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Hors-séries

Hors-série Royal #02 - Qui veut épouser Elina ?

L'épisode "Qui veut épouser Eline ?" est un épisode Hors-Série du Mythe de la Taverne. Ainsi que le 62e épisode enregistré par le groupe.

Résumé

La soirée reprend au jardin de cristal devant la file des prétendantes de Gontran. Pour la vider, les chaperons d'Elina envoient les unes se faire souffler des vers par le poète Ambrose, et convainquent les autres que Céleste est une autrice célèbre venue incognito, dont la prochaine mode sera de laisser tomber les carnets de bal. Elles déchirent les leurs.

Gontran revient devant une piste vide, rappelle qu'il monnaie ses danses auprès des familles et n'a rien négocié avec les Cherrington. Elizabeth le fait plier par une allusion à ce qu'une noble aurait dit de lui. Il danse sans y mettre le cœur, s'aperçoit que les prétendantes se désintéressent de lui, revient furieux et jure de ruiner la réputation d'Elina.

Ambrose se présente ensuite, réclame une danse, et découvre que ces gens n'ont jamais lu une ligne de lui : Edgar voulait faire dédicacer un livre avant de le lire, et les titres qu'on lui cite ne sont pas les siens. Elizabeth improvise un poème et le lui attribue, Céleste lui vend une tournée de lectures accompagnées par l'orchestre royal, et il emmène Elina se promener dans les haies.

Une des prétendantes évincées fait un croche-pied à Elina en pleine piste. Toute la salle rit, jusqu'à ce que les chaperons se jettent par terre à leur tour et fassent passer la chute pour une mode nouvelle. Pendant ce temps, une mère offre cher une danse pour son fils, un petit homme qu'elle présente comme un grand archer.

Dans les haies, Bégonia glisse une lettre à Jacquemont, le fils du chef d'orchestre Jossuan. Elizabeth la lui reprend en montant Ambrose et lui l'un contre l'autre : les deux hommes finissent dans les rosiers, le poète part furieux, et Jacquemont hérite de la danse. Elina, restée seule, suit trois jeunes nobles au centre du labyrinthe, où ils lui servent du vin.

Les tantes surgissent et désignent Camélien, le valet qui coupe la viande de la reine mère, que Céleste vient d'aller chercher et de faire passer pour un artisan du textile : s'il défend l'honneur d'Elina, il pourra prétendre à sa main. Il prend une gifle, Céleste assomme l'insolent d'une liasse de contrats, et les deux dames de compagnie giflent les autres de leurs gants. Les tantes inscrivent Camélien au carnet, et Elina danse enfin avec celui qu'elle avait nommé au premier soir. À la table royale, un « oh » traverse l'assemblée : un homme aux cheveux blancs se tient debout au milieu des convives, tous les regards tournés vers lui.

Description de l'épisode

Comment Bégonia repéra la célèbre Janette Austin dans le mariage, comment Elizabeth toucha les fesses de Jacquemont, comment Céleste inventa l'orchestre premium sans publicités et comment Edgar voulu faire dédicacer son exemplaire des Fleurs du Bien

Episode en compagnie d'Agnès et Charlotte de 4ème de Couv', le podcast où on papote lecture !

Contenu de l'épisode

L'orchestre premium

Une dizaine de prétendantes attendent toujours Gontran au bord de la piste, et il faut vider cette file avant qu'Elina puisse danser. Première idée : raccourcir les valses. Céleste monte sur l'estrade féliciter Jossuan, le chef d'orchestre, un homme à la montre à gousset d'or qu'il consulte entre deux morceaux, et lui explique qu'elle a accompagné sur le continent un orchestre qui ne jouait plus que des extraits de ses morceaux, pour donner envie d'entendre la suite et de payer pour cela. Il trouve l'idée bonne mais refuse de la tester au mariage du prince Léomir, où il est déjà payé pour jouer. Il signe tout de même le contrat, de la main qui ne dirige pas.

Edgar tente d'en profiter pour glisser sur le pupitre ses propres partitions, des morceaux de dix secondes qu'il avait justement en poche. Les musiciens tournent la tête au mauvais moment et il les reprend.

Le chef d'orchestre, lui, s'enquiert de savoir si ses interlocuteurs sont des amis de son fils. Il le désigne dans la foule : Jacquemont, jeune homme élancé à la démarche raide, petite moustache blonde, joli chapeau et boutons de manchette de nacre et d'or. Il est célibataire, il aime danser, et il cherche aussi un bon parti.

Jeannette Austin, venue incognito

Reste à détourner les prétendantes elles-mêmes. Bégonia et Elizabeth leur annoncent qu'Ambrose, le poète que tout le monde admire, se trouve dans la salle : une valse ne dure que trois minutes, et il serait temps d'aller apprendre chez lui les mots doux qu'on soufflera à Gontran. Quatre d'entre elles partent en courant.

Pour les quatre dernières, Bégonia change de registre. La très célèbre autrice Jeannette Austin est ici, incognito, à chercher l'inspiration pour ses prochains romans, et celles qui la trouveront pourraient bien se retrouver dans un livre. Elle appuie en racontant l'histoire d'un roman de Raymond Piedcassé, où une romancière prend pour personnages de jeunes filles très belles et très intelligentes. Puis elle désigne, à côté de l'orchestre, la femme en tailleur : Céleste.

Les quatre jeunes filles fondent sur elle au moment où elle rangeait son contrat. Céleste joue le jeu, refuse de dévoiler son prochain roman, puis consent à une confidence : la mode qui vient veut que ce soient les jeunes hommes qui courtisent, et les hommes qui tiennent un carnet de danse. Courir après Gontran, c'est le tome précédent. Les quatre déchirent en confettis la page où son nom est écrit.

La danse la plus chère du bal

La valse s'achève et Gontran revient sur une piste vide. Il cherche ses courtisanes du regard, et on lui présente Elina, dont le nom figure sur un carnet de bal, ce qui fait office de promesse. Les chaperons vantent la marchandise devant elle : dix-neuf ans, très intelligente, elle joue du piano, elle sait tenir une maison, elle coud, elle a les hanches larges.

Gontran remet les choses en place. Ses danses se négocient avec les familles, contre paiement ou contre faveurs, et il n'a rien négocié avec les Cherrington. Elizabeth passe alors à autre chose : une certaine Charlotte de Beaumont lui aurait confié, quelques années plus tôt, des choses intéressantes sur lui, à commencer par le fait qu'il n'était pas prêt à se marier. Vexé, il accorde la danse.

Il la donne sans y mettre le cœur, répond par monosyllabes, et regarde surtout les quatre jeunes filles au bord de la piste, qui font mine de ne pas le voir. Il ramène Elina et réclame son dû. Comme il n'obtient rien, il lâche que cette enfant est de petite vertu, promet d'en parler à toutes celles avec qui il dansera désormais, et s'en va sans souhaiter le bonjour.

Le poète qui n'avait jamais été lu

Un jeune homme s'approche des deux dames de compagnie et leur fait un baisemain : cheveux longs châtain bouclés, fine moustache, petit bouc, et une grosse chevalière à rubis. C'est Ambrose. Il demande une place au carnet de la jeune fille qui danse, puis pose la seule question qui l'intéresse : a-t-elle lu ses écrits ?

Tout le monde jure que oui. Edgar, qui n'a pas le droit de mentir, sort de sa poche un livre que sa cousine lui a offert et qu'il voulait faire dédicacer avant de le lire, sans pouvoir en donner le titre ni prétendre en avoir lu une ligne. Le poète se renfrogne. Interrogées sur leur ouvrage préféré, les deux dames de compagnie citent « Sensations » et « Les Fleurs du Bien », qu'il ne se souvient pas avoir écrits : il en a tant, leur explique-t-on, qu'il en a oublié les titres. Comme il réclame un passage récité, Elizabeth griffonne quelques vers au dos d'un carnet de bal et les lui sert comme étant de lui, une histoire de rose éclose, de pétales ouverts et de pistil qui s'émerveille. Il ne les reconnaît pas et les répète toute la soirée.

Pendant ce temps, Céleste lui serre la main des deux mains pour tirer sur sa chevalière, qui ne vient pas. Elle se rattrape sur un contrat : mettre ses poèmes en musique avec l'orchestre du mariage, faire une tournée de lectures dans le royaume, démocratiser une œuvre qui ne devrait pas rester réservée à ceux qui savent lire. Il signe, obtient sa danse, puis demande la permission d'emmener Elina se promener dans le jardin avec un chaperon.

Un croche-pied et un collier de perles

Sur la piste, l'une des prétendantes envoyées vers le poète se faufile entre les danseurs et fait un croche-pied à Elina, qui s'étale de tout son long. Les musiciens s'arrêtent, l'assemblée fait « oh », puis éclate de rire. Les quatre chaperons se jettent alors par terre, les quatre jeunes filles suivent, quelques nobles s'y mettent, et la chute devient une mode que la salle finit par applaudir sans rien y comprendre. La coupable se laisse tomber aussi et se casse le nez. Ambrose repart avec Elina, dont Edgar a soigné les genoux avec la trousse de toilette qu'il avait sur lui.

Une femme aborde alors Céleste et Edgar : ronde, cheveux roux enroulés sur la tête, robe orange, gros collier de perles, une belle épée au bras. Elle veut acheter une danse pour son fils, qu'elle présente comme un grand guerrier excellant au tir à l'arc et issu d'une famille très riche. Le fils paraît sur un signe : petit, trapu, double menton, une tête de rat et des vêtements trop grands pour lui. Céleste réclame le collier de perles pour parler en sa faveur, l'obtient, et refuse d'aller au-delà d'une recommandation, la danse restant à Elina de l'accorder. Faute d'accord, elle rend le collier. La mère reconnaît en partant que son fils est timide, et que personne ne s'intéresse à lui.

Une bagarre dans les rosiers

Bégonia et Elizabeth suivent le poète et la jeune fille dans le labyrinthe de haies, à distance d'un chaperon. Bégonia y croise Jacquemont, l'interpelle sur son père, apprend qu'il préfère l'arbalète et le vin à la musique, et lui glisse dans la main une des lettres de sa maîtresse, qu'il accepte d'un clin d'œil.

Elizabeth passe le reste de la promenade à essayer de la reprendre. La lettre finit au fond d'une poche de pantalon, et elle ne l'atteindra qu'en créant une diversion : elle présente Jacquemont à Elina sous le nez d'Ambrose, puis fait dire au jeune homme qu'il n'a jamais lu le poète, et qu'il ne sait lire que la musique. Ambrose devient tout rouge, Jacquemont le repousse, chacun attrape l'autre par le col, et ils basculent dans les rosiers pendant qu'Elina supplie qu'on cesse de se battre pour elle, sans en être fâchée. La main plonge dans la poche arrière et la lettre en ressort.

Céleste sépare les deux hommes en les prenant par les poignets, en profite pour tenter les boutons de manchette de Jacquemont, et échoue. Ambrose s'en va extrêmement chafouin. Jacquemont, qui n'a plus de rival, obtient sa danse, et Elina la lui accorde en glissant qu'elle aurait préféré finir sa promenade.

Le valet qui coupe la viande

Restés seuls, Céleste et Edgar décident de chercher le seul nom qu'Elina leur ait donné. Ils trouvent Camélien à la table royale, où le roi et le prince Léomir viennent de s'installer parmi les convives, dont trois personnages étranges : une femme aux cheveux rouges, une autre dont la moitié de la chevelure est d'un noir profond, et un homme très costaud. Camélien, lui, est le valet chargé de couper la viande de la reine mère. Il a dix-neuf ans, les cheveux blonds séparés par une raie au milieu, l'air avenant.

Interrogé sans ménagement sur ses intentions, il rougit et finit par avouer qu'il aimerait épouser Elina, tout en sachant qu'un simple domestique n'y a pas droit. Il coud, rapièce les vêtements des serviteurs et parfois ceux de la seigneurie, et rêve d'ouvrir sa boutique.

Céleste tient là son affaire. Elle se porte garante de la boutique, à condition que les intentions soient pures et le mariage sérieux, et lui fait signer un contrat de gérance. Reste la tenue : Camélien est en habit de serviteur. Les deux disparaissent derrière le rideau d'un petit salon privé, sous les regards de nobles qui commencent à jaser, et ressortent l'un en serviteur, l'autre dans les habits d'Edgar. Le nom est inscrit au carnet.

L'honneur d'Elina et le choix des tantes

Pendant ce temps, plus personne ne chaperonnait Elina. Jacquemont revient seul de la piste : la danse terminée, il l'a vue partir avec trois jeunes hommes. Les trois tantes surgissent de la foule, les éventails partent, et tout le monde se précipite au centre du labyrinthe de haies. Elina y est seule avec les trois nobles, qui lui servent des coupes de vin en assurant qu'une petite coupe se fait bien, pour le mariage du prince.

Délogés, les trois partent en jetant une coupe de vin sur Elizabeth. Les tantes exigent réparation et se tournent vers Camélien : qu'il sauve l'honneur d'Elina, et il pourra prétendre à sa main. Il s'avance d'une voix tremblante, reproche aux trois de ne pas mériter la compagnie d'une jeune fille aussi chaste, et reçoit une gifle. Céleste surgit derrière l'insolent et l'assomme d'une liasse de contrats. Edgar retourne les deux autres en leur peignant la vie qui attend des hommes à la réputation ruinée, et les deux dames de compagnie les giflent chacune d'un gant. Ils s'excusent auprès d'Elizabeth, de Camélien, d'Elina et des tantes, et déguerpissent avant qu'on avertisse leurs familles. Bégonia a eu le temps d'en garnir un d'une enveloppe.

Reste à conclure. Céleste présente Camélien aux tantes comme un artisan du textile qui travaille pour la famille royale, ce qui est faux, et Bégonia hoche la tête pour appuyer. Lisette le trouve tout à fait respectable, et les trois s'accordent à l'inscrire au carnet. Consultés, les chaperons donnent leur ordre de préférence : Camélien, puis Jacquemont, puis Ambrose. Bettina se satisfait de la lettre placée, Adélaïde de l'honneur préservé, sans savoir qu'une enveloppe est partie quand même.

Elina danse enfin avec celui qu'elle avait nommé au premier soir, et les deux se regardent avec des yeux qui ne trompent personne. Derrière les chaperons, un « oh » monte de la table royale. Tout le monde s'est tourné vers un homme aux cheveux blancs et à la barbe, debout au milieu de l'assistance. Ce qui suit ne regarde plus la famille Cherrington.

Facts

  • Le hors-série se joue en parallèle du 32e épisode de la saison 2, à la même soirée et dans la même salle. L'homme aux cheveux blancs qui se lève à la table royale y déclenche la scène que la campagne principale raconte de l'autre côté, et les trois convives étranges attablés avec le roi sont Chelinka, Neptune et Someul, invités d'honneur du mariage.
  • Le cortège de trois personnes accompagnées d'un cuisinier que les chaperons voient passer au premier épisode est le même groupe, croisé depuis l'autre bord.
  • Ildace est aperçu en train de courtiser une jeune femme. Personne ne va lui réclamer le bracelet de perles qu'il a volé à Elina la veille : les chaperons envisagent de le brûler avec le briquet, puis renoncent.
  • L'autrice dont Bégonia fait endosser l'identité à Céleste est un clin d'œil de la table à Jane Austen, dont l'intro du premier épisode pastichait déjà la première phrase d'« Orgueil et Préjugés ». La table place aussi un romancier et un auteur de fantasy contemporains dans la foule du bal.
  • Le poème qu'Elizabeth attribue à Ambrose est improvisé à la table et écrit au dos d'un carnet de bal volé.
  • Le maître du jeu tient de ses lectures qu'un valet chargé de découper la viande du seigneur existait vraiment au Moyen Âge, sans avoir pu retrouver sa source.
  • En fin de partie, le maître du jeu rappelle que le traitement réservé à Elina tout au long du diptyque appartient au décor emprunté, et non à ce que la table pense.
  • Les quatre personnages étaient prévus pour ces deux épisodes seulement. La table laisse ouverte la possibilité de les revoir, la chasse royale étant évoquée.

Références

https://open.spotify.com/episode/2qiTgF6bP1r7o0zXQfAe7J?si=AX4tWns1Ts-YgkORTLVkNg