Aller au contenu principal
episodes/saison-4

S04E13 - Le temple du taureau

L'épisode "Le Temple du Taureau" est le 13e épisode de la saison 4 du Mythe de la Taverne Ainsi que le 105e épisode enregistré par le groupe.

Résumé

Sur le port de Vespéral, Cornélia Bon-Compagnon fait des avances appuyées à Chelinka et lui propose la clé de sa chambre au château. Chelinka la lui laisse, pendue à une bande de tissu tirée de sa robe. Cornélia avoue sa lassitude d'être traînée partout par son père et l'invite à passer la nuit dans les bars de la ville.

Au temple de la Louve Mère, Jupiter reconnaît Someul et Neptune et leur reproche le sabotage du festival, qui l'a coupée de sa déesse. Someul lui rend la couronne de héros de la lune, et Neptune lui présente des excuses qui ne passent pas. Le ton monte jusqu'à ce que les deux championnes partagent la même vision : un voyage vers le nord jusqu'à des ruines et une salle souterraine où grandit une lueur. Elles y voient une mission confiée par les dieux, et Jupiter accepte de mauvaise grâce d'attendre que le groupe se prépare.

Au temple du Taureau Tricéphale, Someul reçoit son baptême de disciple : le partage de la sueur, le rituel des poids et un questionnaire qui fait de lui un disciple justiste. Il en sort plus fort, avec une fiole de taureau rouge et le coup de poing foudroyant.

Pendant ce temps, Chelinka et Cornélia enchaînent les bars jusqu'à l'aube et se promettent d'organiser la plus grande fête que Vespéral ait connue, pour faire enrager le duc Bon-Compagnon. Elles s'endorment dans la chambre de Cornélia, où quelque chose semble chercher à entrer en contact avec Chelinka dans ses rêves.

Description de l'épisode

Comment Chelinka fut très mal à l'aise, comment Neptune rata complètement ses excuses et comment Someul devint un véritable frère taurin.

Contenu de l'épisode

Sur le port de Vespéral

Cornélia Bon-Compagnon fait visiter Vespéral à Chelinka, en lui frôlant l'épaule et en lui jetant des regards appuyés, jusqu'au port qui borde le grand lac de montagne et où se pressent les poissonniers. Elle retire son gilet, se dit prête à s'évanouir de chaleur et s'appuie à une rambarde de pierre en secouant ses cheveux au soleil. Née et élevée à Vespéral, elle explique que sa famille a un domaine dans les terres, mais qu'elle loge au château pendant leurs séjours, dans une chambre à elle. Elle en sort la clé, qu'elle a si peur de perdre qu'elle aimerait la confier à quelqu'un.

Chelinka arrache une bande de tissu à sa robe, y passe la clé et la noue au cou de Cornélia en soulevant ses cheveux : qu'elle la garde pour l'instant, avec un petit bout d'elle, au cas où elle voudrait la retrouver plus tard. Cornélia, un sourire en coin, lui demande si elle ne la trouve pas jolie, et au bout de combien de temps elle prend la clé de quelqu'un.

Puis elle se montre franche. Être la fille du duc est pénible : son père la traîne partout, lui adresse à peine la parole, et elle doit surveiller ses manières et faire la conversation à de vieux seigneurs du Jarrier. Pour une fois qu'arrive une baronne de son âge, elle tente sa chance. Chelinka prévient qu'elle ne compte pas s'installer au Jarrier, ce qui ne dérange pas Cornélia, qui aimerait bien partir un jour. Quand Chelinka lui demande ce qu'elle attend d'elle, Cornélia répond qu'elle veut seulement s'amuser, et lui propose de lui faire découvrir la nuit de Vespéral. Les deux jeunes femmes disparaissent dans les rues, main dans la main.

Les reproches de Jupiter

Au temple de la Louve Mère, où Tilika attend bien sagement, Jupiter reconnaît Neptune d'un regard. Elle se tourne vers Someul, la mâchoire serrée : elle aurait dû s'en douter, et ils n'ont pas honte de venir ici ? On lui répond avoir simplement gagné les festivités. Le groupe assure être venu faire amende honorable, après la visite de Mercure, et estime que les torts sont partagés, la Louve Mère ayant elle aussi envoyé des disciples voler un chat.

Jupiter, elle, dresse la liste : un distingué du collège des mages accusé à tort et presque renvoyé, l'estrade effondrée au risque de blesser la grande staretz, une vieille femme d'une grande bonté venue jusqu'à Véloria, et le champ de glaïeuls d'abyssin retourné par une autre membre du groupe, absente. Elle croit encore en la Louve Mère, dit-elle, mais c'est la déesse qui a cessé de croire en elle, tant ce qu'ils lui ont fait subir l'a changée. Someul lui répond qu'elle est toujours sa championne et lui remet la couronne reçue au festival : elle la mérite davantage que lui. Jupiter la prend et demande où est la ceinture. On la lui a arrachée, répond-il, et il a failli mourir en essayant de la garder.

Les excuses de Neptune

Neptune s'approche. Elle se dit désolée de tout ce que ses camarades et elle ont fait au festival : elle a compris qu'on ne suit pas aveuglément les ordres d'un dieu, puisque les dieux sont faillibles, et la malédiction qu'elle a subie lui a rappelé chaque jour le mal qu'elle avait fait. Elle regrette aussi le tort causé à la foi de Jupiter, qui reste libre de ne pas accepter ces excuses.

Les mots ne portent pas. Jupiter lui demande si elle croit pouvoir tout effacer d'une excuse, et ce qui est censé suivre. Neptune réplique qu'elle a reconnu ses torts, que Jupiter en fera ce qu'elle voudra, mais qu'elle ne recevra pas de leçon. Le ton monte, Someul tente de les calmer, et tout le temple se tourne vers elles, jusqu'aux passants attirés à la porte.

La vision

Au milieu des cris, les deux femmes se taisent d'un coup, les yeux révulsés. Neptune quitte son corps.

Son esprit file vers le nord. Il traverse une forêt de genévriers, un monolithe frappé d'un symbole étrange en son centre, puis un pont de pierre à deux arches au-dessus d'une rivière paisible, près de laquelle est installé un relais de voyageurs. Vient un canyon sombre où se déverse une cascade, une pente abrupte à escalader, des ruines cyclopéennes usées par le temps et couvertes de mousse, enfin une salle souterraine circulaire plongée dans la pénombre, où quelque chose déchire les ténèbres autour d'une lueur posée au centre.

L'esprit de Neptune dérive vers cette lueur, puis réintègre brusquement son corps, quelques minutes plus tard. Le monolithe est un bloc dressé, comme un menhir, dans une clairière au cœur de la forêt. Neptune a fait tout le trajet sans rupture : le lieu est au nord de Vespéral, sans quitter le Jarrier, à un ou deux jours de cheval au plus.

Une mission commune

Jupiter porte exactement la même expression que Neptune : elle a vu la même chose. Neptune y lit une mission que les dieux leur envoient, et ajoute que leur querelle profitait à quelqu'un d'autre. Jupiter l'écoute à peine : la Louve Mère lui a parlé, elle ne l'a pas abandonnée. Elle reste un instant les yeux perdus sur le vitrail du temple, un loup qui hurle à la lune.

Neptune compte profiter de la nuit pour recharger un saphir des cieux et demander un indice au Chat Borgne : tous les champions des dieux naissants ont-ils reçu la même vision, comme l'avertissement de Mercure le laissait craindre ? Jupiter, elle, charge déjà son sac sur ses épaules pour partir sur-le-champ. Neptune la retient : il faudrait préparer des vivres, demander peut-être aux Vertecime s'ils connaissent l'endroit, et puisque la vision leur est venue à toutes les deux, y aller ensemble. Elle finit par céder, passablement agacée.

En sortant, ils laissent derrière eux les enfants toujours déchaînés et le mystagogue Constant, qui les renvoie vers les parents.

Le temple du Taureau Tricéphale

Juste à côté se dresse le temple du Taureau Tricéphale, où Someul veut se rendre, Jupiter levant les yeux au ciel à l'idée de faire tous les temples avant de partir. On dirait une salle d'entraînement : hommes et femmes y soulèvent des sacs de grain, des rochers, des barres de fer et des meules de moulin, agitent des cordages épais comme le bras et enchaînent tractions, pompes et flexions, sous un grand vitrail où un taureau à trois têtes souffle la fumée sous un ciel rouge zébré d'éclairs. L'air sent fort la transpiration.

Un mystagogue accueille Someul d'une poignée d'avant-bras. Un grand fracas l'interrompt : un disciple a lâché son haltère. Dans un silence de mort, un autre lui pose la main sur l'épaule : lâcher ainsi son poids dans la demeure du Taureau est un immense affront, mais il est pardonné et peut reprendre sa série.

Someul explique qu'on l'a nommé disciple sans baptême. Il demande aussi des nouvelles de la championne Vénus, mais le mystagogue n'en a aucune, et propose de procéder au baptême sur-le-champ. Il rassemble ses frères. Il sort un mouchoir rouge à pompons dorés : les disciples du Taureau partagent le même sang, et ceux à qui le dieu a donné la force et le courage doivent les mettre au service de ceux qui en manquent. En frère taurin, Someul partage avec eux la même chair et la même sueur. Le mouchoir passe de front en front, puis Someul s'éponge à son tour.

Le rituel des poids

Huit têtes de taureau en airain sont alignées sur le sol, de la plus petite, qui tient dans les mains, à la plus grande. Someul doit les soulever dans l'ordre jusqu'à atteindre sa limite. Il enlève les premières sous les acclamations, peine sur la troisième, qu'il décolle à peine du sol, puis, les muscles chauffés, soulève plus facilement la quatrième et la cinquième. La sixième, qui lui arrive au-dessus des genoux, décolle de quelques centimètres et retombe en faisant trembler le sol, dans l'extase générale. La septième, à hauteur de hanches, lui glisse deux fois des mains.

Le mystagogue lui explique le sens du rituel : le poids qu'il n'a pas pu lever représente l'apprentissage qui lui reste à faire, il y aura toujours plus fort et plus entraîné que lui, et toujours plus faible.

Quel disciple du Taureau êtes-vous ?

Reste l'épreuve ultime. Assis face au mystagogue à une table de pierre, au milieu du cercle des disciples, Someul voit celui-ci chausser de petites lunettes et sortir une liasse de parchemins : c'est un questionnaire. Sur l'armure, Someul invoque l'édit de la grande staretz du dieu. Il juge contraires aux enseignements les armes contondantes et tranchantes, mais pas le bouclier, ne se prononce pas sur les vêtements qui dissimulent la virilité au combat, et estime que toute partie du corps est bonne à utiliser, pieds compris.

Viennent les mises en situation. Face à un malandrin ivre qui frappe un homme frêle dans une taverne, il arrête le malandrin, car s'en prendre à plus faible que soi n'est pas noble. Face à un voleur de poisson qui dit nourrir sa famille, il paie le pêcheur, et même davantage. La qualité la plus importante d'un disciple est pour lui l'honneur, sans lequel on ne trouve ni la force ni le courage de se battre. Enfin, un couard qui trouve le courage d'inspecter sa maison la nuit, puis glisse et se brise la nuque, gagne selon lui l'arène de sable.

Le verdict tombe : Someul est un disciple justiste. Le mystagogue lui serre la main sous les applaudissements. Le baptême le rend plus fort, et le mystagogue lui remet une fiole de taureau rouge, stimulant à boire d'un trait qui porte le corps, la perception et la vitalité au plus haut pour un temps, avant un contrecoup qui les effondre. Entre deux compétences, la charge et le coup de poing foudroyant, Someul choisit la seconde.

La nuit de Vespéral

Chelinka et Cornélia vivent la meilleure soirée de leur vie. Cornélia l'entraîne de bar en bar, des établissements chics, dont elles se font chasser après être montées sur une table, aux gargotes les plus modestes. Elles crient dans les rues, enchaînent les verres, et plusieurs passants reconnaissent la fille du duc Bon-Compagnon, qui s'en moque. La nuit entière y passe.

Au petit matin, Cornélia prend les mains de Chelinka : elles vont organiser la plus grande fête que Vespéral ait jamais connue, rien que pour faire enrager son père. Chelinka connaît les fêtes de la capitale, elles les apporteront à Vespéral et deviendront les reines de la nuit. Qu'elle ne parte surtout pas sans prévenir. Cornélia lui dit qu'elle l'adore, Chelinka le lui rend, avant d'avouer sa fatigue.

Bras dessus, bras dessous, elles mangent un taco au poisson sur le port alors que le soleil pointe derrière les montagnes, puis rentrent dormir dans la chambre de Cornélia, au château. Elles s'endorment dans les bras l'une de l'autre. Le sommeil de Chelinka est agité : dans ses rêves, quelque chose semble vouloir entrer en contact avec elle. Elle a de plus en plus chaud, repousse la couette, et la sueur perle sur son front.

Facts

  • L'épisode est enregistré en juin, fenêtres ouvertes en pleine chaleur.
  • L'équipe annonce un épisode joué en public, et non enregistré, au festival L'Estrange le 27 juillet 2025, sans Camille.
  • Elle annonce aussi avoir prêté sa voix à quelques personnages d'un jeu en réalité virtuelle de LDLC VR Studio situé dans l'univers du Donjon de Naheulbeuk, dont la sortie est prévue l'année suivante.
  • La joueuse de Chelinka reconnaît après coup avoir été très mal à l'aise pendant la scène sur le port : les avances de Cornélia lui semblaient forcées, comme un premier rendez-vous d'application de rencontre.
  • Pour présenter la compétence de charge, le maître du jeu explique les trois distances du nouveau système de combat : au contact, à portée ou hors de portée d'un ennemi.
  • Les disciples du Taureau Tricéphale se partagent en branches, faute d'accord sur l'interprétation des écrits du dieu : forciste, couragiste, justiste, élitiste et puriste. Toutes donnent les mêmes capacités.
  • Un message vocal du maître du jeu, laissé à Ninon sur le chemin de la séance pour qu'elle lui rappelle « un truc avec le dieu immolé », est gardé au montage.
  • Le maître du jeu annonce que l'épisode 14 sera le dernier avant la pause d'été.

Références

https://open.spotify.com/episode/5wg4d5KJmDB5Y9VePwWxro?si=79b4cf7d773b4c44