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Pilotes

Pilote / Pt.01 - L'auberge de La Bonne Table

Résumé

Camille, aventurière partie de chez elle à l'adolescence, reçoit une lettre de son père mourant : à sa mort, La Bonne Table, la taverne familiale de Perluisé, lui reviendra. Elle se met en route pour un an de marche et rassemble en chemin Ninon, Angela et Hector, qui ont chacun un souvenir attaché à cette taverne.

Sur la route, une nuit d'orage les mène à l'abbaye des Mains vides, où une bagarre contre une tablée bruyante finit dans la boue avec Méchil l'Invincible au tapis. Le lendemain, Hector assomme d'un coup Elliot le Terrible, faux chef de bande qui détrousse les voyageurs avec un seul complice caché dans les fourrés.

À Perluisé, le groupe tire un paysan des griffes de deux mercenaires et apprend qu'ils sont à la solde de Ludivane, une femme proche du père de Camille. Devant la taverne, d'autres mercenaires demandent le nom de chaque client, et Camille se présente sous le nom de Margot. À l'intérieur, on prend des mesures pour transformer La Bonne Table en auberge à légumes vapeur : Ludivane s'en dit propriétaire, en veuve du tavernier, et fait guetter une certaine Camilla qui voudrait la lui reprendre.

Ninon se lie avec le serveur, Julian le Doré, et monte avec lui proposer un spectacle de luth à Ludivane, qui les éconduit. En redescendant, Ludivane croise Camille dans la salle et croit la reconnaître.

Chez l'herboriste, père de Julian, Camille se fait connaître et montre la lettre. Le vieil homme doute que Ludivane ait jamais épousé le tavernier, mort depuis près d'un an, alors qu'elle se dit enceinte de lui depuis huit mois. Ludivane entre à son tour, identifie Camille comme la fille de l'aubergiste, puis repart. Le groupe passe la nuit sur le plancher de l'herboriste.

Description de l'épisode

Comment Camille reçut une lettre de son défunt père à propos d'un héritage, comment Ninon joua du Luth, comment Angela s'improvisa marchande et comment Hector mit des baffes.

Contenu de l'épisode

Une lettre et un héritage

Partie de chez elle à l'adolescence, Camille court le monde depuis des dizaines d'années quand un messager la trouve dans une auberge. La lettre vient de son père. Malade depuis des semaines, il sait qu'il va mourir et ne veut pas qu'on le pleure. À sa mort, la taverne familiale, qu'il tenait lui-même de son père, reviendra à sa fille. Il ne lui demande pas de la reprendre : elle peut la raser et céder le terrain au fief, ou la vendre, cinquante à cent écus d'or au bon acheteur. Il lui demande seulement de ne laisser personne la lui prendre.

La taverne s'appelle La Bonne Table. Camille y a grandi au milieu des voyageurs et de leurs histoires, et c'est là qu'elle a pris le goût de l'aventure. Elle se trouve à l'autre bout du continent, et le retour vers son village natal de Perluisé prend un an de marche.

Quatre routes vers La Bonne Table

Quelques jours après son départ, Camille est invitée à la fête d'un campement de saltimbanques. Parmi eux, Ninon, petite, ronde et les cheveux aux couleurs de l'arc-en-ciel, reconnaît le nom de la taverne : c'est là qu'elle a connu son premier amour. Elle ne veut pas que l'endroit tombe en de mauvaises mains et part avec Camille.

Le lendemain, perdues dans une forêt, les deux femmes font face à des loups. Angela, grande guerrière musclée, vient les aider, et les peaux des bêtes les habillent pour la traversée. Angela, issue d'une famille aisée dont elle s'est éloignée, allait enfant à La Bonne Table avec son grand-père manger du poulet, jusqu'à la mort du vieil homme. Elle fait du voyage un pèlerinage.

À quelques jours du but, les trois voyageuses tirent d'affaire Hector, sorte de viking bagarreur poursuivi par les survivants d'une bande de brigands qu'il avait été chargé d'éliminer. Il connaît lui aussi la taverne : lors d'une rixe, il y a sauvé la vie d'un noble qui aidait les pauvres, et ce seigneur l'a anobli et pris à son service. Hector rentre de mission et suit le groupe.

L'abbaye des Mains vides

Une semaine plus tard, un orage éclate à la tombée de la nuit. Trempés, sans visibilité, les quatre compagnons cherchent un abri. Ninon distingue un amas de pierres qui pourrait être une grotte, Camille des lumières jaunes dans la direction opposée, mais Angela et Hector ne voient rien. Ninon voudrait lancer des éclairs pour y voir plus clair, mais un éclair mal placé mettrait le feu à la forêt. Plutôt que d'affronter des bêtes dans une grotte, le groupe choisit les lumières.

Elles mènent à une enceinte carrée de pierre lisse, fermée par une lourde porte noire entre deux lampes à huile. Un moine au crâne rasé, sans sourcils, en longue toge blanche, leur ouvre : c'est l'abbaye des Mains vides, dont l'ordre tient toute possession pour superflue et donne sans retenue à qui demande. Il se présente sous le nom d'Ipsiki et les invite au repas.

Dans le réfectoire nu, des dizaines de moines mangent en silence de la soupe à l'oignon, du pain et de l'eau. Au fond de la salle, une tablée de quatre personnes chahute comme dans une taverne. Angela finit par se lever et frappe l'un d'eux. À la demande des moines, la bagarre se poursuit dehors, sous la pluie battante. Hector y glisse sur plusieurs mètres dans la boue avec Méchil l'Invincible et l'étale. Angela est blessée. Les assaillants mis en fuite, le groupe dort à l'abbaye et repart au matin sous le regard réprobateur des moines.

Elliot le Terrible

Dans une forêt, un homme surgit sur le chemin. Il se présente comme Elliot le Terrible, chef de la bande des lapins-marteaux : s'ils ne lui donnent pas tout ce qu'ils possèdent, il sifflera ses hommes, et les fourrés s'agitent déjà. Hector lui saute dessus les deux poings en avant pour qu'il ne puisse plus siffler. Elliot n'a pas le temps de finir sa phrase : deux ou trois dents volent, il tourne sur lui-même et s'écrase dans la poussière.

Un petit homme jaillit alors des buissons et détale. On lui lance une corde pour l'arrêter, qui accroche une branche, et un œuf d'oiseau tombe sur la tête du lanceur. Camille fait tournoyer son lasso et le cueille net. En pleurant, le fuyard avoue qu'ils ne sont que deux : caché dans les fourrés, il tire sur une corde attachée à un buisson pour faire croire à une bande. Il parvient à se dégager et s'enfuit.

Sur Elliot, toujours inconscient, le groupe trouve une grande claymore intacte, qu'Hector laisse aux autres puisqu'il a ses boucliers et que prend Angela, une fine armure de cuir noir, prise par Angela, et une coupe en argent. La corde qui relie son pied au buisson achève de les faire rire.

Les mercenaires du moulin

Au sortir de la forêt, Camille aperçoit Perluisé au pied des montagnes. Le village, une cinquantaine d'habitants qui vivent du passage des mercenaires, des aventuriers et des voyageurs, est ceint d'une palissade de troncs. Au-dehors s'étendent des champs de blé, des enclos à chèvres et des cabanes de paysans groupées autour d'un haut moulin de pierre.

Derrière le moulin, Ninon remarque des éclats de voix. Deux hommes en noir y rudoient un paysan au chapeau de paille qui tient deux jarres de lait de chèvre. Ils assurent que le paysan le leur offre de bon cœur, et le paysan acquiesce sous leur regard. L'un d'eux pousse Camille, le ton monte, les gifles partent. Ninon s'écarte, et Hector arrive derrière elle et envoie l'homme contre le mur du moulin, assommé. Son compère s'enfuit.

Le paysan remercie le groupe : ces deux-là lui prennent son pain et son lait chaque fois qu'ils ont soif. Il les met en garde. Ce sont des mercenaires engagés par Ludivane, et leur chef n'appréciera pas. Les autres se tiennent tranquilles. Camille connaît ce nom : une femme proche de son père, adepte des chakras et du feng shui, qu'elle n'a jamais aimée. Sur le mercenaire, on ne trouve qu'une miche de pain, une petite dague et une cape noire, que le groupe emporte. Hector le jette dans le tas de purin voisin.

Perluisé

La rue principale monte de l'entrée jusqu'à une placette et son puits de pierre, entourée d'échoppes : un herboriste, des étals de fruits, de légumes, de viande et de poisson de rivière, un marchand de tout, un menuisier, un forgeron et un boulanger. Elle s'achève devant une haute bâtisse de bois à deux étages et à balcon : la taverne.

Angela fait ses affaires. Elle achète une truite crue pour un denier, puis vend la dague au forgeron, qui répare surtout des outils, pour deux deniers. Il ne veut pas de la coupe en argent. Il offre un denier de l'armure de cuir, qu'il pourrait découdre. Angela lui vante ce qu'il en tirerait, une veste, des bottes ou une besace, et obtient deux deniers. Elle propose ensuite la coupe au marchand de tout, qui en offre deux deniers.

Les gardiens de La Bonne Table

Devant La Bonne Table, deux hommes vêtus comme les mercenaires du moulin demandent son nom à chaque client. Hector se présente en chevalier du seigneur de la ville voisine et Camille se fait appeler Margot. Les gardes expliquent qu'ils sont employés par Ludivane, à qui la taverne appartient : elle était la femme du propriétaire, qui est mort. Ils doivent empêcher une certaine personne d'entrer, mais n'ont reçu qu'un nom, sans description.

La salle ressemble à leurs souvenirs, en bien plus vide. Dans un coin, les tables ont été poussées et deux ou trois artisans prennent des mesures au charbon sur les murs. Angela va leur parler : la nouvelle propriétaire trouve les tavernes sans intérêt et va en faire une auberge où l'on servira des légumes à la vapeur et de l'eau de concombre. Elle loge à l'étage.

Julian le Doré et le luth

Au bar sert Julian le Doré, jeune homme blond aux cheveux bouclés, très beau. Il soupire en tirant la bière, qui est mauvaise pour la santé, et réclame un denier pour deux chopes. Fils de l'herboriste, il a été embauché pour l'auberge à venir, qui correspond à ses valeurs, mais rêve de devenir musicien et joue du luth. Ninon, qui en a un dans son sac, lui dit qu'elle en joue aussi, et ses yeux s'illuminent.

Ninon propose un petit spectacle pour attirer du monde avant la réouverture, et Hector finit par convaincre Julian de présenter l'idée à la patronne. Julian fait passer Ninon devant les deux gardes de l'escalier de derrière. Camille reste attablée, ébranlée d'avoir la confirmation de la mort de son père.

À l'étage, dans un petit bureau saturé d'encens, Ludivane trône derrière sa table : laide, le nez crochu et bourgeonnant, les cheveux emmêlés en chignon comme un nid d'oiseau, vêtue d'une robe faite de couches de foulards de toutes les couleurs. Elle recule devant la main tendue de Ninon, traite la taverne de taudis et écoute à moitié. Beaucoup de gens veulent se produire, dit-elle, et les travaux prendront du temps. Elle note le nom de Ninon et promet de la rappeler. Sur le palier, Julian trouve qu'elle n'avait pas l'air emballée.

Une certaine Camilla

Redescendus, les compagnons interrogent Julian sur la fille de l'ancien propriétaire. Il ne se souvient guère d'elle, mais Ludivane répète à ses mercenaires de se méfier d'une Camilla qui voudrait reprendre la taverne de force, alors que la taverne est à elle.

Ludivane descend justement l'escalier, un panier au bras, entre deux mercenaires en cape noire. Camille veut se cacher sous la table. Elle se lève au contraire d'un élan en la voyant, dans une salle presque vide. Ludivane plisse les yeux : elle la connaît, non ? Camille maintient s'appeler Margot. Ludivane chuchote quelque chose à l'un de ses hommes et sort.

Le groupe se donne un plan : rallier les marchands du village en leur montrant la lettre, pour que Camille ne soit pas seule le jour où elle réclamera la taverne. En descendant la rue, Camille se sent suivie : l'un des deux mercenaires fait mine de regarder une devanture. L'un des compagnons veut aller le trouver, les autres l'entraînent plutôt chez l'herboriste.

L'herboriste

La boutique sent les plantes fumées. Derrière son comptoir, l'herboriste, très vieux et dur d'oreille, somnole. Il croit que Ludivane était la femme du tavernier, sans en être sûr, et la juge coureuse. Le tavernier est mort il y a près d'un an. Il avait bien une fille, partie depuis une vingtaine d'années, qu'il ne reconnaîtrait plus. Les mercenaires, dit-il, sont là pour protéger le fils de Ludivane, qu'elle attend du tavernier. Il compte sur ses doigts et reste perdu. Il avoue préférer que les choses ne bougent pas : les anciens marchands n'aiment pas le projet, la nouvelle génération le soutient.

Camille se fait connaître. Le vieil homme la reconnaît sans émotion particulière et lui demande où en sont ses études. Elle lui montre la lettre, qu'il lit avec d'énormes lunettes : il s'en doutait, cette femme n'est pas nette. Il ne pèse pas grand-chose, dit-il, mais pourquoi pas les soutenir. Il leur propose aussi du thum, une herbe rouge venue par bateau de contrées lointaines, à cinq deniers le gramme, couverte de poussière et qui sent le paprika.

La clochette sonne : Ludivane entre avec un mercenaire. Elle dévisage Camille et lui demande si elle ne serait pas la fille de l'aubergiste, tant elle lui ressemble. Elle se présente comme la femme de l'ancien propriétaire, tapote son ventre rond et se dit enceinte de huit mois, alors que le village situe la mort du tavernier à un an. Le père, affirme-t-elle, est le tavernier. Elle tapote les bocaux des étagères sans écouter la suite, puis s'en va.

La nuit tombe. Hector offre à l'herboriste le pavot de leur pain contre un toit. Le vieil homme le laisse garder son pavot et les héberge pour rien, sur le plancher, n'ayant qu'un lit pour lui et un pour son fils. Julian rentre dans la soirée, et tous partagent un repas à moitié brûlé avant de s'endormir dans la poussière.

Facts

  • Le maître du jeu présente seul l'épisode, enregistré environ un an et demi plus tôt, avant la saison 1, pour tester les micros et la table, puis remonté et remasterisé pour patienter avant la saison 2 à Véloria et le hors-série à Agener.
  • La carte SD de l'enregistreur s'est remplie en cours de partie : une heure de jeu est perdue, du repas à l'abbaye jusqu'à la rencontre avec Elliot, et le maître du jeu la résume à voix haute.
  • Les personnages portent le prénom de leurs joueuses, sauf Hector, tenu par le joueur de Someul.
  • Julian le Doré tient son nom du chanteur Julien Doré, et Ludivane est comparée à Yubaba.
  • À Perluisé, chaque habitant à qui Camille se nomme a une chance sur deux de l'adorer et une sur deux de la détester. L'herboriste tombe pile au milieu et reste indifférent.

Références

https://open.spotify.com/episode/6Gx2mj6fdB1tMMIh7Mg6ld?si=48c4e4d3936247df