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episodes/saison-3

S03E18 - L'Archimage Tombétoile

L'épisode "L'Archimage Tombétoile" est le 18e épisode de la saison 3 du Mythe de la Taverne Ainsi que le 81e épisode enregistré par le groupe.

Résumé

Le compartiment du lit d'Aliénor cache un cube de fer percé de cinq encoches, marquées Gouvernance, Protection, Divertissement, Loyauté et Amour, qui s'ouvre en y glissant les pièces de son échiquier. Dedans : sa bague à sceau, un bâton de cire usé, et son journal. Elle y écrit qu'elle passait par Erwin pour approcher Irena, qu'Erwin déteste Véloria et lui a plusieurs fois proposé d'entrer dans une société secrète, et qu'elle ne fait confiance à personne au château sinon sa servante et Thyvald. Surtout : Irena serait tenue par un petit cercle de grands de Sabrenas qui lui mettent une lourde pression. Les deux dernières pages ont été arrachées.

Le groupe se sépare pour la première fois de la campagne. Someul confronte Erwin devant le cercueil : le vieil homme n'a aucune idée de ce dont on lui parle, sort une montre à gousset où le portrait d'Aliénor est bien celui du cadavre, et le fait jeter dehors en criant à l'insulte.

Chelinka questionne Thorpe sur la grande horloge, obtient une visite pour le lendemain matin, mais le perd quand elle lui montre une flamme blanche : il se dérobe, l'oriente vers le quartier des Mécaniciens et s'enferme dans son bureau.

Neptune suit Saoirse Keller dans une pièce isolée du château et passe le pacte que la première boucle n'avait pas permis : la sécurité et le rapatriement d'Eogan contre la paix et des négociations rapides. La connétable livre alors l'enlèvement de Tilika Murano dans le détail. Quelqu'un est venu au palatinat des années plus tôt, visage dissimulé, probablement un mage, a obtenu audience d'Irena, et Irena l'a aussitôt chargée d'aller prendre Tilika avec son frère. En fouinant depuis, elle a entendu parler d'un mage vélorien installé dans un quartier de Sabrenas : Erasme Tombétoile.

L'échoppe se révèle celle d'un charlatan. Dans sa salle d'attente, Chelinka reconnaît un jeune Vélorien bronzé : le fils Charlton dont Timothy a pris la place, qui se fait appeler Jérémy Driz. Un coup de gong, et l'archimage encapuchonné les emmène tous les quatre dans son bureau.

Description de l'épisode

Comment Chelinka fit la forceuse pour visiter Big Ben, comment Neptune décida de speedrun les négociation et comment Someul réalisa la déduction la plus rapide et impressionnante de tout le mythe de la taverne.

Contenu de l'épisode

Le cube aux cinq serrures

Chelinka est encore par terre, assommée par la latte du baldaquin, quand Someul tire du compartiment un cube de fer d'une trentaine de centimètres de côté, lourd, avec des choses qui bougent dedans. Une de ses faces porte cinq encoches, une à chaque coin et une au centre, et sous chacune un mot gravé : Gouvernance, Protection, Divertissement, Loyauté, Amour. Elles ressemblent à des serrures, mais rondes.

Le groupe enfonce les deux panneaux restants du sommier. La couronne déclenche un second piège, une latte qui manque la tête de Someul de quelques centimètres, les épées croisées un troisième qu'il attrape au vol. Les quatre lattes du plafond du lit ne dessinent rien : le lit n'avait que ses pièges à donner. Chelinka reprend connaissance avec la nausée et un mal de crâne de gueule de bois.

Ce sont les pièces de l'échiquier de la table basse qui vont dans les encoches, par leur socle. Neptune glisse le fou dans Divertissement, et le déclic se fait entendre. Le reste se raisonne : le roi pour Gouvernance, la reine pour Amour, et pour les deux dernières une hésitation, la tour ne bougeant pas de sa place quand le chevalier est celui qui va au combat. Ils tranchent pour la tour en Protection et le chevalier en Loyauté. La face pivote.

Le journal d'Aliénor

Le coffre contient trois cartons et un bâton de cire usé, une grosse bague en or à sceau que Tristram identifie comme celle d'Aliénor, et un épais journal à couverture de cuir.

Les premières pages sont là pour tromper qui l'ouvrirait : la vie au château, des méchancetés sur les nobles, l'une est laide comme un pou, l'autre croit s'habiller bien. Elle y relate aussi les soirées mondaines de Thyvald, où elle allait régulièrement. Entre ces lignes vient le reste.

Elle a du mal à approcher Irena, dont le cercle est fermé, et s'y emploie depuis un moment par l'intermédiaire d'Erwin. Elle le décrit charmeur et très gentil, mais il déteste Véloria. Il lui a plusieurs fois parlé d'une société secrète, d'un rassemblement dont il aimerait qu'elle fasse partie. Elle a montré son enthousiasme sans oser pousser sa chance, et attend qu'il en reparle. Au château, elle ne fait confiance à personne, sinon à sa servante et à Thyvald, tous deux un peu à part.

Le plus lourd tient en quelques lignes : Irena semble contrôlée par un petit cercle de grands de Sabrenas qui exerce sur elle une lourde pression. Aliénor prévoit qu'elle finira par craquer d'épuisement, et veut être là ce jour-là pour l'écouter en veuve innocente et bienveillante, sûre qu'elle aura beaucoup à dire.

Les deux dernières pages ont été déchirées. Quelqu'un a donc lu ce journal, ce qui veut dire que quelqu'un savait qu'Aliénor espionnait. Someul emporte le journal, ils remettent la bague et la cire dans le coffre, le coffre dans le sommier, les panneaux et les lattes en place, le matelas et les draps par-dessus, et le tapis au centre de la pièce.

Erwin ne comprend pas de quoi on lui parle

Le groupe se sépare pour la première fois depuis le début de la campagne. Someul et Tristram retournent à l'antichambre à l'heure où ils y étaient allés dans la première boucle, cette fois à visage découvert pour que Tristram soit vu. Il y a du monde, des gerbes de fleurs, le corps au milieu, et Erwin assis à l'écart sur sa canne, l'air triste.

Someul s'assoit d'un côté, Tristram de l'autre. Erwin ne se souvient pas de lui, remarque qu'il n'est pas du palatinat, et se fait répondre qu'il aura peut-être aussi remarqué que la personne sur le piédestal n'est pas celle qu'elle devrait être. Il entrouvre la bouche, regarde le cercueil, regarde Someul, et demande de quoi on lui parle. Pressé sur ses correspondances avec la défunte, puis sur la société secrète dont il a entretenu Aliénor, il tente de se lever en invoquant des affaires privées et l'inconvenance de venir le déranger à l'enterrement d'une amie.

Sommé de dire qui est cette personne et où est la vraie Aliénor, il fouille ses poches et en sort une montre à gousset. Il l'ouvre, la tourne vers Someul : à l'intérieur, un portrait d'Aliénor qu'il a fait faire par un artiste, et c'est exactement la personne étendue sur la pierre. Il claque le boîtier et se lève, furieux. Tristram, penché à l'oreille de Someul, confirme ce que son regard dit : il ne mentait pas, il n'a aucune idée de ce dont on lui parle.

L'esclandre éclate, des serviteurs accourent, Erwin crie qu'on l'agresse pendant qu'il pleure son amie. Someul lui glisse à l'oreille qu'à sa place, sur des informations de ce genre, il resterait discret. C'est l'inverse qui se produit : le vieil homme devient rouge, le doigt tremblant tendu vers la sortie, et les serviteurs les raccompagnent dehors sous le regard d'une petite foule. Une chose est acquise, un Vélorien sans respect pour rien ni personne.

La grande horloge, vue de l'extérieur

Chelinka reste avec Thorpe et lui demande ce qu'est la grande tour de la ville. C'est la grande horloge, bâtie il y a un peu moins de cent cinq ans. Avant, on lisait l'heure à la position du soleil. Maintenant, un cadran porte des planètes qui tournent autour d'un axe et disent où l'on en est de la journée, et une cloche marque chaque heure écoulée. Dedans, il n'y a que de gros engrenages imbriqués et la cloche qu'on tire, rien de très intéressant, et surtout rien de magique : ce qu'on appelle la technologie.

Elle se dit intéressée, connaissant un peu la magie sans se prétendre experte, et se ferait une joie de visiter. Thorpe accepte, mais pas aujourd'hui : la matinée est prise, l'après-midi c'est l'anniversaire de la libération, il ne sera libre que tard le soir. Rendez-vous est pris pour le lendemain matin.

Reste à le retenir un peu. Chelinka allume une flamme blanche dans le creux de sa main pour appuyer sa demande. Thorpe baisse les yeux dessus, son sourire disparaît une seconde, la flamme s'évapore, et il retrouve son air aimable : navré, il a affaire, mais si la technologie l'intéresse à ce point, il y a le quartier des Mécaniciens où l'on en apprend énormément. Il lui indique le chemin, lui tape sur l'épaule et s'en va.

Elle le prend en filature dans les couloirs. Il lit des parchemins en marchant, s'arrête devant une porte de bois, cherche dans ses clés, ouvre et referme derrière lui. Rien à voir ni à entendre : c'est son bureau, et la porte est fermée.

Le pacte de Neptune

Saoirse Keller emmène Neptune par des escaliers et des couloirs jusqu'à une pièce dont personne ne saurait retrouver le chemin, une bibliothèque molletonnée aux rideaux rouges, deux fauteuils et un service à thé vide entre eux. Elle relève ses cheveux d'une belle épingle de pierre que Neptune a l'impression d'avoir déjà vue quelque part, s'assoit, désigne l'autre fauteuil du regard et ferme la porte.

Neptune attaque en disant qu'elle connaît ses intentions et sait qu'elle veut la libération de son frère. La connétable ne se souvient de rien de la boucle : elle les a vus arriver dans la salle du trône, puis disparaître une heure pendant la réception donnée en leur honneur, et rien de plus mémorable. Son frère est bien retenu à la prison d'Agener, à cause du roi ou de leurs propres agissements, à voir.

L'entretien tourne aux menaces à peine voilées, et Saoirse le dit sans détour : la démarche est détestable, mais elle a la main forcée. Neptune corrige le cadre, elle donne des nouvelles plutôt qu'elle ne les monnaye, et lâche le nom de Christina. La main sur la bouche, les yeux pleins de larmes, Saoirse écoute qu'Eogan va bien, qu'il passe le bonjour, et que la cause qu'il défendait était juste : c'était à lui de mener ce combat, elle-même étant trop colérique et trop portée à rentrer dans le tas.

Le pacte se noue là. Neptune garantit la sécurité d'Eogan, et son rapatriement au palatinat si l'on ajoute des éléments dans la balance : que Saoirse ne pousse pas Irena à la guerre, et fasse pencher la négociation du côté de la paix. La connétable prévient qu'ils arrivent un peu tard pour cela, promet de plaider et d'obtenir des négociations dans la semaine, puis pose sa condition : si son frère n'est pas rapatrié sain et sauf, elle fera changer d'avis Irena et le feu pleuvra sur Véloria. Elles se serrent la main.

Ce qu'on a fait de Tilika

Sa part du marché, Saoirse la paie sans marchander. Tilika Murano est bien à Sabrenas, et c'est elle qu'on avait chargée d'aller la prendre, il y a quelques années.

Quelqu'un est arrivé au palatinat un soir, quelqu'un qui dissimulait son visage et ne voulait pas être reconnu, dont ceux qui l'ont aperçu pensaient qu'il pratiquait la magie. Cette personne a réclamé une audience à Irena, qui l'a accordée. En sortant de cette audience, Irena a convoqué Saoirse et son frère et leur a donné mission d'enlever Tilika. Eogan était contre. Saoirse, loyale à Irena avant tout, s'est exécutée : de nuit, vite, proprement, sans laisser à la famille le temps de réagir. Elle a remis Tilika vivante à Irena, pas au mage, et n'en a plus jamais entendu parler. Irena parlait d'un projet qui serait dévoilé en temps et en heure et qui servirait la grandeur de Sabrenas.

Faute de réponse sur la suite, Saoirse a laissé traîner ses oreilles. Un mage installé dans un quartier de la ville fait parler de lui et, dit-on, fait des merveilles. Il s'appelle Erasme Tombétoile, et il vient de Véloria.

Restent deux choses utiles avant qu'elle ouvre la porte. L'après-midi, personne ne s'intéressera à trois ambassadeurs : le peuple sabrin célèbre sa libération, honore ses morts et regarde les jeux, et un discours sur la paix ferait bonne impression. Et Irena aime les roses noires, celles qu'elle a fait planter autour du kiosque des jardins. Sur elle-même, la connétable ne cède rien : elle déteste les Véloriens et tout ce que ce pays représente, elle est prête à s'allier à ses ennemis pour sauver son frère, et si elle vient de Véloria elle aussi, ce qui définit une vie ce sont les choix et les actes.

L'échoppe de l'archimage

Onze heures sonnent à la grande horloge et le groupe se retrouve devant le château, chacun avec sa moisson et ses regrets. La journée a déjà changé de forme : Cera part visiter la ville avec Abigail, Percy et les soldats, Isembart ne quitte pas Théobald, le rendez-vous des jardins de la première boucle n'a plus lieu d'être, et le cadeau de la comtesse est connu d'avance.

Ils demandent à Percy de les mener à la fameuse échoppe du mage. Il trouve la requête étrange mais les conduit dans une ruelle à l'écart, devant une pancarte bleue aux lettres d'or qui flotte un peu : « L'archimage Erasme Tombétoile, grand magistrat doyen de l'académie des magiciens, mage séculaire puissant ». Un mage séculaire de la puissance annoncée serait mort depuis cinq siècles, et le mot d'archimage ne va pas avec : la pancarte se démonte toute seule.

À l'intérieur, un petit homme fatigué demande s'ils ont rendez-vous, entend le mot d'ambassadrice de Véloria sans avoir l'air d'écouter, et les fait passer dans une salle d'attente aux rideaux de velours violets semés d'étoiles, avec des amulettes pendues au plafond, des chandeliers, de l'encens, des squelettes d'animaux sur les étagères et des boules de cristal. Il y fait si sombre qu'on distingue mal ce qu'on a devant soi.

Deux personnes attendent déjà. Une vieille femme au visage couvert d'un voile, qui se détourne, et un jeune homme bronzé et souriant qui dénote dans le décor. Il se penche vers Chelinka pour demander si elle est vélorienne, se réclame vélorien lui-même et voyageur, et se voit répondre par un nom : Timothy Charlton. Il devient écarlate, croit son père derrière tout cela, et met un moment à se calmer. La déduction a tenu à trois indices, un jeune Vélorien qui voyage, la peau hâlée, et l'air innocent de celui dont Timothy a pris la place au collège des mages.

Il ne veut pas qu'on l'appelle Charlton : ce sera Jérémy Driz. Il est mage de foudre, il revient du khalifat de Sapajou où il a traversé le grand désert à dos de chameau, et il est arrivé ici par un bateau de jusquiame blanche, curieux de nouvelles cultures et de magie. Que les Véloriens ne soient pas les bienvenus, il le sait : il ne le dit pas trop, et ne l'a avoué qu'à des gens dont l'habillement le criait déjà.

Un coup de gong, les rideaux s'ouvrent d'un coup. Un homme très grand entre au ralenti, la tête sous une capuche qui masque tout sauf les yeux, et passe lentement parmi les gens assis. Arrivé à leur hauteur, il pointe Chelinka du doigt : il sent qu'elle a fait un grand voyage et qu'elle a de grandes questions à poser. Puis il pointe Jérémy. Tous les quatre, avec lui. Ils entrent dans un bureau plongé dans le noir complet, les rideaux se referment, et le silence tombe.

Facts

  • C'est la première fois de la campagne que les trois se séparent pour agir chacun de son côté.
  • La déduction de Someul sur l'identité du jeune homme de la salle d'attente tombe à la première réplique du personnage, alors que le maître du jeu l'avait posé là comme un figurant qu'on démasquerait au bout de plusieurs échanges.
  • Le maître du jeu avait dit hors partie que les archimages portent des noms à consonance étrangère et les mages de moindre rang des noms français composés : c'est ce qui fait tiquer la table sur l'enseigne de Tombétoile.
  • Le maître du jeu souligne en fin d'épisode que la quête principale, les négociations, n'a toujours pas commencé au dix-huitième épisode de la saison.
  • La boucle temporelle sert de filet : la table tente des choses qu'elle n'oserait pas autrement, en se disant que la journée se rejouera.

Références

https://open.spotify.com/episode/3vSIMrHpzR5pVNDIDlgEMl?si=o0ZmiOevSlm_Eh9ueZlq0A