Aller au contenu principal
episodes/saison-3

S03E15 - Pactiser avec l'ennemi

L'épisode "Pactiser avec l'Ennemi” est le 15e épisode de la saison 3 du Mythe de la Taverne Ainsi que le 78e épisode enregistré par le groupe.

Résumé

Devant l'antichambre où repose Aliénor, la conversation avec Saoirse Keller tourne mal : Neptune demande ce que vaut une promesse de paix venue de quelqu'un qui sert un tyran, et la connétable réplique que Sabrenas n'est pas parfait mais essaie au moins. Thorpe s'interpose. Saoirse coupe une mèche de cheveux de Neptune avec les lames de son bras mécanique, puis lui donne rendez-vous en fin de matinée dans les jardins.

Someul entre dans l'antichambre au bras de Lars, qui s'invite et lui fait servir ce qu'on donne aux enfants. La pièce est pleine de gens venus se recueillir. Un vieil homme, Erwin, mécène et ami de la défunte, la décrit : une veuve vélorienne discrète, qui écrivait des carnets, brodait, jouait aux échecs et disait ce qu'elle pensait en petit comité, accompagnée de sa servante Rosalie. Elle serait morte de vieillesse. Pendant que Chelinka fait écran de ses cheveux, Neptune, invisible, soulève les paupières du corps : deux orbites vides.

Percy leur fait ensuite visiter Sabrenas, la vieille ville, les façades mécaniques et la place de la Libération dominée par la grande horloge. Devant la statue de Thaddäus le Libérateur, un guide raconte l'abdication de Berthomieu le Pourfendeur et un des soldats véloriens crie que c'est faux. Chelinka le remet à sa place devant toute la foule.

Aux jardins, dans un kiosque entouré de roses noires, Saoirse démonte son bras et le pose sur le banc en gage de bonne foi. Elle ne veut qu'une chose : des nouvelles de son frère Eogan. Contre l'assurance que sa libération figurera dans les négociations, elle promet de plaider auprès d'Irena que la guerre ne servirait pas les comptes du palatinat, et livre ce que Neptune lui réclame en échange : Tilika Murano est à Sabrenas, elle l'a bien enlevée, sur commande de quelqu'un.

Avant qu'elle dise de qui, une lame lui traverse le torse. Isembart lâche son épée, tombe à genoux et se met à sangloter pendant qu'elle s'effondre.

Description de l'épisode

Comment Chelinka devint le sergent-chef instructeur des soldats de Veloria, comment Neptune devint une héroïne de livre ennemies to lovers phénomène Booktok et comment Someul se fit offrir un jus d'ananas.

Contenu de l'épisode

Ce que vaut une promesse de paix

La conversation sur le temps qu'il fait tourne court. Saoirse Keller se retourne enfin vers les ambassadrices, les toise de haut, et demande si elle aura la joie de les voir aux festivités de la libération l'après-midi, pour le cent cinquième anniversaire. Ont-elles prévu un discours, un cadeau pour le palatinat ?

La réponse est qu'elles apportent la paix. Suit la question qui met le feu : une promesse de paix venant de quelqu'un qui obéit aux ordres d'un tyran laissant son peuple crever dans la misère, est-ce que cela vaut quelque chose ? Saoirse serre les poings, le visage déformé par la colère. Sabrenas n'est peut-être pas parfait, mais on y essaie au moins, et elle aimerait savoir ce qu'on essaie du côté de Véloria, un pays qu'elle connaît bien. Thorpe s'interpose, plaide qu'il n'y a nul besoin d'en venir aux mots qui dépassent la pensée et que ces dames étaient venues parler de la pluie et du beau temps.

Neptune tient sa position : vouloir la paix est une cause louable, il serait temps de laisser les anciennes manières derrière soi. Saoirse se détend, répond qu'il y a d'un côté les mots et de l'autre les actes, et qu'elle les verra donc à la fête de la libération prononcer un discours sur la paix des peuples devant les Sabrins, puisque ce sont eux qui célèbrent.

Puis elle s'approche, effleure les cheveux de Neptune de sa main mécanique aux plaques de porcelaine ornées d'or, et une mèche tombe : deux de ses doigts sont des lames, et elle s'excuse d'un bras qu'elle maîtrise mal. La conversation dérape encore, jusqu'à ce que Thorpe se place entre les deux femmes. C'est alors que Saoirse se penche à l'oreille de Neptune et murmure qu'elle a l'air de savoir beaucoup de choses : rendez-vous en fin de matinée dans les jardins, pour ce qui ne se dit pas devant tout le monde. Elle part sans un mot de plus, et Thorpe la regarde s'éloigner en soufflant.

Resté seul avec elles, le mage se veut rassurant : Irena est bien moins sanguine que Saoirse Keller, les négociations se passeront mieux avec elle. Si la connétable nourrit une telle haine du royaume, c'est notamment parce que son frère y est emprisonné. Il n'en dit pas plus, s'excuse, regarde longuement quelque chose au loin et s'en va. Ce qu'il fixait, c'est la grande tour de la ville et l'horloge à cadran clair autour de laquelle tournent des planètes.

Un jus d'ananas dans la chambre mortuaire

Someul approche de la porte de l'antichambre avec Tristram à ses côtés, courbé et tête basse comme un vieux serviteur, quand il se fait bousculer. C'est Lars, qui s'étonne à voix haute qu'ils n'arrêtent pas de se rentrer dedans et que l'autre prenne toute la place dans le couloir. Il cherche aussi la personne qu'il croit avoir vue l'accompagner : Tristram a disparu.

Apprenant qu'on veille une dame nommée Aliénor, Lars n'en a jamais entendu parler, n'ayant pas le temps de s'occuper de toutes les femmes du château, surtout passé cinquante ans. Il décide malgré tout d'aller payer ses respects, pose la main sur l'épaule de Someul et pousse la porte.

La pièce n'est pas vide, contrairement à ce qu'ils espéraient. Sans fenêtre, éclairée de bougies et de cierges, elle est meublée de bancs et de chaises disposés autour d'un autel de pierre où le corps repose. Une dizaine de personnes s'y recueillent, dont des gens âgés qui viennent pleurer. Lars arrête un serviteur, commande un verre de vin pour lui et, pour son ami, ce qu'on sert habituellement aux enfants qui ne boivent pas d'alcool. Someul hérite d'un jus d'ananas, d'une tape dans le dos, et le voit tourner les talons.

Ce qu'Erwin dit de la défunte

À l'écart, un homme âgé est assis, appuyé sur sa canne. Someul s'assoit à côté de lui. Il s'appelle Erwin, et la défunte était une de ses plus proches amies.

Aliénor était une veuve vélorienne, discrète, connue de personne à la cour. Elle écrivait beaucoup et gardait des carnets partout avec elle, brodait, jouait aux échecs, et passait ses journées à se promener dans les jardins avec lui. Elle ne tenait pas toujours sa langue et disait ouvertement ce qu'elle pensait des gens qui l'entouraient, du moins en petit comité : devant les personnes haut placées, elle savait se retenir. Elle était toujours accompagnée de sa servante, Rosalie, que la mort de sa maîtresse a dû faire réaffecter ailleurs dans le château ou renvoyer chez elle, une servante dont la maîtresse meurt étant mal vue. Sur les circonstances, Erwin ne voit rien d'autre que l'âge.

Lui-même est mécène : il finance des inventeurs, dans l'espoir qu'ils trouvent un jour quelque chose dont le palatinat profitera. Les petits automates qui travaillent dans les champs de jusquiame blanche ne sont pas de son fait.

Deux orbites vides

Le corps est au centre de la pièce, en robe, les mains sur le ventre et les yeux fermés, entouré de cierges. Rien ne se remarque sur ce visage de vieille dame.

Neptune se rend invisible derrière la porte et se glisse dans la pièce, ce qui laisse le serviteur perplexe devant un battant qui s'entrouvre tout seul. Chelinka s'approche du corps et se penche de façon que ses longs cheveux fassent écran. Deux doigts invisibles soulèvent alors les paupières d'Aliénor : il n'y a plus d'yeux, seulement deux orbites vides. Les paupières sont refermées, le groupe ressort, et personne dans le couloir n'a rien remarqué.

Sabrenas sous un ciel bas

Percy attend à la porte du château pour la visite promise, et le contingent sort au complet. Le ciel s'est couvert et la brume réduit les bâtiments de la côte à des silhouettes. Les larges rues pavées d'ardoises noires aux jointures blanches sonnent sec sous les talons et contrastent avec les ruelles tortueuses de Véloria, et l'air est frais et humide, et la cité semble respirer.

Autour du palais palatin s'étend la vieille ville, bâtie en pierre noire et anthracite, les façades lourdes de gargouilles, de vitraux et de fenêtres gothiques. Plus on s'éloigne du château, plus les ornements deviennent mécaniques, cuivre et or aux balcons. Au centre, une grande tour porte une horloge à cadran d'ivoire sur laquelle tournent des planètes et domine la place de la Libération, d'où les rues partent en étoile. Percy assure que la tour ne sert à rien d'autre qu'à être belle et à donner l'heure.

Sur la place trône la statue de bronze de Thaddäus le Libérateur brandissant une couronne brisée. Les festivités commencent : des bateaux débarquent des visiteurs, un guide mène un groupe et raconte ce qui symbolise la guerre de la libération, le jour où Berthomieu le Pourfendeur, roi de Véloria, a abdiqué devant Thaddäus il y a cent cinq ans.

C'est là qu'un des soldats véloriens de l'escorte crie que c'est faux, devant toute l'assemblée qui se tourne vers eux. Chelinka le prend à part sans élever la voix plus qu'il ne faut : il a été choisi pour accompagner une ambassade de paix, pas pour avoir son moment de gloire, il attire l'attention sur eux et les fera tuer. Il a le droit de le penser, pas de le dire. L'homme se décompose, baisse les yeux et s'excuse platement, et les autres soldats baissent les yeux aussi. Isembart, qui n'a toujours pas retrouvé les cinq disparus faute d'effectifs, envoie le fautif chercher une patrouille au château pour partir à leur recherche.

Percy annonce le programme de l'après-midi, les grands jeux présentés par la comtesse, puis les lumières sur la plage en l'honneur des morts de la guerre. L'horloge sonne : c'est la fin de la matinée.

Le bras posé sur le banc

Il faut se débarrasser des accompagnateurs. Percy est renvoyé au palais malgré ses plaintes, Abigail est expédiée s'entraîner à la pertuisane, Cera part faire ses courses. Isembart et les soldats restent à l'entrée des jardins avec deux consignes : venir immédiatement s'ils entendent siffler, et venir de toute façon au bout de vingt minutes.

Dans les jardins, un kiosque entouré de roses noires. Saoirse Keller attend, fait signe de la suivre et s'enfonce sans répondre aux questions. Neptune s'arrête et refuse d'aller plus loin sans savoir où. Puisqu'il faut un endroit à l'abri des regards, ce sera le sien, derrière un muret que ses compagnes invisibles peuvent atteindre aussi.

Saoirse s'assoit, sort une clé à molette et resserre les écrous de son bras. Ce qu'elle veut savoir : d'où viennent les informations que Neptune n'est pas censée avoir, et si elle connaît son frère. Quand on lui demande ce qu'il y a à gagner à parler avec quelqu'un qui prend de haut les Véloriens devant les représentants du pouvoir, elle fait tourner les écrous de son épaule, détache son bras dans un jet de vapeur et le pose sur le banc. Elle rappelle aussi qui est en position de force : Véloria détient son frère, et tout ce qui arriverait aux ambassadeurs retomberait sur lui.

Un marché sur un frère

Neptune raconte. Elle a vu Eogan à la prison d'Agener, il va bien, il a parlé d'elle. Il juge son incarcération injuste mais estime que le libérer par la violence dessert la cause qu'il défendait, et il n'a pas la même approche que sa sœur. Les yeux de Saoirse s'embuent : elle admet avoir surréagi quand on l'a séparée de lui, dit qu'elle donnerait tout pour son frère, et que sans Irena pour l'en empêcher elle serait allée se battre elle-même au premier rang plutôt que d'y envoyer Monsieur Cascade. C'est lui, dit-elle, qui menait leurs forces au front jusqu'à ce qu'il soit trahi : quelqu'un de leurs rangs serait allé donner à un représentant royal la position de leur prochaine attaque. Elle cherche encore qui.

Vient le marché. Elle ne sera jamais l'amie du royaume, elle n'aime ni le roi ni la façon dont le pouvoir y est organisé, mais elle peut mettre ses différends de côté et parler en faveur de Véloria auprès d'Irena, subtilement, en plaidant qu'une guerre ne serait bénéfique ni aux deux pays ni aux comptes de Sabrenas. En échange, elle veut que la libération de son frère et son retour à Sabrenas figurent parmi les conditions des négociations. Neptune ajoute la sienne : ce qui est arrivé à Tilika Murano. Saoirse écarquille les yeux, réfléchit, tend la main.

Elle est à Sabrenas, dit-elle. Elle l'a bien enlevée, à la demande de quelqu'un.

La lame d'Isembart

Avant qu'elle dise de qui, une giclée de sang atteint le visage de Neptune. Saoirse Keller ouvre de grands yeux, du sang coule de sa bouche, et une pointe d'épée sort de son torse. Derrière elle se tient Isembart, la lame dégoulinante et les mains tremblantes. Il jette son épée à terre, tombe à genoux et se met à sangloter devant le corps.

Saoirse s'étouffe dans son sang en regardant Neptune, mi-fureur mi-incompréhension, et meurt.

Facts

  • L'épisode inaugure le générique du podcast, composé pour la table par Antonin Brown, et les premières illustrations officielles des personnages.
  • Le gentilé du palatinat est arrêté à la table pendant la partie : les Sabrins et les Sabrines.
  • Le maître du jeu estime après coup qu'aucun enchaînement ne voyait Saoirse Keller survivre à la main d'Isembart : la scène des jardins n'a fait qu'en décider le moment.

Références

https://open.spotify.com/episode/12WvK0GtztCYjHkX5T34fC?si=W-I4WPDMTJm6ccLz4CDVpw