Baron Conrad Barnett
Description
Homme dans la trentaine, charismatique, sec et à l’air mesquin, de petits yeux creusés dans un visage pointu. Ses cheveux blonds bouclés sont tirés en arrière et luisants, une barbe courte et bien taillée remonte sur ses joues, d’épaisses bagues et anneaux d’or scintillent à ses doigts, et son pourpoint bordeaux de velours est ornementé de dorures et de broderies compliquées. Le regard hautain, un sourcil relevé, le menton toujours haut en signe de défi.
Il monte un cheval noir à la crinière blonde, le plus bel animal que nos héroïnes aient vu, et le juge de plus de valeur que leurs vies.
Histoire
Issu d’une grande famille de nobles implantée de longue date à Véloria, il tient tout le commerce de la soie et des tissus de la capitale, possède des plantations de coton au nord du fief de Galefretier, et habille la cour et les puissants. Il tient la ville pour la capitale du tissu et de la belle soie, et estime qu’on n’y perce pas sans la fibre, des années de métier et une famille de tisserands derrière soi.
Arabella Firkins l’invite à un dîner d’affaires dans sa nouvelle demeure, où il fait un long discours sur le marché des tissus en paraissant surtout concentré sur lui-même. Elle le soupçonne de vouloir l’épouser pour allier leurs fortunes, et le compte parmi ceux qui auraient intérêt à voir son commerce couler.
Il s’interrompt pour reprocher à son hôtesse de ne pas l’écouter, s’entend répondre par Chelinka qu’un monologue n’est pas une conversation, refuse d’être vu avec une dame de petite naissance et sort en trébuchant sur une dalle qu’elle fait s’enfoncer. Dehors, il annonce devoir monter son cheval à la course du bosquet vernal et menace les serviteurs de représailles si l’animal est effrayé. Neptune lui jette l’humeur : le cheval part très agité.
Il reparaît la nuit de l’incendie du Cheval effronté, sur la place des lavandières, un long manteau dissimulant son visage et un arc à la main : il abat d’une flèche dans l’œil l’incendiaire que nos héroïnes venaient de rattraper, avant que celui-ci ait pu nommer le chef de la Cour des Manteaux. Ce n’est pas le manteau qui le trahit, mais l’étalon noir à la crinière blonde sur lequel il est monté.
Le vol de rouleaux de soie chez Arabella Firkins prend alors un autre sens, comme le fait que l’homme encapuchonné venu recruter les mercenaires pour enlever Tilika Murano portait lui aussi un manteau.
Son prénom est Conrad. Il repart de la place des lavandières avec une flèche de Fyrlinel plantée dans la croupe de son cheval, tirée alors qu’il tenait nos héroïnes en joue.
Arabella Firkins le désigne elle-même comme le seul noble qui ait intérêt à couler son commerce : il est son principal concurrent, il l’a demandée en mariage, et elle a refusé publiquement. Elle accepte de l’accuser nommément devant la séance d’accusation publique de Nicholas de Bénévent, où il paraît en faisant admirer sa nouvelle épée et le tissu de sa cape.
Accusé publiquement par Dame Firkins d’avoir commandité l’incendie de son entrepôt et de diriger la Cour des Manteaux, il commence par railler la demande en mariage refusée, puis se défend pied à pied. Il confirme devant l’assemblée que son cheval est noir à la crinière blonde, mais refuse de le produire, crie à la calomnie et invoque son droit d’ordalie.
Le duel révèle un bretteur expert, rapière fine à poignée d’or dans la main droite, poignard de duel dans la gauche, un jeu de jambes que personne ne suit et qui déjoue toutes les prises de terre. Il ouvre l’épaule et la joue de Chelinka, lui taille les deux flancs et les bras, encaisse une rapière brisée par Someul invisible, le bas de sa tenue en feu, un trou creusé sous ses pieds, un coup de dague sur le crâne et une boule de lave sur le torse. Il finit projeté dans les gradins par un souffle de feu.
Nicholas de Bénévent le déclare coupable et le démet de tous ses titres, honneurs et propriétés, qui vont en dédommagement à Dame Firkins. Il est détenu dans les geôles du roi.
Il n’a pourtant jamais possédé le cheval qu’on lui reprochait : celui qu’on lègue au groupe n’a aucune blessure à la croupe, et c’est un cheval des écuries de Firkins, teint d’une poudre noire, qui porte la marque du carreau.