Pilote / Pt.03 - Le Festival de la Guistoche
Résumé
Deux affiches sur La Bonne Table annoncent pour midi deux assemblées rivales, celle des anciens marchands de Perluisé et celle des nouveaux. Le groupe choisit de faire semblant d'accepter l'offre de Ludivane : Hector, muni de son contrat de mercenaire, monte la prévenir, et Camille confirme qu'elle la proclamera propriétaire à minuit, sur la grande scène du festival.
Au festival de la Guistoche, Hector tire Turlut, le groupe préféré de Ninon, d'une foule hystérique. Leur joueur de luth s'est cassé la main dans la bousculade, et Ninon le remplacera au concert de vingt-trois heures. L'organisatrice apprend au groupe que Ludivane a payé tout le festival pour promouvoir son auberge agrobiologique, et qu'elle en touchera les entrées.
À l'assemblée des nouveaux marchands, Camille révèle qu'elle est l'héritière de la taverne, mais la jeune génération fait confiance à Ludivane, qu'elle connaît. Kevark, le compagnon de Ludivane, y raconte que les anciens l'ont frappé à leur propre assemblée. Ninon apprend de lui que Ludivane était déjà enceinte à leur rencontre.
Deux brasseurs du village voisin, qui tiennent Le Joyeux Brocoli, promettent leur soutien à Camille. En échange, elle gardera une auberge ordinaire et fera la publicité de leur établissement et de leur bière.
Description de l'épisode
Comment Hector devint garde du corps des Jonas Brothers, comment Camille conclu le contrat commercial de bières du siècle et comment Ninon rencontra les idoles des jeunes.
Contenu de l'épisode
Une réponse avant midi
Il est dix heures quand le groupe sort de la tente de Brynhild l'Enflammée. Sur La Bonne Table, deux affiches se chevauchent. La première, verte, annonce pour midi l'assemblée générale des nouveaux marchands, chez une certaine Mira. La seconde, couleur parchemin et collée par-dessus, annonce à la même heure celle des anciens marchands, chez Francis. Un festival se prépare aussi hors du village.
On est samedi, et la semaine pour laquelle Brynhild est liée à Ludivane s'achève le lendemain. Le groupe choisit de feindre l'accord, pour gagner l'après-midi et la soirée, puis d'agir autrement le soir venu. Hector, désormais mercenaire de la troupe, porte la réponse. Les deux gardes de l'escalier s'étonnent de ne l'avoir jamais vu, lisent son contrat et le laissent monter.
Ludivane veut une preuve de l'accord. Les autres lui font coucou depuis la rue, ce qui ne lui suffit pas : elle exige que Camille le lui dise en face ou le mette par écrit. Hector fait signe à Camille de monter. Camille confirme qu'elle annoncera à minuit, devant tout le monde, que Ludivane est la propriétaire, et espère que ce sera leur dernière rencontre. Ludivane lui donne rendez-vous sur la grande scène, au milieu du festival, et fera prévenir ses mercenaires de la laisser passer. Camille la remercie d'un « belle-maman ».
Le festival de la Guistoche
À dix heures et demie, le groupe part en reconnaissance au festival, pour ne pas tomber dans un piège le soir. Hors du village, dans les champs, de grandes tentes de toutes les couleurs se montent au-dessus d'une foule bruyante qui mange, danse et achète. Le sol est boueux, les allées bondées, et l'air sent les légumes, la sueur et la boue. Plus loin, des charpentiers montent une grande structure carrée en bois, et une immense banderole y porte le nom du festival de la Guistoche.
L'entrée coûte un denier par personne, et chacun reçoit un bracelet. Dans la tente rouge, un barbier soigne les barbes à l'huile et aux serviettes chaudes. Hector s'y fait soigner la sienne et égaliser ce qui dépasse, pour un denier, coupe comprise.
Pendant ce temps, ses compagnes visitent la tente marron. On y vend des planches de bois ovales montées sur quatre petites roues, et d'autres, plus étroites, avec un manche vertical et deux roulettes. Les visiteurs s'extasient sur le nouveau modèle, bien meilleur que le cheval à les entendre. Dans cette boue, le groupe passe son chemin.
La roulotte de Turlut
La foule s'écarte soudain devant trois chariots lancés à toute allure. Les deux premiers débordent d'instruments de musique. Le troisième, une roulotte couverte, s'embourbe et bloque l'allée. On y lit le nom de Turlut, et la foule s'agglutine en hurlant. Un musicien aux cheveux longs, en demi-chignon, passe la tête au rideau et appelle à l'aide, puis une roue se brise.
Hector se fraye un chemin à coups d'épaule et de coude jusqu'à la roulotte. Quand il en ouvre la porte, la foule veut s'y engouffrer : il met un grand revers de la main gauche à un barbu imposant, qui recule, et les autres avec lui. Dedans se tiennent les quatre musiciens, Ruben, Léopold, Tobias et Jonas, cheveux longs, barbes courtes, foulards et bijoux, terrifiés par la foule. Hector leur demande au passage un parchemin dédicacé pour une amie.
Il prend Ruben sur ses épaules et porte Tobias dans ses bras comme une mariée, puis attache les deux autres à sa corde. D'un coup de pied, il envoie dans la foule un admirateur accroché à lui, ce qui ouvre un passage, et il file si vite que les deux musiciens encordés peinent à suivre. Ninon reconnaît le groupe, et ses compagnes suivent. Derrière la grande scène, des gardes laissent entrer tout le monde dans une tente où des artistes se maquillent.
Une joueuse de luth de remplacement
Les musiciens sont saufs, mais Léopold se tient la main. En voulant attraper la corde dans la bousculade, il se l'est cassée, et c'est le joueur de luth principal du groupe. Hector présente alors Ninon, fan de la première heure, qui connaît toutes leurs chansons et s'est mise au luth grâce à eux. Trop impressionnée pour jouer un de leurs morceaux, elle leur joue autre chose. Ils la trouvent pas mal et, faute de mieux, l'engagent. Le concert est à vingt-trois heures, avant un discours prévu ensuite, et il n'y aura pas de répétition.
Une petite femme blonde aux cheveux courts, tirée à quatre épingles, entre en tornade, les bras chargés de cahiers dont les feuilles s'envolent. C'est Charlotte, chargée de l'organisation du festival. Elle se désole pour la main de Léopold, et se réjouit d'apprendre que Ninon le remplacera. Elle ne compte aucun alchimiste parmi les exposants.
Interrogée par Camille, elle explique le discours de minuit. Le festival a été organisé pour promouvoir l'auberge agrobiologique qui va ouvrir, et Ludivane, qui l'a entièrement financé avec du vrai argent, y fera l'annonce. C'est elle aussi qui touchera les entrées. Charlotte fixe à Ninon rendez-vous à vingt-trois heures, devant la scène, et repart en semant ses papiers.
Il est onze heures. L'un des compagnons dessine Ninon au milieu des musiciens, qui signent le portrait et lui donnent rendez-vous pour le soir d'un clin d'œil.
Les stands du festival
Sous la tente jaune, un revendeur de chaussures en édition limitée présente ses modèles phares : la bottine Discute, en toile noire brodée d'un pentagramme blanc, les sandales immaculées du chevalier Stan, les bottes du lord Baleine Si Aga, brodées d'or, et les poulaines Force du Vent Premier. Il admire les cuissardes de Camille, qui ne veut rien d'autre. La bottine coûte cinq écus, et le groupe repart.
Sous la tente orange, un couple vend des manuscrits reliés aux titres évocateurs, du dernier ouvrage à la mode sur l'autonomie des fiefs au manifeste de la classe des serfs de Sir Karl, jugé avant-gardiste. Hector marchande le recueil illustré de Dame Pénélope, et l'obtient pour deux deniers au lieu de trois. Il possède déjà le second tome.
La tente blanche ne vend rien : on y signe des pétitions à présenter à un seigneur. La première veut arrêter les guerres, et Hector ne peut pas la signer, puisque la guerre est son métier. La deuxième veut que les princesses ne soient plus seulement des femmes : Hector la signe du nom d'Hector le mercenaire, et le groupe l'imite. La troisième veut interdire les chevaux dans certaines villes au profit des planches à deux roulettes et à manche, que tout le monde connaît et feint d'ignorer. Hector la signe aussi.
La tente vert clair propose des eaux détoxifiantes au concombre, au romarin ou à l'orange et au basilic, du jus de pruneau et de l'hydromel au lait de chèvre. Le groupe reproche à la vendeuse d'exploiter des chèvres dans un festival qui s'en défend, goûte un échantillon de concombre et regrette l'absence de bière. À onze heures et demie, sous la tente noire, un marchand propose des cuirs sans animaux, de champignon, de liège, de jonc, d'eucalyptus ou de coton et de maïs. Il reproche ses bottes à Camille, lui propose un échange qu'il ne compte pas offrir, et la discussion tourne court. La tente vert foncé sert des feuilles de chou séchées aux pois chiches écrasés et une pomme de terre vapeur, mais il est midi moins le quart.
L'assemblée des nouveaux marchands
Faute de pouvoir aller aux deux assemblées, le groupe choisit les jeunes, Francis lui étant déjà acquis chez les anciens. Chez Mira, un homme coche les noms à l'entrée. Il croit la taverne à Ludivane, mais Camille montre son acte de propriété et entre. Ninon se dit sa trésorière et associée, et le groupe passe. Dans la boutique de poterie, les étagères ont été poussées contre les murs et des chaises dépareillées installées au milieu.
Julian vient s'asseoir près de Ninon. Il trouve Turlut un peu commercial, mais promet d'être au premier rang quand elle lui apprend qu'elle remplace leur joueur de luth le soir même.
Mira ouvre la séance devant une dizaine de marchands de vingt à trente ans. La nouvelle génération va changer le village, et les anciens exagèrent. Des partisans jettent déjà du jus de fraise sur les clients qui sortent de chez le boucher avec de la viande, et l'auberge agrobiologique qui va ouvrir attirera des gens qui pensent comme eux. On propose d'autres actions, comme écrire sur les murs des anciens.
Ninon lève la main, présente le groupe comme propriétaire de la future auberge et désigne Camille, fille du tavernier mort l'an passé. Camille raconte son histoire : fille unique, elle hérite de la taverne, et Ludivane n'a jamais prouvé son mariage, alors qu'elle se dit enceinte d'un homme mort depuis un an. L'assemblée n'est pas convaincue, et l'on parle de conspiration. Mira trouve l'acte, marqué des armoiries de la famille, plutôt authentique, mais Ludivane doit avoir ses propres papiers, que personne ne lui a jamais demandés.
Camille demande l'appui de la jeune génération pour reprendre la taverne, sans la détruire et en la mettant au goût du jour. Elle accepte de réduire la viande, propose une carte flexitarienne, de la bonne bière locale et des produits du village, sans brusquer les anciens. Deux barbus se lèvent alors : ils représentent une bière locale et veulent lui parler après la séance. Mira reste réservée. Le village connaît Ludivane, qui a lancé le projet d'auberge et fait venir le festival, alors que Camille arrive de nulle part. Camille répond qu'elle propose des partenariats et des contrats payés, ce que Ludivane n'a jamais fait.
Kevark
Un homme chauve entre sans bruit et s'assoit derrière le groupe. Ninon remarque la clé qu'il porte en pendentif. Quand quelqu'un demande d'abréger, il lève la main et monte parler : c'est Kevark, que tous connaissent, le mari de Ludivane. Il arrive de l'assemblée des anciens marchands, tenue exprès à la même heure. Il y a pris la défense des jeunes, et les anciens l'ont frappé en l'accusant de ne parler que pour sa femme. Il traite les anciens de gros cons, et la salle se lève pour l'applaudir. Mira calme tout le monde et clôt la séance jusqu'à la semaine suivante.
Pendant que Camille sort avec les deux brasseurs, Ninon aborde Kevark. Ils ne sont pas vraiment mariés, seulement en concubinage depuis une petite année. Ludivane lui a ouvert l'esprit : il vendait du cuir, a compris que c'était mal, et vend désormais des foulards. C'est lui qui a fait la robe de Ludivane. Ninon se présente comme la nouvelle joueuse de luth de Turlut. Elle lui demande si Ludivane était déjà enceinte à leur rencontre. Elle l'était, de son ancien mari, et lui l'accepte. Elle a bien, dit-il, un gros ventre au quotidien. Kevark retourne à son échoppe.
Le marché du Joyeux Brocoli
Les deux brasseurs viennent du village de l'autre côté de la montagne, au pied de laquelle est bâtie Perluisé. Ils y tiennent une auberge agrobiologique, Le Joyeux Brocoli, qui attire les voyageurs. Celle de Ludivane, placée avant la leur sur la route commerciale, leur prendrait leur clientèle. Ils soutiendront donc Camille.
Camille leur confie qu'elle veut agir le soir même, pendant l'annonce, et que Brynhild l'Enflammée ne fera rien contre elle. Les brasseurs posent leurs conditions : une auberge ordinaire, pas agrobiologique, une recommandation du Joyeux Brocoli, à deux jours de marche, aux voyageurs qui repartent, et leur bière comme bière principale. Camille se souvient que leurs représentants étaient venus plusieurs fois voir son père, qui refusait cette bière imbuvable. Elle refuse l'exclusivité, propose des dégustations et tient à garder la main sur sa taverne.
Les brasseurs cèdent. Camille fera la publicité de leur auberge et de leur bière, sans obligation de la servir. Ils lui serrent la main et lui disent qu'on les trouvera à la taverne. Le groupe se retrouve sur la place du village. Il est quatorze heures trente.
Facts
- C'est la table qui baptise le festival sur le moment : la Guistoche, pour le « festoche de la guitare ».
- Les musiciens de Turlut portent, selon la table, des prénoms de hipsters, et le maître du jeu en oublie un avant de retrouver Jonas. La description de l'épisode les appelle les Jonas Brothers.
- Le nom de la seconde auberge, Le Joyeux Brocoli, est lui aussi choisi par la table.
- Une joueuse raconte que Ninon avait, enfant, tout le merchandising de Tobias, son préféré.
- Pendant que Camille promet de réduire la viande, le maître du jeu coupe sur Angela, alitée chez l'herboriste, qui se sent soudain très insultée : elle venait enfant manger du poulet à la taverne.
- La table épelle le nom de Kevark lettre par lettre, en le comparant à un pseudo de Dofus.
- Le maître du jeu appelle Hector « Victor » au stand du barbier.
Références
https://open.spotify.com/episode/1yqXUMwbtX1bT5ekbBkv0J?si=2ea807ac8fdf4459