Aller au contenu principal
episodes/saison-1

S01E19 - La bataille d'Agener

L'épisode "La Bataille d'Agener" est le 19e épisode de la saison 1 du Mythe de la Taverne. Ainsi que le 23e épisode enregistré par le groupe.

Résumé

À la tombée de la nuit, un homme seul se présente devant le mur de flamme blanche d'Agener. Monsieur Cascade, lieutenant de Saoirse Keller, offre à la prison de repartir sans combat contre la remise immédiate d'Eogan Keller. Carissa Skyke refuse, et il lance aux soldats des remparts un appel à la trahison.

L'assaut arrive sous la forme d'une foule mal armée que la flamme blanche réduit en cendres, jusqu'à ce que des barils de poudre arrachent un pan du mur d'enceinte. Someul tient l'entrée dos à dos avec Carissa Skyke, mais Monsieur Cascade les domine tous les deux.

Dans la citadelle, Neptune et Herevard en viennent à douter du bien-fondé de la défense : garder Eogan Keller au prix de centaines de morts donnerait raison au pouvoir qui l'a emprisonné. Neptune fait échanger ses vêtements avec ceux d'un garde et le sort discrètement de la citadelle, en direction du cimetière de la vieille ville, tandis qu'un garde grimé prend sa place en cellule.

Sur le champ de bataille, Someul doit choisir entre sauver Carissa Skyke d'une dague dans le dos et avertir Constance Defontaine de la bombe qui vise sa fenêtre. Il sauve la capitaine. Le bureau d'Herevard explose et Constance en réchappe de justesse.

L'armée de Saoirse Keller remporte cette première phase, vingt-huit points contre vingt-quatre, et ses combattants se dispersent dans Agener au lieu de tenir la place. Les renforts ne sont toujours pas arrivés. Nos héros se retrouvent devant la citadelle et décident de tenter la négociation, avec un piège en réserve.

Description de l'épisode

Comment la promesse de Someul fut mise à rude épreuve, comment Chelinka fut brièvement promu Capitaine, et comment Neptune remis en question ses repères moraux.

Contenu de l'épisode

La proposition de Monsieur Cascade

Avant de gagner leurs postes, nos héros se donnent un point de ralliement, devant leur maison, et un signal pour se retrouver dans le chaos : un sifflement suivi d'un « eh mademoiselle ».

Someul rejoint Carissa Skyke à l'entrée d'Agener, derrière la vingtaine d'hommes en armure lourde. En marchant vers le mur de flamme blanche, la capitaine met les choses au clair : elle ne l'aime pas, lui et sa bande, parce qu'ils sèment le désordre là où elle veut de l'ordre. Ce soir, elle met cette différence de côté et lui demande s'il assurera ses arrières. Il le promet, elle promet la réciproque.

De l'autre côté des flammes se tient un homme seul, le brouillard derrière lui. Grand, sec et musclé sous une armure légère qui protège peu, de longs cheveux noirs tirant sur le rouge, de petits yeux verts, un sourire en coin, une pertuisane au manche de cuir rouge à la main. Le froid ne semble pas l'atteindre, la bataille non plus. Il se présente : Monsieur Cascade, l'un des lieutenants de Saoirse Keller. Il demande d'ailleurs, en passant, si c'est bien ici qu'un esprit de l'eau donne de la vigueur en amour, et compte y jeter un œil après la bataille.

Son offre est simple : sa commandante ne veut pas d'un bain de sang et ne tient pas à sacrifier ses hommes. Qu'on lui remette Eogan Keller maintenant, sans condition, et l'armée épargnera la prison et fera demi-tour. Someul renvoie sur sa supérieure, Carissa Skyke répond plus sèchement. Monsieur Cascade recule alors de deux pas et parle assez fort pour les remparts : celui ou celle qui livrera Eogan Keller à l'armée libre de Saoirse Keller sera épargné et récompensé, protégé et reconnu, quand ses propres commandants le feront mourir pour un seul homme. Puis il tourne les talons et disparaît dans le brouillard en faisant tourner sa pertuisane.

L'assaut et la brèche

Une clameur monte de l'autre côté du brouillard. Ce qui en sort n'est pas une armée : jeunes gens, vieillards, femmes et hommes, certains en armure et beaucoup en habits de paysans, portant des épées et des lances mais aussi des fourches, des râteaux, des torches, des échelles et un bélier. Plusieurs dizaines partent en cendres à l'instant où ils touchent le feu blanc de l'entrée, et les autres contournent et s'attaquent aux flancs du mur.

Les archers d'occasion postés sur le rempart manquent leur première volée de flèches enflammées, et les échelles montent. Les ingénieurs basculent alors les marmites d'huile bouillante sur ceux qui grimpent : l'odeur qui monte est celle du poulet frit, et l'huile prend feu au contact des flèches, ajoutant un rempart de flammes.

Puis un archer crie qu'ils ont des barils de poudre. Un pan entier du mur d'enceinte est arraché par le souffle, la nuit s'illumine, les pierres s'écrasent dans la cour et une horde se déverse par la brèche. Carissa Skyke jette sa cape, dégaine son épée, Justice, et crie que personne ne mourra sous son commandement, et encore moins avec une lame propre : chaque soldat protège celui qui est à sa droite. Les hommes en armure lourde ne tiennent pas la ligne, l'ennemi s'infiltre entre les rangs, et le gros des combats se concentre sur la position de Someul et de la capitaine.

Dos à dos avec Carissa Skyke

Someul se bat à mains nues, gantelets aux poings. Il assomme un jeune homme à l'épée d'un coup dans le thorax, brise en deux la fourche d'un paysan qui s'enfuit par la brèche en le remerciant, désarme un mercenaire au fléau en enroulant la chaîne autour de son avant-bras. Dos à dos avec lui, Carissa Skyke fauche une guerrière à la hache et cherche des yeux Monsieur Cascade, qu'elle repère à quelques mètres, tournoyant sa lance au milieu des gardes qu'il étale.

Someul projette hors de lui son capitaine Croc-en-Jambes, qui zigzague entre les combattants et fauche les jambes du lieutenant. Cascade tombe dans la boue, et c'est tout ce que nos héros obtiendront de lui. Il pare l'épée qui s'abat sur lui, se relève, désarme la capitaine d'un revers de lance, encaisse un plaquage sans reculer, esquive un coup bas, et laisse Someul par terre avec la cuisse ouverte. Une punchline lancée entre deux échanges, « Monsieur Flaque-Dos », n'y change rien.

Plus haut, Constance Defontaine tire sans discontinuer depuis la fenêtre du bureau d'Herevard, un pied sur le rebord. Un assaillant qui courait sur Someul s'écroule avec deux flèches dans le dos, et le faucon passe en lacérant des visages. Les soldats d'Agener reforment leurs rangs et repoussent peu à peu.

Un cas de conscience dans la citadelle

Dans la citadelle, les combats ne sont qu'une rumeur étouffée et la cloche d'Agener sonne l'alarme. Herevard trace au sol des runes enflammées devant la cellule d'Eogan Keller, puis reste le regard dans le vide. Neptune engage la conversation, et tous deux en viennent au même doute.

L'archimage s'est renseigné sur ceux qui attaquent : ni militaires ni guerriers, des fermiers et des gens du peuple. Il pense qu'il n'y a pas de bonne solution ici, seulement une moins mauvaise, et il annonce clairement que si l'assaut atteint la citadelle, il ne défendra pas Eogan Keller au prix de sa vie. Neptune pousse le raisonnement plus loin : Eogan est emprisonné pour des raisons politiques, et le défendre jusqu'à faire des centaines de morts revient à donner raison au pouvoir qui l'a enfermé. Elle remarque au passage l'ironie du nom que Carissa Skyke a donné à son épée, chacun ayant sa propre idée de la justice.

Un garde arrive du dehors avec les nouvelles : le mur est percé, l'ennemi est dans l'enceinte, et l'offre de récompense circule dans les rangs. Neptune envoie un homme prévenir Chelinka qu'une Neptunerie se prépare.

La Neptunerie

Le plan tient à une ressemblance de carrure. Neptune demande à Maxime, l'un des gardes, de lui céder son uniforme. Il obéit après discussion : il voit surtout l'intérêt de livrer Eogan et de partager la récompense, et elle lui oppose que rien ne garantit la parole de quelqu'un qui assiège une prison, quand eux les ont gardés en vie jusqu'ici. Maxime accepte de suivre, sans cacher que ce qu'on lui raconte reste flou et que sa survie passera avant tout.

Herevard fait coulisser la porte de pierre. Eogan Keller n'a pas changé depuis leur première visite : la trentaine, cheveux noirs bouclés, une petite moustache, maigre et sale. Neptune joue franc jeu, la prison est assiégée et il sait par qui. Il fait la même objection qu'à leur première rencontre : sortir par des moyens fallacieux donnerait raison à ceux qui le font passer pour un criminel, et forcerait les siens à devenir les méchants qu'on décrit. Il suit tout de même, en promettant de ne rien tenter, et se change.

Eogan Keller ressort donc de sa cellule pour la première fois depuis plus d'un an, en uniforme de garde, escorté de Neptune, d'Herevard et de deux hommes, tandis que Maxime enfile ses hardes pour tenir la place. Direction le cimetière de la vieille ville, où personne ne pense à chercher quelqu'un et où il n'y a plus grand monde à mettre en danger.

Le choix de Someul

Toujours à terre, Someul repère deux choses en même temps. D'un côté, un homme s'apprête à lancer une bombe par la fenêtre du bureau où tire Constance Defontaine. De l'autre, un ennemi s'approche dans le dos de Carissa Skyke, une dague à la main, et elle ne l'a pas vu.

Il tient sa promesse. Il fauche l'homme à la dague et roule au sol avec lui, tout en hurlant le nom de Constance. Le cri se perd dans le vacarme. La bombe entre par la fenêtre, l'explosion souffle le bureau d'Herevard, et les pages des grimoires retombent sur le champ de bataille avec les petits objets d'argent de l'archimage. Constance gît à quelques mètres, brûlée à ses vêtements, son arc brisé en deux à ses pieds, consciente mais assommée. Someul la charge sur ses épaules.

Repli et premiers comptes

Les comptes de cette première phase tombent à l'avantage de l'assiégeante, vingt-huit points contre vingt-quatre. Les soldats d'Agener se dispersent, l'armée de Saoirse Keller cesse d'entrer par la brèche et se répand dans la prison, et Monsieur Cascade a disparu. La place retrouve son calme, un dernier combattant tournant au coin d'une ruelle.

Someul remonte vers la citadelle, Constance sur une épaule et son faucon sur l'autre, Carissa Skyke à ses côtés, couverte de sang, avec les trois ou quatre hommes qui restent. Ils y retrouvent Chelinka, dont les vingt hommes sont intacts faute d'avoir été attaqués. Les renforts partis chercher de l'aide ne sont toujours pas revenus.

Le groupe se met d'accord dans le dos de la capitaine : puisque Saoirse Keller ne s'est pas montrée et doit se tenir près de son dirigeable, il faut la faire venir et lui faire parler son frère, en gardant un piège en réserve si la négociation tourne mal. Le rendez-vous se tiendra au cimetière, où Eogan est déjà, et le garde grimé restera en cellule au cas où quelqu'un viendrait vérifier.

Reste à joindre l'assiégeante. Un sifflement suffit : deux femmes du quartier haute sécurité sortent d'un bâtiment, Elga et Olga, de la guilde des Persifleurs, qui connaissent les passages dérobés mieux que quiconque. Nos héros leur demandent de faire circuler le mot dans la guilde : repérer une femme à qui il manque un bras, ne rien tenter contre elle, venir dire où elle se trouve et s'éloigner ensuite.

Facts

  • Le maître du jeu confie Carissa Skyke à la joueuse de Chelinka pour la durée de la bataille. La capitaine a trente-deux points de vie, quatre-vingt-cinq en force, et deux compétences : achèvement, qui lui permet d'enchaîner sur un autre ennemi dès qu'elle en abat un, et détermination, qui lui permet d'en attaquer plusieurs au prix d'un malus croissant.
  • La bataille se joue aux points : chaque jet réussi en rapporte un au camp qui l'a tenté, chaque jet raté en donne un à l'adversaire. Percer le mur d'enceinte en a valu deux à l'assaillante.
  • Le maître du jeu renvoie les auditeurs à l'épisode pilote, où la table jouait d'autres personnages : Monsieur Cascade y apparaissait déjà. Nos héros, eux, ne l'ont jamais vu.
  • Une punchline réussie en plein combat vaut un bonus sur le jet qui suit.

Références

https://open.spotify.com/episode/3jSfpSxjIhuSYpHyX3rp6j?si=1e00fd6f73cb4bb5