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episodes/saison-2

S02E02 -  Le chalet aux vœux

L'épisode "Le chalet aux voeux" est le 2e épisode de la saison 2 du Mythe de la Taverne Ainsi que le 27e épisode enregistré par le groupe.

Résumé

Neptune, Chelinka et Someul passent la fin de la nuit des trésors à Plussoie : ils tiennent trois emplacements jusqu'à l'aube, écartent un concurrent puis un acheteur, et déterrent cinq bombes fumigènes, une bague à clapet et trois lingots d'argent. Chelinka lègue un lingot à une famille nécessiteuse du village, ce qui lui vaut le don de vie.

La tavernière Micheline leur vend des vivres, leur donne la route de Véloria et leur parle d'un chalet devant lequel les voyageurs passent sans oser entrer.

Ce chalet est le refuge du repos mérité, bâti par le mage Ernest Bâtoncreux. Il exauce les désirs de ses hôtes, les nourrit, les couche, puis refuse de les laisser repartir. Le groupe s'en libère en lui demandant plus qu'il ne peut produire, et perd du même coup tout ce qu'il en avait tiré.

Plus loin sur la route, un ravin coupe la forêt. Une bande d'enfants menée par les jumeaux Milford y monte une embuscade de bandits de grand chemin, dont la rançon se règle en tabac et en tour de magie.

L'épisode se referme sur la première vue de Véloria, du haut d'une colline.

Description de l'épisode

Comment Chelinka devint un gros rat, comment Neptune donna des conseils de banditisme de grand chemin et comment Someul fut immensément riche, pendant approximativement 10 minutes.

Contenu de l'épisode

La fin de la nuit des trésors

La course de Neptune à travers la forêt de Plussoie, manches au vent, fait détaler deux chercheurs de trésors, et les autres haussent les épaules et la regardent passer. Deux lueurs se libèrent, à quelques enjambées l'une de l'autre. Someul s'assied sur la première et prononce la formule d'usage. Chelinka et Neptune arrivent sur la seconde en même temps qu'un homme qui la revendique, et qui repart en maugréant qu'on lui a déjà volé une place ce soir.

Vers deux heures du matin, un retardataire arrive à pied, son cheval s'étant brisé une patte en chemin. Il propose deux écus pour l'emplacement, puis cinq, puis un pari sur la nature du trésor enfoui. Tout est refusé. Interrogé sur les esprits qui hanteraient la forêt, il balaie la rumeur : de la brume, des lanternes, et des superstitions de villageois. Il finit par acheter la place d'un autre groupe.

Le trésor de l'endormi

Peu avant l'aube, un homme assis sur son monticule pique du nez et roule à un mètre de sa lueur. Chelinka s'y glisse à pas de loup, s'assoit et murmure la formule à la terre pour ne pas se faire remarquer. L'homme se réveille au petit jour, la trouve sur sa place, l'attrape par l'épaule et annonce qu'il est recherché à mort dans douze fiefs. La bagarre roule dans les feuilles mortes et il la plaque au sol. Neptune la fait alors disparaître à ses yeux, d'une illusion qui le laisse assez décontenancé pour qu'elle lui plante les doigts dans les yeux. Il part en courant.

Le partage de l'aube

Au lever du soleil, tout le monde creuse. Someul sort sa pelle et met au jour, dans un sac de toile, cinq petites boules qu'il identifie comme des bombes fumigènes. Il passe la pelle à Neptune, qui déterre un coffret de bois contenant une bague épaisse d'apparence dorée, façon chevalière, avec un clapet qui pivote sur le dessus et rien dessous. Chelinka reçoit la pelle à son tour et sort trois petits lingots d'argent du trésor volé à l'endormi.

La tradition du village veut qu'on puisse léguer sa trouvaille aux familles nécessiteuses qui attendent à la sortie. Chelinka leur donne un lingot, de quoi manger quelques semaines, et gagne pour cela le don de vie : une fois par partie, en plein combat, elle peut céder une part de ses propres points de vie à un allié.

La route de Véloria

À la taverne, le groupe refait ses provisions : une miche de pain ronde, un sac de pommes, un poulet cuit, des gourdes d'eau et un tonnelet de bière. La tavernière se présente enfin sous le nom de Micheline. La nuit des trésors est sa meilleure recette de l'année, explique-t-elle, et le village descend une fois par saison vendre ses surplus au marché royal de Véloria. Elle indique la route : longer la côte de loin, la mer à droite et les montagnes à gauche, sans s'approcher ni de l'une ni des autres. Elle mentionne aussi, à quelques jours de marche, un petit chalet bâti par on ne sait qui, dont les voyageurs racontent qu'ils sont passés devant sans oser entrer.

Le groupe quitte Plussoie vers midi, traverse des plaines vertes et des forêts, et arrive au coucher du soleil devant un chalet perché sur une colline, entouré d'arbres fruitiers.

Le refuge du repos mérité

Neptune inspecte les abords : personne à l'intérieur, personne n'a pris le sentier qui bifurque vers le chalet, et l'endroit paraît confortable. Les fruits, en revanche, restent illisibles, au point qu'elle les soupçonne d'être dangereux. Someul pousse la porte, qui grince.

L'intérieur est un chalet de plain-pied en bois : trois lits séparés par des cloisons, une cheminée de pierre, deux sofas, une table fleurie, des placards. Sur un mur, un écriteau souhaite la bienvenue au voyageur, se signe Ernest Bâtoncreux et prévient que dans ce lieu les désirs sont des ordres, mais qu'il ne faut pas être trop gourmand.

Le refuge du repos mérité tient parole. Les placards débordent de nourriture, puis servent à chacun son plat préféré : des lasagnes, une tourte au poulet encore fumante, un écrasé de pommes de terre à l'huile. Un feu s'allume dès qu'il est question de se réchauffer, un portrait de Bâtoncreux apparaît au mur quand on demande à voir l'auteur des lieux, une théière de tisane et trois tasses se matérialisent sur la table. Neptune, méfiante, refuse d'y toucher et regarde les autres manger. Une partie de cartes revient à Someul, trois lits apparaissent, la nuit est excellente et le petit déjeuner aussi.

Le chalet qui ne laisse pas repartir

Au matin, une plaisanterie sur l'argent fait apparaître un sac d'écus qui déborde sur la table, cent cinquante pièces au bas mot. Personne n'ose y toucher. Le groupe remercie le chalet et sort : le premier pas dehors ramène les trois compagnons à l'intérieur. La fenêtre donne le même résultat, la marche à reculons aussi.

Le portrait, retourné, porte au dos la suite du message. Bâtoncreux y explique que sa construction retient parfois les voyageurs qui s'y plaisent trop, et que le seul moyen d'en sortir est de la faire surchauffer en souhaitant plus qu'elle ne peut produire. Les souhaits s'enchaînent, un heaume pour la route puis, de la part de Chelinka, la ville d'Agener tout entière. Le chalet déraille : le feu quitte l'âtre pour le milieu du salon, des pans de mur se matérialisent, de la neige tombe du plafond, tout se met à trembler. La porte s'ouvre à la volée et les trois sautent dehors avec le sac d'or, sur un grondement de protestation.

Ce que le chalet a produit s'évanouit alors : le heaume, les écus, la miche de pain emportée, et jusqu'aux repas avalés, qui laissent les trois compagnons affamés. Restent les chevaux, attachés dehors, et les arbres fruitiers, bien réels. Trois fruits, un abricot et dix cerises font le petit déjeuner sur le bord de la route.

Les jumeaux Milford

Quelques heures de marche plus loin, la forêt s'ouvre sur un ravin où se jette une cascade. Un gros tronc le franchit, mais personne ne s'y risque avec les chevaux : Chelinka dresse à côté un pont de terre plus large que le tronc, plat, soutenu par des colonnes de cailloux. Neptune s'y engage à plat ventre pour l'éprouver.

À mi-parcours, une bande d'enfants jaillit des deux rives, casseroles et seaux sur la tête, lance-pierres et balais à la main. Deux d'entre eux tranchent sur le reste : cape noire, chemise à manches bouffantes, une mèche de chaque côté et du duvet à la lèvre, quatorze ou seize ans. Ce sont les jumeaux Milford, Isidore et Aristide, qui réclament d'abord la rançon depuis l'autre rive, à travers le fracas de la cascade, avant de devoir traverser pour refaire leur tirade de plus près. Un rocher suspendu au-dessus de la cascade, retenu par une corde, doit écraser les voyageurs au premier signe.

Neptune fait remarquer que le rocher casserait aussi le pont où les jumeaux se tiennent. Les deux frères se disputent alors pour savoir lequel restera mourir avec les otages, s'emmêlent dans leurs prénoms et dans leurs titres, et le racket tourne court. Neptune leur détaille ce qui manquait à leur plan, Chelinka leur laisse du tabac en guise de butin, et le groupe offre une démonstration pour leur sauver la face : Neptune disparaît devant la bande par La Disparition, que les jumeaux mettent au compte de leur terrible pouvoir. Elle réapparaît quelques mètres plus loin, le ravin franchi.

Véloria en contrebas

Après plusieurs jours de route, le groupe débouche du haut d'une colline sur la capitale. Véloria s'étale jusqu'à l'horizon, des milliers de toits rouges parsemés d'arbres, un rempart ocre qui serpente autour des habitations, une rivière qui coupe la ville en deux sous un pont majestueux, une falaise au pied de laquelle s'écrasent les vagues. En dessous, le port aligne des centaines de bateaux aux voiles de couleurs, comme une seconde ville à l'ombre de la falaise. L'épisode s'arrête là, avant l'entrée dans la cité.

Facts

  • Le chalet était prévu pour la première nuit de la saison, comme abri de secours si le groupe n'en construisait pas. Chelinka ayant dressé un dôme de terre, le maître du jeu l'a gardé pour plus tard.
  • Sa fiche de préparation ne portait que « chalet magique, Ernest Bâtoncreux » : l'écriteau, le portrait et le message au dos sont improvisés en partie.
  • Le heaume demandé au chalet est compris de travers à la table et devient un home cinéma, que le chalet essaie de produire.
  • La table s'arrête sur l'eau peu potable de l'époque médiévale, et sur la bière très peu alcoolisée qu'on buvait à la place toute la journée.
  • Le maître du jeu annonce pour la suite le collège des mages, des commerces et des intrigues politiques à Véloria.

Références

https://open.spotify.com/episode/2Y4SQCrlVv5Pz8oTXa6bML?si=WT5mQ_JHQsKCtXwkxaUNCg