Les Enquêtes du DAP #01 - La disparue de Myers Pool (feat. Roxane de Rôle'n Play)
L'épisode "Les Enquêtes du DAP #01 - La disparue de Myers Pool (feat. Roxane de Rôle'n Play)" est un épisode Hors-Série du Mythe de la Taverne.
Résumé
Début 1984 à Véloria, quelques mois après la mort de Nancy Brown. Kiko Tanaka a pris la tête du département des affaires paranormales, dort mal et refuse de parler à Denis Powell, un journaliste du Sun Report qui menace d'écrire sur l'affaire des égouts avec ou sans elle. Le service compte une nouvelle recrue, Jahia, et n'a plus reçu la moindre affaire depuis des mois.
Le commissaire Miller impose au DAP une disparition qui n'a rien de paranormal : Alyssa, mère de deux enfants, s'est volatilisée à la piscine municipale de Myers Pool pendant que ses enfants nageaient. L'enquête est codirigée avec Sarah Alvarez, lieutenant du service de recherche des affaires de disparition, qui n'a pas demandé cette équipe et tient l'affaire pour une histoire de gangs.
De nuit, bassin vide et bâtiment éteint, la piscine met tout le monde mal à l'aise, gardienne comprise. Dans la dernière cabine de douche, le pommeau a été arraché, des cheveux traînent autour de l'évacuation et Jahia découvre sous la grille du sang séché et des marques. Sur un mur du bassin, Kiko repère une porte rouge que les plans du bâtiment ne connaissent pas, qui n'ouvre sur rien et qu'aucune clé du trousseau ne déverrouille.
La gardienne, Jane, finit par raconter la seule ronde qu'elle ait faite à l'intérieur : elle s'est perdue pendant des heures dans un bâtiment de quelques pièces, revenant toujours devant le bassin, jusqu'à se convaincre que le seul moyen de sortir était d'entrer dans l'eau. Son prédécesseur, Ray, l'a retrouvée. Les enquêteurs s'apprêtent à visionner les bandes de vidéosurveillance.
Description de l'épisode
Comment Sarah eu une escouade de rechange, comment Kiko prit une bonne bière, comment Jahia se retrouva coincée entre deux mentors et comment Matthew ne sut pas s'il devait tutoyer ou vouvoyer.
Contenu de l'épisode
Le cauchemar
Sous la pluie battante, Kiko Tanaka s'accroche à la main de Nancy Brown pendant que des mains griffues lacèrent les jambes de sa chef et la tirent vers le bas. Cette fois, elle ne lâche pas : elle bascule avec elle dans l'eau noire des égouts, s'enfonce sans avoir pu reprendre son souffle, et une gueule immense monte des profondeurs pour se refermer sur elle.
Elle se réveille en sursaut dans son appartement, trempée de sueur. Il est six heures du matin et le jour se lève à peine sur Véloria. Sur la table de chevet, un flacon de somnifères et un d'anxiolytiques sont ouverts. Elle avale ses médicaments avec une bière prise dans le frigo. Dans la cuisine et la salle de bain, les bondes des éviers et de la baignoire sont bouchées au gros scotch, en croix : c'est elle qui les a posées.
Le Sun Report devant l'immeuble
En bas de chez elle l'attend Jahia, la nouvelle recrue du DAP, qui habite le même quartier et se lève une heure plus tôt que nécessaire pour faire le trajet avec sa chef. Une portière claque. Un homme en imperméable beige, dictaphone à cassette et carnet à la main, les rejoint : Denis Powell, du Sun Report, le quotidien à scandales de la ville.
Il propose un café, rappelle que Kiko a tout donné au Véloria City Post lors de l'affaire des stupéfiants, parle de photographies qui circulent et demande les circonstances exactes de la mort du lieutenant Brown. Kiko lui coupe la parole dès qu'il prononce ce nom. Le journaliste lâche alors ses deux titres possibles, « la nouvelle chef du DAP livre toute la vérité sur la mort de Nancy Brown » ou « une policière tombe dans la folie et parle d'hommes poissons cachés dans les égouts », laisse sa carte et s'en va. Jahia prend la défense de sa chef. Kiko jette la carte dans la première poubelle et descend dans le métro.
Un service sans affaire
Le bureau du DAP est toujours au fond d'un couloir isolé du commissariat du 14e district, et sa porte sort de ses gonds quand on la pousse. Kiko occupe désormais celui de Nancy, avec le téléphone à cadran et le petit drapeau de Véloria. À côté, un tableau de liège porte les polaroïds des égouts, des coupures de presse et les fils rouges qui les relient.
Le commissaire Miller, chef du commissariat, passe prendre des nouvelles, comme il le fait depuis la mort de Nancy. Il demande une fois de plus quand le tableau sera décroché, note que le service n'a pas eu d'affaire depuis des mois et promet de leur en confier une. Matthew Johnson arrive ensuite : le DAP est de nouveau à trois, Jahia partageant son bureau avec lui. La journée se passe à classer les dossiers laissés en suspens par leur ancienne chef, entre deux appels qui sont invariablement un faux numéro, du démarchage, une redirection ratée, un passionné d'astronomie ou un candidat à la chasse aux vampires.
Une disparition qui n'est pas pour eux
À l'heure de fermer, le commissaire Miller revient avec un dossier et, derrière lui, une femme aux cheveux bouclés noirs : Sarah Alvarez, lieutenant du service de recherche des affaires de disparition. Son escouade est indisponible, celle du DAP ne fait rien, et Miller ne propose pas, il ordonne. Les deux lieutenants protestent chacune de leur côté, en vain. Jahia prend le dossier et le serre contre elle.
L'affaire est celle d'Alyssa, mère de deux enfants, disparue l'après-midi même à la piscine municipale d'un quartier voisin. Elle y était venue avec eux, qui sont restés jusqu'à la fermeture avant de prévenir le personnel. Ses affaires et son sac ont été retrouvés dans les vestiaires, sa voiture est restée sur le parking. Pour Sarah Alvarez, le quartier est mal famé, la piscine sert de planque et l'affaire finira sur un trafic. Kiko prend à part Matthew : une enquête où il est question d'eau ne lui dit rien qui vaille, et il faudra ouvrir l'œil. Elle glisse le revolver du service dans son holster et monte dans la voiture du SRAD.
Myers Pool la nuit
Myers Pool est un grand bloc de béton presque sans fenêtre, une seule porte à double battant, un parking désert. La gardienne de nuit les attend, lampe à la main, casquette Security sur la tête et gros trousseau à la ceinture : Jane. Elle referme à double tour derrière eux et prévient que l'électricité de nuit ne laisse allumés que le couloir d'entrée, son bureau et la salle des caméras.
Le couloir longe le bassin et débouche sur les vestiaires, d'où l'on passe aux douches ou à la grande salle de la piscine. Le plafond y est très haut, les gradins jaunes sont vides, le carrelage bleu clair renvoie chaque pas en écho et l'odeur de chlore prend à la gorge. Le bassin olympique descend jusqu'à quatre mètres et les lumières faibles y creusent des zones sans fond. Le lieu n'a rien d'anormal et met pourtant tout le monde mal à l'aise, comme un endroit construit pour la foule et vidé de sa raison d'être. Kiko revoit son enquête dans les égouts et écarte Jahia du bord. Sarah Alvarez, elle, remarque que la gardienne non plus n'est pas à son aise.
Du sang dans le drain
Les six cabines de douche sont fouillées lampe torche au poing. Matthew sent quelque chose dans la première sans rien y trouver. Kiko va jusqu'à la dernière : le pommeau a été arraché et pend par terre, le support ne tenant plus que sur sa vis. Aucune dégradation de ce genre n'a été signalée à Jane, et l'équipe de nettoyage n'est pas passée ce soir-là à cause de la police. Sarah Alvarez vérifie qu'on n'a rien dissimulé dans le pommeau ni dans le support. Matthew comprend en se penchant que le pommeau a été arraché de force, comme si quelqu'un s'y était accroché, et repère des marques autour de l'évacuation. Kiko photographie, ramasse des cheveux et les met en sachet.
C'est Jahia qui soulève la grille du drain avec un stylo. Dessous, des traces se confondent avec la rouille, et il y a du sang, séché et incrusté sur le pourtour. Les polaroïds crépitent. Les murs ne portent aucune trace de lutte : tout se concentre autour de l'évacuation. Kiko fait condamner la douche, Sarah Alvarez tend un ruban de police à l'entrée. Les casiers sont tous ouverts et vides, les cabines ne livrent qu'une chaussette oubliée.
La porte rouge
En quittant la salle du bassin, Kiko remarque ce que personne d'autre n'a vu en arrivant : sur un mur nu, entre des épuisettes appuyées contre le béton, il y a une porte rouge. Jane n'en sait rien. Elle est là depuis cinq ans, son prédécesseur ne savait pas non plus à quoi elle servait, et de l'autre côté du bâtiment il n'y a rien du tout, pas même une pièce. La poignée s'actionne, la porte ne bouge pas d'un millimètre, aucune clé du trousseau ne l'ouvre, la serrure ne montre pas la moindre usure et rien ne se distingue derrière le trou, même à la lampe. Les plans de la piscine ne portent aucune ouverture à cet endroit. Le groupe décide d'appeler un serrurier le lendemain, et Kiko la photographie au cas où elle disparaîtrait.
La ronde de Jane
Dans le couloir aux néons, la gardienne finit par expliquer pourquoi elle ne fait jamais de ronde à l'intérieur. À ses débuts, elle apprenait le métier avec Ray, le gardien qui partait à la retraite. Un soir où il souffrait du dos, elle a proposé de faire la ronde à sa place et est entrée seule dans le bâtiment.
Elle s'y est perdue. Chaque fois qu'elle croyait tenir la sortie, elle se retrouvait devant le bassin. Elle a compté ses pas, puis elle a couru, puis elle a hurlé jusqu'à s'abîmer la voix, pendant des heures, dans un bâtiment qui compte quelques pièces. Au bout de l'épuisement, une idée s'est imposée à elle : la seule chose qu'elle n'avait pas essayée, c'était d'entrer dans la piscine, et alors tout s'arrêterait. Elle allait le faire quand Ray l'a retrouvée. Il la cherchait depuis des heures et avait cru qu'elle était rentrée chez elle.
Elle met l'épisode sur le compte d'une crise de panique et n'en a plus jamais parlé. Il n'en reste aucune bande : à cette époque, les caméras étaient coupées de temps en temps, parce que Ray aimait fumer tranquille. Kiko lui répond qu'au DAP, ce genre de récit n'a rien d'idiot, et note qu'il faudra retrouver Ray. Sarah Alvarez précise que les disparus du quartier sont de tous les profils, hommes comme femmes. La gardienne les conduit enfin vers la salle des caméras de surveillance.
Facts
- Le pistolet unique du service n'est plus figuré à la table par un barillet dessiné sur les fiches, mais par un petit sachet de velours rempli de billes, que les joueuses se passent de main en main quand le revolver change de porteur.
- Les personnages perdent un point de santé par rapport à la première enquête : quatre blessures suffisent maintenant à en tuer un. Un bilan psychologique avait été prévu par le maître du jeu, puis abandonné avant la partie.
- La gardienne a failli s'appeler Gertrude, nom proposé par la table, avant que sa joueuse la rebaptise Jane pour coller à l'ambiance new-yorkaise.
- Le maître du jeu donne pour inspirations une histoire de Junji Ito qu'il refuse de nommer pour ne pas éventer la suite, les backrooms, les SCP et les espaces liminaux. Il précise avoir écrit la première enquête du DAP à la hâte, et celle-ci bien davantage en amont.
Références
Les Enquêtes du DAP #01 - La disparue de Myers Pool (feat. Roxane de Rôle'n Play)