ses profits, et ne l’a pas encore entièrement meublée. Elle sait ce que sa position lui coûte : elle est la fille de personne, passe pour une arriviste au milieu de fils et de filles de nobles, et sait que ceux qui lui sourient la méprisent dans son dos. Elle soupçonne le baron Barnett, qui tient tout le commerce des tissus à la capitale, de vouloir l’épouser pour allier les deux fortunes, et n’en a aucune envie.

L’incendie d’un de ses entrepôts, où ses négociants ont été tués et ses rouleaux de soie volés, freine ses affaires. Elle a réclamé la tête de Rasmus à Nicholas de Bénévent, puis accepte devant Chelinka l’hypothèse de la Cour des Manteaux : elle a des hommes infiltrés qui la cherchent sans jamais la trouver, et sait que c’est comme attraper de la fumée à mains nues. L’accord conclu partage le travail, elle enquête dans les cercles nobles, le groupe dans les bas quartiers, et elle tentera d’arracher quelques jours de report pour le condamné.

Elle prête une robe de cour à Chelinka et écoute le récit de l’incendie du Cheval effronté, qu’elle trouve maigre pour la cour : deux incendies ne font pas une preuve. Elle a glissé de son côté le nom de la Cour des Manteaux à une amie très au courant des potins, qui a entendu dire que son chef appartiendrait à la noblesse. Interrogée sur qui aurait intérêt à couler son commerce, elle nomme elle-même le baron Conrad Barnett.

Elle accepte de l’accuser nommément à la séance d’accusation publique de Nicholas de Bénévent, à condition d’être soutenue devant la table. Ce qu’elle veut, c’est faire libérer Rasmus et cesser d’être menacée pour pouvoir retourner à ses affaires.

Elle porte l’accusation devant la séance publique, gagne le duel par la main de sa championne, et récupère tout : les titres, les honneurs et les propriétés du baron Barnett lui reviennent en dédommagement. Elle emménage dans sa demeure, hérite de ses bateaux, de ses marchands, de ses tisserands et de ses stocks, dirige désormais le commerce du tissu de Véloria et porte le titre de baronne. Les nobles défilent à sa porte avec des cadeaux, des contrats et des demandes en mariage. La Cour des Manteaux disparaît dans le même mouvement.

Elle offre au groupe une vieille bâtisse trouvée dans les comptes du baron, en contrebas de la place du Tilleul, et le cheval de celui-ci.

C’est ce cheval qui la trahit : sa croupe est intacte, alors que Fyrlinel y avait planté un carreau. Dans ses propres écuries, un cheval porte la marque au bon endroit, la crinière blonde sur tout le corps et une poudre noire qui reste sur les doigts. L’archer de la place des lavandières montait donc sa monture, teinte pour passer pour celle du baron. Rien n’est confirmé tout haut, mais l’enchaînement se lit : son entrepôt brûlé, Rasmus accusé, le groupe envoyé chercher les preuves qui lui manquaient, et son concurrent dépouillé.

Au mariage du prince Léomir, c’est elle qui porte le visage de Callum et prend la famille royale en otage pour faire venir les mages. Elle ne reconnaît personne et se trahit devant Carissa Skyke, qui se présente faussement comme la chef de la citadelle et qu’elle prétend avoir connue. Le bergara répandu par la Cour des Manteaux dissipe le sortilège et découvre son visage. Elle se cache en répétant qu’on lui avait promis qu’il tiendrait et qu’elle serait la femme la plus puissante du royaume. Someul l’assomme d’un coup de poing et elle est ligotée par les gardes. Callum dira l’avoir utilisée pour ce qu’elle voulait, le pouvoir.