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Hors-séries

Les Enquêtes du DAP #01 - Appel nocturne

L'épisode "Les Enquêtes du DAP #01 - Appel nocturne" est un épisode Hors-Série du Mythe de la Taverne.

Résumé

Octobre 1983, à Véloria. Les trois policiers du département des affaires paranormales, Nancy Brown, Kiko Tanaka et Matthew Johnson, font des heures supplémentaires pour classer leurs dossiers de l'année. Au moment où ils ferment le bureau, le téléphone sonne : l'inspecteur Jackson, de la brigade criminelle du 22e district, les appelle à la morgue sans vouloir dire pourquoi.

Le cadavre est celui d'Ethan Jones, un pompiste de vingt-six ans poignardé dix-sept fois le matin même sous les yeux de sa compagne. L'autopsie découvre sous sa peau des organes qui ne sont pas humains, baignés dans un liquide bleu, des os fins comme des arêtes, une colonne vertébrale de la même matière sous une longue cicatrice, et une marque en forme d'œil brûlée sur la hanche. Les policiers repartent avec un éclat de l'arme, un échantillon du sang bleu et les clés de l'appartement de la victime.

Ils vont d'abord trouver Clarisse, réfugiée chez sa mère. Elle raconte deux hommes nus, trempés, à la peau visqueuse et pendante, qui parlaient une langue inconnue, et à qui Ethan a répondu dans cette même langue. La cicatrice et la marque, dit-elle, viennent d'un accident de voiture et d'un tatouage infecté. Elle est certaine qu'ils vont revenir pour elle.

Le central n'envoie qu'une patrouille, dont les deux agents se moquent de Kiko et repartent aussitôt. Kiko fait seule le tour de la maison sous la pluie, et trouve quelque chose dans le jardin. L'épisode s'arrête là.

Description de l'épisode

Comment Kiko eu droit à un bon sandwich pour reprendre des forces, comment Nancy tenta tant bien que mal de motiver son escouade et comment Matthew prit un café immonde au McDonald pendant qu'il jouait avec son gros pistolet viril.

Contenu de l'épisode

Heures supplémentaires au 14e district

Octobre 1983. Une pluie froide tombe sur Véloria, métropole de buildings et d'avenues bruyantes, et l'horloge du commissariat du 14e district vient de passer minuit. Dans le petit bureau du département des affaires paranormales, trois lampes, deux bureaux pour trois policiers, des tasses de café froid, des cendriers qui débordent et des piles de dossiers jusque sous les tables. Les dossiers de l'année doivent partir aux archives, et Nancy Brown, cinquante-deux ans, responsable du service, a décidé de prendre de l'avance dès octobre pour ne pas travailler pendant les fêtes.

Elle est la seule à travailler vraiment. Kiko Tanaka, vingt-sept ans, griffonne dans les marges d'un dossier : mutée au DAP en 1982, elle n'y est pas venue de son plein gré et ne sait plus très bien ce qu'elle y fait. Matthew Johnson, trente-quatre ans, là depuis l'ouverture comme sa chef, regarde sa montre toutes les deux minutes. Fils de policier, il compte bien finir commissaire, et on lui fait remarquer que tout le monde n'est pas entré dans la police grâce à papa. Nancy finit par congédier tout le monde. Les lumières s'éteignent, elle a la clé dans la serrure quand le téléphone sonne.

L'appel de l'inspecteur Jackson

Nancy décroche. L'inspecteur Jackson, de la brigade criminelle du 22e district, a lu un article sur le DAP dans les journaux il y a quelque temps et a retrouvé son numéro. Il demande à la brigade de le rejoindre au plus vite à la morgue du 22e, au croisement de Beneven Street et de l'avenue Doyle, sans rien vouloir expliquer au téléphone.

Le service ne possède qu'une arme, un revolver Smith & Wesson modèle 19 à six coups. Nancy refuse de la porter et la confie à Matthew, en lui demandant de s'en servir avec parcimonie. La vieille voiture de fonction démarre mal, et la brigade traverse la ville sous la pluie, par le grand pont de métal qui enjambe l'Alconquin, Kiko guidant sa chef un plan à la main.

Le cadavre de la morgue

Jackson les attend sous un parapluie, chapeau et costume gris, une cigarette aux lèvres. Le matin, un jeune homme a été poignardé chez lui sous les yeux de sa compagne, une affaire banale pour le 22e district, jusqu'à l'autopsie du soir. Dans les couloirs, il reconnaît Kiko : c'est elle qui a dénoncé des policiers dans une affaire de stupéfiants quelques années plus tôt. Elle ne s'en cache pas, et sa place au DAP dit assez ce que cela lui a coûté.

Le légiste, Cooper, ouvre le tiroir. Ethan Jones, vingt-six ans, employé d'une station-service, est mort d'une hémorragie interne à 9 h 23, après dix-sept coups de couteau dans l'abdomen. Sous la cage thoracique, les organes n'ont rien d'humain : des formes inconnues, des sortes de tentacules enroulés autour des autres, le tout baignant dans une mélasse bleue qui fait office de sang et sent le poisson pourri. Les côtes sont une multitude de petits os translucides et acérés, comme des arêtes. En vingt ans de carrière, Cooper n'a jamais rien vu de pareil.

À la demande des policiers, il pousse l'examen. Le crâne contient un cerveau presque semblable au nôtre, qui trempe lui aussi dans le liquide bleu. Dans le dos, une longue cicatrice ancienne et irrégulière court de la nuque aux reins. Incisée, elle découvre une colonne vertébrale de la même matière que les arêtes. Sur la hanche, une marque qu'on dirait faite au fer rouge représente un œil entouré de formes enroulées, que Kiko recopie avant de photographier le corps au polaroïd. Les mains sont légèrement palmées, les pupilles et les dents normales, et sous les ongles restent des lambeaux de peau et une matière visqueuse.

Les plaies, précise le légiste, ne sont pas des coupures mais des déchirures, comme faites par une lame dentelée, et un éclat en est resté dans l'une d'elles : un fragment d'os tranchant, pareil à une dent de requin cassée. Jackson décrit la scène de crime, une grande tache de sang rouge sur la moquette, des traces de sang bleu et des flaques de boue et d'eau un peu partout. Le DAP repart avec l'éclat, une éprouvette de sang bleu, les clés de l'appartement de la victime et l'adresse de la mère de sa compagne.

Chez la mère de Clarisse

Il est près de vingt-trois heures. Kiko voudrait aller se coucher, mais Nancy ne lâche pas une affaire qui, pour une fois, sort de l'ordinaire. Café pour Matthew, sandwich pour Kiko, et la voiture s'arrête au 1654 Léomir Street, une rue pavillonnaire aux barrières blanches.

Kiko frappe, Nancy guette par la fenêtre. Matthew, lui, sent un picotement dans la nuque, comme si on l'observait, mais ne distingue que la pluie dans la lumière des réverbères. Une femme âgée en robe de chambre, bigoudis et serviette sur la tête, leur ouvre. Sa maison est pleine de statuettes de chats en céramique et de napperons, et deux vrais chats s'y frottent aux visiteurs. Celui qui saute sur les genoux de Kiko ne lâche plus ses doigts, qui sentent encore la morgue. La mère les prévient : quand quelque chose ne va pas, ses chats le sentent.

Le récit de Clarisse

Clarisse arrive en pyjama, enveloppée d'un plaid, les yeux rouges, et ne cesse de regarder derrière elle. Elle a déjà parlé à la police, et le DAP promet de la croire. Avec Ethan, ils étaient ensemble depuis un peu plus d'un an et comptaient se marier. Il travaillait dans la station-service où elle s'était arrêtée un jour avec un livre de la fac. Étudiante en histoire, elle l'emmenait dans les musées, et lui s'intéressait à tout, un peu fantasque, un peu en dehors des conventions.

Ce matin-là, vers neuf heures, elle était dans la salle de bain quand on a frappé. Une conversation a suivi dans une langue qu'elle ne connaissait pas, puis le ton est monté. En sortant, elle a vu deux hommes nus, trempés, qui poignardaient Ethan avec ce qui ressemblait à des os pointus. Elle a hurlé, l'un d'eux l'a saisie par le bras, et c'est l'arrivée d'un voisin, Michael, un culturiste, qui les a fait fuir. Ethan est mort dans ses bras, d'un sang rouge. Les agresseurs avaient l'air humains, mais leur peau était visqueuse et pendait comme celle de vieillards, et ils ont laissé de l'eau croupie partout. Kiko photographie l'hématome violet qu'elle garde au bras. Interrogée, Clarisse se rend compte qu'Ethan leur a répondu dans leur langue.

Elle reconnaît la marque dessinée par Kiko : un tatouage fait en voyage, qui s'était infecté. La cicatrice du dos viendrait d'un accident de voiture dans sa jeunesse, le pare-brise, faute de ceinture. Il était fils unique, et ses parents voyagent sans cesse à l'étranger : elle ne les a jamais rencontrés, ni même eus au téléphone. Il avait seulement, entre les doigts, une peau un peu plus grande que la normale.

Une ronde sous la pluie

Clarisse refuse de quitter la maison et supplie qu'on ne la laisse pas seule. Matthew sort appeler le central depuis la radio de la voiture, qui n'a d'abord aucune unité à envoyer et suggère au DAP de laisser l'un des siens sur place, puis promet une patrouille autour du pâté de maisons. La question de savoir qui garde le revolver tourne à la dispute : Kiko juge que Matthew n'est pas le mieux placé pour s'en servir, il menace d'en parler à son père, et l'arme finit entre les mains de Kiko. L'équipe renonce à se séparer : Nancy reste avec Clarisse et sa mère, Matthew vérifie les portes et les fenêtres, Kiko fait le tour du jardin.

La voiture de patrouille arrive avec deux agents moustachus, qui reconnaissent Tanaka et lui demandent quels collègues elle compte envoyer derrière les barreaux ce soir. Elle leur rend la pareille et tente de les convaincre de rester, sans succès : ils remontent la vitre en ricanant, font un tour du pâté de maisons et s'en vont. Kiko reprend seule l'inspection des fourrés sous la pluie, et trouve quelque chose. L'épisode s'arrête là.

Facts

  • C'est le premier volet d'un hors-série d'Halloween en deux épisodes, enregistré à la place du 13e épisode de la saison 3. La table attendait de savoir ce qui était arrivé à Someul, et découvre le changement d'univers en début de séance.
  • La table choisit ses personnages sur des fiches préparées par le maître du jeu : Sam joue Matthew, Camille Nancy et Ninon Kiko. Le maître du jeu dit avoir donné à Matthew de mauvais scores en corps à corps et en physique pour que Sam ne rejoue pas un personnage qui se bat.
  • Les règles sont adaptées pour l'occasion : ni pouvoir ni vitalité, puisque ce monde n'a pas de magie, mais investigation, physique, tir, corps à corps et négociation. Chaque fiche porte un barillet de six balles, qu'on coche à chaque tir, et un bilan de santé de cinq cases : à la cinquième blessure grave, le personnage meurt ou perd connaissance.
  • Le maître du jeu tire l'idée du scénario d'un livre, où elle tenait en deux paragraphes, et présente l'épisode comme du « pur Cthulhu » transposé dans les années 1980. Plusieurs auditeurs avaient demandé un scénario de ce genre.
  • Les noms de rues, comme Léomir Street, sont les seuls clins d'œil à la campagne principale.
  • L'ouverture du second épisode révèle ce que Kiko a trouvé : des traces de pas dans la boue, sous la fenêtre devant laquelle Clarisse était assise.
  • Le café de Matthew, que la description place au McDonald, est acheté dans une enseigne de beignets : le maître du jeu se reprend en cours de scène.

Références

Les Enquêtes du DAP #01 - Appel nocturne