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Hors-séries

SPACE#01 - Chroniques Phennossiennes

L'épisode "SPACE#01 - Chroniques Phennossiennes" est un épisode Hors-Série du Mythe de la Taverne.

Résumé

Premier épisode du Mythe de la Taverne Space, une mini-campagne de science-fiction. Des siècles après l'extinction, qui a éteint d'un coup toutes les machines et effacé le savoir de l'humanité, la Fédération tient la galaxie et le monopole des technologies avancées. Tout se joue sur Phénos, sa planète-ville.

Asphodèle, moine au bras robotique, débarque sur Phénos pour parler au nom du Cercle, une communauté qui vit parmi des robots doués de raison. Les conscrits Orum et Garm, membres du Sénat, lui apprennent qu'une base lunaire de la Fédération sur Erebos vient d'être attaquée par une société privée, qui s'est emparée de l'hypomatière : le voyage intergalactique va échapper au monopole de la Fédération. Dans leur limousine, ils soupçonnent le Cercle d'être une secte et doutent du naufrage qui a mené Asphodèle chez les robots.

Au vernissage du musée de l'extinction, Ibthyel, voleur à la peau bleue, se fait passer pour le polymathe invité et dérobe, avec l'aide de Mariposa, une technologie d'avant l'extinction. Le collectionneur Darrow Crick, qui devait la lui acheter, veut la voir avant de payer et lâche ses drones sur lui. En détruisant le socle d'une pièce de collection, Ibthyel libère Ortie, un géant végétal endormi depuis des dizaines d'années, et tous deux sautent par la baie vitrée du dernier étage.

À l'office des licences de la Fédération, la chasseuse de primes Daffodil voit sa licence refusée faute de captures, arrête sur place un homme recherché et obtient une semaine de délai. En patrouille avec son vaisseau, elle voit deux silhouettes tomber du ciel sur une limousine : son bracelet signale Ibthyel, recherché pour 125 000 cryptos-unités. Ibthyel tombe dans la limousine des conscrits, Ortie s'écrase sur son toit, et Daffodil somme le véhicule de se ranger. Un tir de blaster abat le chauffeur, et la limousine pique vers le sol.

Description de l'épisode

Comment Ortie demanda le prénom de plusieurs personnes, comment Daffodil affronta la CAF DU FUTUR, comment Asphodèle dut faire preuve de calme et de diplomatie et comment Ibthyel eut un plan.

Contenu de l'épisode

L'arrivée sur Phénos

Un vaisseau de la Fédération, tout de plaques de métal blanc et poli, se pose au grand spatioport de Phénos, planète-ville du système Corvus et capitale de la Fédération. Deux émissaires en uniforme gris clair en descendent, suivis d'un homme drapé d'étoffes vertes qui protège ses yeux du soleil blanc d'une main robotique. C'est Asphodèle, la trentaine, le crâne rasé couvert de cicatrices, le bras gauche et tout le bas du corps mécaniques. L'émissaire se moque de sa planète de moines, et Asphodèle répond qu'il est né ici.

En attendant les conscrits, l'émissaire lui fait visiter le spatioport, une ville de verre et d'acier où de petits robots ramassent les déchets entre les jambes des passants. Il s'excuse d'avance : il sait que cela heurte les croyances d'Asphodèle, mais ici les robots sont programmés pour le ménage. Asphodèle remarque trois scènes : un homme pressé qui renverse d'un coup de pied un robot dans lequel il a trébuché, une femme qui ne peut plus payer le billet pour aller voir sa sœur malade parce que le prix est passé de 300 à 380 cryptos-unités, et un homme qui bouscule une voyageuse, l'aide à ramasser sa valise et empoche quelque chose au passage.

Asphodèle signale le vol à son guide, qui lui vante le système : agents de la Fédération et chasseurs de primes travaillent ensemble, et l'office des chasseurs de primes met à prix la tête de qui a commis un délit. Les tarifs des voyages, fixés par la Fédération, augmentent en ce moment, ce que l'émissaire préfère ne pas détailler. Asphodèle lui demande surtout si la Fédération a une politique contre la violence envers les robots.

Les conscrits

Une navette en forme de limousine vient le chercher. En descendent deux sénateurs de la Fédération, qu'on appelle ici des conscrits : Orum et Garm, vêtus de toges de soie blanche et bleue, les cheveux plaqués en arrière. Garm s'excuse du retard, des affaires urgentes les retenaient.

Orum explique lesquelles. Une base lunaire d'extraction de la Fédération, sur Erebos, a été attaquée quelques jours plus tôt par une société privée dont on ignore le nom, et personne n'a pu être sauvé. On y avait découvert l'hypomatière, un élément qui permet le voyage spatial sur de très longues distances, jusqu'ici réservé à la Fédération. La nouvelle passe depuis le matin sur tous les hologrammes d'information : la matière va se vendre à bas prix, et tout le monde pourra voyager dans la galaxie. Pour Orum, c'est le banditisme et la contrebande d'un système à l'autre, le fret qui échappe à la guilde des commerçants et les taxes que la Fédération ne percevra plus. Asphodèle fait remarquer que les usagers pourront aussi contourner ses tarifs excessifs. Les deux conscrits échangent un regard qu'il n'arrive pas à lire.

Le vernissage du musée de l'extinction

Ailleurs sur Phénos, dans une salle brutaliste pleine d'invités en tenue de soirée, un homme au monocle doré, dans un costume noir un peu trop grand pour lui, ne regarde pas la vue du balcon mais un piédestal où repose, sous une cloche de verre, un objet noir rectangulaire. Sous le déguisement se cache Ibthyel, jeune voyou à la peau bleue et à la crête rose. Mariposa, en robe bleue, s'inquiète : a-t-il un vrai plan, cette fois ? C'est elle qui l'a mis en contact avec l'acheteur, et ils se partageront 190 000 cryptos-unités. Elle rêve déjà de vacances sur les plages de sable blanc de Litus, loin du sel gris de Phénos.

Le conservateur ouvre le vernissage du musée de l'extinction : la pièce du jour est une authentique technologie d'avant l'extinction, dont personne ne comprend plus rien. Il donne la parole au polymathe Dacharus, venu en expert, et se tourne vers Ibthyel. Ibthyel captive la trentaine d'invités, fait avancer Mariposa au premier rang, se rapproche du piédestal, puis convainc le conservateur qu'il a déjà manipulé la pièce. On coupe les protocoles de sécurité, on ôte la cloche, et il tient l'objet, une sorte de petit monolithe.

Au moment où Mariposa sort deux fumigènes, les portes s'ouvrent à la volée sur un homme en caleçon, une bosse sur le crâne : le vrai polymathe Dacharus, qu'un vaurien a assommé en chemin pour lui voler son costume et son monocle. Ibthyel empoche l'objet, Mariposa jette ses fumigènes, et dans la panique, entre les gardes armés de matraques électriques et les coupes de champagne brisées, les deux complices sortent par les portes grandes ouvertes.

La licence de Daffodil

À l'office des licences et permis de la Fédération, un bâtiment de guichets où les formulaires s'accumulent, un tampon rouge refuse le renouvellement de la licence de chasseuse de primes de Daffodil. Elle ressemble à un poisson des abysses, yeux nacrés, cheveux verts d'aspect huileux, dents pointues bleu fluo et boule bioluminescente, et compense par des vêtements violet et rose et d'énormes lunettes de soleil.

La guichetière lui récite la loi : il faut justifier de 450 000 cryptos-unités de primes par année terrienne standard, ou de 36 captures, 28 avec justificatifs de traques longues sur plusieurs planètes. Daffodil en déclare 340 000 et 34 captures, ses preuves ont disparu avec une sacoche volée, et le bilan annuel doit être déposé dans trente minutes. Le formulaire de dérogation qu'un autre conseiller lui avait indiqué figure bien au dossier, mais peut-être hors délai.

Derrière elle, un homme s'impatiente. Le bracelet de traque de Daffodil bipe et affiche son portrait : Valzy Sapal, recherché pour banditisme, vol et harcèlement, 12 000 cryptos-unités, à moins d'un mètre. Il serre quelque chose dans la poche de son manteau. Daffodil sort son blaster, une arme que seuls les agents de la Fédération et les chasseurs de primes ont le droit de porter, fait coucher toute la salle et convainc l'homme de lever les mains avant de le menotter. La guichetière, remise de ses émotions, compte la capture, ce qui fait 35, et repousse la date limite à la fin de la semaine. Daffodil tente de lui prendre la main pour la remercier, mais elle la retire.

Son vaisseau l'attend devant l'office, un vieil appareil rapiécé pièce par pièce, décoré à l'intérieur de tulle et de rideaux. Sa voix de bord, Daphné, devine le programme de la journée avec ironie : survoler lentement les quartiers mal famés en espérant croiser un criminel recherché. C'est exactement ça, et le vaisseau décolle en pilote automatique.

Le Cercle en question

Dans la limousine, Orum sert à Asphodèle un verre d'eau, qu'il prend de sa main robotique sous le regard des deux conscrits. Ils en viennent à ce qui l'amène : le Cercle, qu'on appelle aussi les dépossédés, une communauté qui vit auprès de robots doués de raison sur une planète lointaine, et dont la parole a franchi les frontières de son système. Asphodèle assure que le Cercle ne fait pas de prosélytisme : ses valeurs ont séduit plus de monde qu'il ne l'attendait.

Garm lui demande sans détour s'il ne s'agit pas d'une secte. Asphodèle répond qu'il n'a besoin de personne derrière lui et demande à son tour s'ils croient vraiment à la Fédération. Orum défend les lois qui interdisent les robots intelligents : depuis l'extinction, les machines de la Fédération n'ont ni raison ni volonté, elles obéissent. Garm évoque la révolution des machines et la singularité. Asphodèle dit comprendre qu'on ait peur de ce qui est nouveau, mais les robots du Cercle ne veulent rien diriger.

Il raconte comment il les a rejoints. Autrefois fervent membre de la Fédération, scientifique, il a été envoyé sur une mission d'extraction semblable à celle d'Erebos, et son vaisseau s'est écrasé sur une planète inconnue. Les robots l'ont sauvé. Orum éclate de rire : les vaisseaux de la Fédération ne s'écrasent pas, et le ciel ne tombe pas sur la tête des gens sans prévenir.

La collection de Darrow Crick

L'ascenseur dépose Ibthyel et Mariposa au 197e et dernier étage d'une tour, derrière des portes blindées. La pièce déborde d'objets : épées, crânes d'espèces extraterrestres en bocaux, armures sur des bustes, bijoux anciens, et au centre un géant à l'allure d'arbre, figé et flottant en stase au-dessus d'un socle à clavier. Seule autre ouverture, une baie vitrée sur la circulation de Phénos. Derrière son bureau, un homme aux cheveux argentés en tunique noire les accueille à bras ouverts : Darrow Crick, le collectionneur qui a commandé le vol.

Darrow veut voir et toucher l'objet avant de payer. Ibthyel le lui montre de loin et réclame d'abord les cryptos-unités. Le ton monte jusqu'à ce que Darrow sorte un blaster. Ibthyel recule vers le géant végétal et tend la main vers lui, Darrow lui interdit d'y toucher. Le collectionneur fait descendre du plafond deux drones armés et ordonne de le tuer. Mariposa plonge derrière une vitrine qui vole en éclats, et Ibthyel frappe le panneau de commande du socle : le géant tombe de sa stase.

C'est Ortie, qui se réveille d'un sommeil de plusieurs dizaines d'années. Il a tout entendu et sait qu'Ibthyel l'a délivré. Sous les tirs, son corps se couvre lentement d'épines. Au bout d'une minute, elles jaillissent comme une grenade et abattent un drone, pendant qu'Ibthyel envoie l'autre s'écraser contre un mur. Les présentations se font entre deux tirs. Darrow ferme l'ascenseur derrière une seconde porte blindée et lâche quatre nouveaux drones, et un de ses tirs brûle la cuisse d'Ibthyel. Ortie brise une vitrine et en retire délicatement un objet pour faire pression pendant qu'Ibthyel réclame son argent et appelle en vain ses contacts sur son terminal. Ortie lance enfin un objet lourd à travers la baie vitrée, et tous deux sautent dans le vide, laissant Mariposa derrière eux.

La limousine

Ibthyel tombe entre les navettes, les évite un temps, puis traverse le toit vitré d'une limousine noire, au moment même où Orum affirme que le ciel ne tombe pas sur la tête des gens. Un champ de force s'allume autour d'Asphodèle et le protège des éclats. Ibthyel vérifie qu'il a toujours l'objet dans sa poche, et Asphodèle adresse un sourire narquois à ses hôtes.

Au même moment, depuis son vaisseau, Daffodil voit deux silhouettes tomber du ciel sur une limousine, et son bracelet s'affole : Ibthyel est recherché pour une longue liste de crimes, du banditisme à la fraude répétée en passant par l'extorsion et le crime organisé, pour 125 000 cryptos-unités, à une centaine de mètres. Elle lance Daphné à sa poursuite.

Ortie s'écrase à son tour sur le toit de la limousine, qu'il cabosse. Asphodèle garde son champ de force pour lui, faute de pouvoir le partager. Ortie passe la tête à l'intérieur pour demander leur nom à chacun. Ibthyel demande innocemment aux conscrits de les déposer quelque part, puis voit revenir les quatre drones de Darrow. Derrière la limousine, la voix de Daffodil tonne dans un haut-parleur et lui ordonne de se ranger. Les conscrits se disent prêts à livrer leurs passagers. Ibthyel ordonne au chauffeur d'accélérer, et un tir de blaster abat celui-ci sur son volant. La limousine pique du nez vers le sol.

Facts

  • Premier épisode d'une mini-campagne de huit à dix épisodes, qui doit s'achever vers janvier ou février 2027 avant la saison 5. Les épisodes sont plus courts, une heure et demie, avec une introduction réduite. Le maître du jeu cite Star Wars et, dans une moindre mesure, Fondation, et décrit un univers « cassette punk », à la technologie d'allure années 80 : les réseaux ne vont pas d'une planète à l'autre.
  • La table : Sam joue Asphodèle, Ninon Ibthyel, Perséïdes, déjà invité au début de la saison 4, Ortie, et Carla, comédienne du collectif Volucris et joueuse de l'actual play Bande de Gobelins, Daffodil. Perséïdes revient cette fois pour toute la campagne. Camille, saluée à la table avec son bébé, ne joue pas.
  • Le maître du jeu décrit d'abord la tenue d'Asphodèle comme une toge orange. Au début de l'épisode suivant, son joueur la change : elle est verte, faite d'étoffes assemblées plutôt que d'une toge de cérémonie.
  • Nouveau système : chaque personnage a une liste de savoir-faire, et une action sans le savoir-faire requis est impossible. Un jet raté sur un savoir-faire coche une case, et cinq échecs donnent un niveau et un bonus. Ibthyel a imposture, vol et mécanique, mais pas psychologie, qu'a Daffodil.
  • Le pouvoir d'Ortie se tire au hasard dans le jeu des sept royaumes de Zat, qui aide aussi à écrire le scénario. Les cartes oubliées, la table le joue au dé. Le maître du jeu s'inspire des sorts tirés dans un paquet de cartes, et rappelle que Neptune avait un mécanisme aléatoire de ce genre en saison 1.
  • Une session 0, non enregistrée, a fait jouer l'équipe de la base lunaire d'Erebos pendant l'attaque qui ouvre le voyage intergalactique à tous.
  • Le nom de Mariposa est trouvé à la table, après un « Karen » refusé. La guichetière de l'office, elle, reste « Karen » pour la table.
  • Le nom de Darrow Crick, qui se prononce comme la kriek, évoque aussitôt une bière à la table, et le maître du jeu note que chaque nom qu'il écrit pour un personnage lui vaut une blague. Il a préféré « conscrits » à « sénateurs », trop Star Wars, et à « législateurs », trop long.
  • La veille, un teasing sans contexte sur le Discord montrait un poisson des abysses, des moines bouddhistes, un punk à chien et une plante verte. La joueuse d'Ibthyel comptait d'abord se servir du géant comme d'un bouclier, et le maître du jeu avait prévu qu'un tir de blaster le libère.
  • La voix du vaisseau de Daffodil rappelle à la table Shirka, l'ordinateur de bord d'Ulysse 31.

Références

SPACE#01 - Chroniques Phennossiennes