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Lieux

Myers Pool

Piscine municipale d’un quartier mal famé de Véloria, en 1984. Un grand bloc de béton d’architecture brutaliste, presque sans fenêtre, une seule porte à double battant sur un parking.

Passé le guichet, un long couloir de béton aux néons clignotants longe le bassin et mène aux vestiaires, qui donnent d’un côté sur six cabines de douche, de l’autre sur la salle de la piscine. Celle-ci est une pièce immense au plafond de poutres de béton, avec des gradins jaunes de cinq rangées, une chaise de maître nageur de chaque côté, du carrelage bleu clair et un bassin olympique profond de quatre mètres. Aucune fenêtre nulle part. La nuit, l’électricité se coupe automatiquement : seuls restent éclairés le couloir d’entrée, le bureau du gardien et la salle de vidéosurveillance, dont les archives remontent à quatre ou cinq ans.

Sur un mur nu de la salle du bassin se trouve une porte rouge immaculée, à poignée et gonds véritables, que les plans du bâtiment ne portent pas et qu’aucune clé du trousseau des gardiens n’ouvre. La poignée s’actionne sans que la porte joue d’un millimètre, et rien ne se voit par la serrure. De l’autre côté du mur, à l’extérieur, il n’y a aucune pièce.

Vide et de nuit, le lieu provoque un malaise que personne n’explique, y compris chez la gardienne Jane, qui s’y est perdue des heures durant lors de sa seule ronde intérieure. La police y est déjà intervenue plusieurs fois pour des disparitions, sans jamais rien trouver.

La porte rouge s’ouvre d’elle-même la nuit de l’enquête sur la disparition d’Alyssa. Elle donne sur un escalier de béton qui descend vers une lueur rouge, et sur une salle rectangulaire dont le carrelage des murs et du sol se confond avec de la chair visqueuse. Des dizaines de corps y sont retenus vivants dans des membranes de peau, tournés vers la créature qui les digère au centre de la pièce.

Qui cherche à sortir du bâtiment revient devant le bassin quelle que soit la porte empruntée, et qui regarde l’eau depuis un certain point du bord y voit quelque chose que personne d’autre ne distingue. Les quatre policiers venus enquêter y laissent la vie. La gardienne, elle, disparaît comme les autres et se retrouve prise dans une membrane de peau.